L'abeille dans les traditions

 

Les ruches en forme en cloche présentent cependant une grande qualité. La chaleur s'y concentre le mieux possible au printemps, les abeilles s'y plaisent beaucoup et le couvain s'y développe admirablement bien. Si la récolte y est généralement très faible et même parfois nulle, les colonies y prennent un accroissement rapide et j'ai toujours remarqué que l'élevage naturel des reines y réussissait particuliérement bien. Cela tient sans doute... à ce qu'adopte naturellement un essaim qui se groupe.
Hommell.

La ruche sauvage

Pourquoi une ruche sauvage?

Cette ruche a été construite pour vérifier si le fait d'être rendues à l'état naturel, les colonies d'abeilles devenaient plus tolérantes aux varroas et revenir à une apiculture soucieuse de l'abeille avant les intérêts purement économiques ou pratiques.

"Heureusement, on a pu constater que des colonies sauvages ou livrées à elles-mêmes du fait de leur abandon avaient résisté et subsisté, en l'absence de tout traitement: on parle d'abeilles tolérantes au varroa."
Le traité Rustica de l'apiculture.

Bien que tout soit dit, que du fait que les abeilles redevenues sauvages, résistent aux varroas, l'auteur préfère s'engager vers une sélection de ces colonies.... et les remettre dans des ruches à cadres!
J'ai donc conçu cette ruche pour redonner à l'abeille une vie telle qu'elle aurait dans des conditions naturelles, tout en améliorant son habitat afin que celui-ci lui donne des conditions optimales de développement.

Je ne traite mes colonies, ni par huiles essentielles, ni par médicaments ou acide formique et bien que je n'ai jamais vu de varroas sur les abeilles, je tins à vérifier leur présence ou non. Je remplaçais donc le plancher par un grillage inox, et une planche graissée sous celui-ci et pus constater que ceux-ci étaient bien présents dans la périphérie de la ruche où la température est plus favorable à leur développement. Dans des conditions sauvages, les abeilles semblent donc plus tolérantes aux varroas et s'en débarasser sans que ces derniers ne puissent proliférer et déséquilibrer la colonie.
Cependant si des colonies résistent, d'autres plus faibles, au fil des années périclitent et dans ce cas il est nécessaire de les traiter dès les premières constations de déclin en s'attaquant aux varroas par des moyens naturels cités plus haut.
Une autre solution non expérimentée serait, pour ces dernières colonies, de les loger dans des ruches plus petites adaptées à leur taille. N'oublions pas que les essaims sauvages logent dans des cavités qui ne dépassent jamais 20/25 cm de large et que dans notre cas, elles pourront toujours progresser en construisant en descendant.

La ruche sauvage peut-être assimilée à une ruche-tronc pour le corps de ruche, dans lequel la cavité n'aurait aucun angle; en cela elle ressemble davantage à ce qu'un essaim découvrirait en se logeant dans un vieil arbre creux.
Par le dôme, elle peut être comparée à la ruche traditionnelle en paille tressée.

Ainsi la ruche sauvage peut-être considérée comme la synthèse d'une ruche tronc et de la ruche traditionnelle en paille.
C'est une ruche dont toutes les formes d'exploitation peuvent être envisagées.
Avec quelques modifications et sans le dôme elle peut même être utilisée comme ruche horizontale.
En deux mots, c'est une ruche universelle!

L'abeille ne possède pas un important potentiel immunitaire et doit donc se protéger elle-même de toutes invasions microbiennes.

De ce fait et en considérant l'essaim comme un super-organisme, nous voyons que la ruche n'est pas seulement un toit pour les abeilles mais aussi une protection de toutes agressions microbiennes. Ne disons-pas "un essaim nu" lorsque celui-ci est sans abri? Ne ressemble t-il pas à un bernard-l'hermite sans coquille? Comme lui, l'essaim doit trouver une protection correspondant à sa taille et pour nous, cette dernière sera la ruche.
Compte tenue de sa faible immunité, l'essaim propolisera toutes les surfaces de la ruche, colmatera les moindres fissures pour obtenir une salubrité maximale. Pour cette raison, nous considérerons la ruche comme faisant partie intégrante du super-organisme qui deviendra comme la coquille du bernard-l'hermite ou la peau des vertébrés, une protection anti-microbienne et pour nous la nécessité de se plier au maximum à la forme de l'essaim.

Pourquoi une ruche ronde

Du fait précédant, cette ruche sera donc ronde; mais cette forme amène d'autres conséquences favorables à l'essaim.
photoJ'inclus dans ces termes toutes ruches dont le nombre de cotés égale ou est supérieur à huit.

"La ruche ronde ou cylindrique a une influence bien marquée sur la température des loges pour les abeilles. Cette influence se montre d'une manière plus apparente lorsque les surfaces intérieures dans des cylindres sont polies et de couleur blanche. La physique prouve, en effet, que les rayons de chaleur partant de l'axe du cylindre, point coupé par l'essaim d'abeilles, par la mère et le couvain, vont se réfléchir sur les surfaces concaves [...] et réfléchis sur les parois, reviennent au centre par le rayonnement. [...] Il n'en est pas ainsi pour les loges carrées; les rayons de chaleur qui y partent du centre vont tomber sur les parois et ils se réfléchissent des uns aux autres sans jamais revenir vers l'axe du cylindre."
Bien que ceci soit une loi de physique, les promoteurs de la ruche carrée s'opposèrent à cette démonstration du docteur Buzairies, auteur de cette article, par divers arguments n'ayant aucun rapport avec cette loi.

Pour une ou deux ruches dans un jardin, la forme ronde s'impose car elle s'intègre parfaitement avec les éléments de la nature et ne heurte point l'œil. Pour leur donner un aspect vieillot, elle peut être recouverte d'un chapeau de forme conique fait de paille de seigle, décorée de figures à couleurs vives, etc... Une ruche "Hélianthe" de Maurice Chaudière peut également être installée.
Le jardin, image du paradis, deviendra t-il aussi celui des abeilles? en toute relativité...
Choisir une méthode simple d'exploitation: celle des ruches "écologiques" étant de celle-ci.

L'histoire d'un essaim logé dans un peuplier qui donna une récolte abondante et plusieurs essaims donne à B. de Gelieu, l'occasion de nous questionner: Ceci me rappelle qu'en 1869, je reçus en cadeau d'un de mes voisins, deux essaims sortis en mai, à huit jours de distance, du tronc creux d'un grand noyer en pleine végétation. Ces deux essaims ont péri l'année suivante, l'un par ma faute..., l'autre par une cause inconnue. Mais pendant leur courte existence, ils avaient amassé ensemble, outre le nécessaire pour leur entretien, trente-sept livres de beau miel qu'ils m'ont laissé en héritage.
De ce qui précède serait-il téméraire de conclure, qu'il convient de donner aux ruches une forme se rapprochant, autant que possible, des troncs d'arbres, logis naturels des abeilles et où elles prospèrent si bien dans les vastes forêts de Lituanie?

Voir

Des constatations

Donnons la parole à des apiculteurs qui connurent les deux systèmes et peuvent donc témoigner de leur expérience.
"On a senti de tous les temps la grande influence de la forme des ruches et de leur capacité sur la prospérité et les travaux des abeilles. Aussi en a-t-on inventé, fabriqué un nombre prodigieux .... Rien n'est plus controversé que la forme des ruches et leur exploitation. Tout ceci témoigne qu'aucune de celles proposées pour l'usage général ne peut être définitivement acceptée, la meilleure laissant encore à désirer. [...]
On parle encore beaucoup de la ruche à rayons verticaux ou à cadres mobiles, ce n'est qu'une imitation de celle à feuillets de l'illustre Huber. [...] Quoi on en dise, chaque fois que l'on touche à ces ruches quand elle possède nombreuse garnison, force approvisionnements, multitude de berceaux, les abeilles s'irritent, s'élancent si vigoureusement, le moment de stupéfaction passé, sur le mal avisé qui vient les provoquer. C'est pour cela que les modificateurs modernes de ces ruches conseillent prudemment de se bien cuirasser préalablement à toutes entreprises avec elles.
Chaque fois que vous séparez les cadres, vous rompez la propolis qui les lie les uns aux autres. En les replaçant, ne fut-ce qu'un seul, vous donnez à vos abeilles la fatigante besogne d'en propoliser les joints, c'est à dire six par cadre..."
Observation
"...nous ne sommes pas encore près de nous entendre à cet égard; des dissidences règnent parmi les apiculteurs..." Observation
Il semblerait, d'après ce consentement général, que toute recherche d'amélioration dans la forme des ruches devrait s'écarter le moins possible de la ruche simple en paille, en cherchant, toutefois, à en corriger l'aménagement pour la rendre plus propre aux opérations qu'elle doit subir tant dans l'intérêt du maître que dans celui, bien entendu des abeilles elles-mêmes comme, par exemple, pour s'emparer modérément et rationnellement du superflu de leur approvisionnement et leur offrir l'espace nécessaire à la continuation de leurs travaux. [...]
C'est ce qu'avait pensé notre honorable et méthodique devancier Lombard; c'est ce qu'ont pensé aussi MM. Radouan et d'autres. Ils ont fait subir certaines modifications à la ruche simple en cloche. Mais ces modifications sont-elles définitivement acceptées et acceptables? Evidemment non.
Les apiculteurs savent que toute division quelconque qui rompt le groupe d'abeilles nuit à leurs travaux, à leur activité, à leur prospérité. Les abeilles pour prospérer doivent toujours former un seul groupe afin que la température soit facilement maintenue la même autour d'elles et des conditions contraires les découragent, leurs travaux ne marchent point dans ce cas avec la même activité. Or, la ruche Lombard dite "villageoise" oblige les abeilles à se diviser pour occuper le dôme et partie du corps de ruche à la fois, ou se fixer uniquement dans ce corps de ruche sans pénétrer dans le dôme afin de ne pas rompre une agglomération que le plancher divise. Quiconque a pratiqué la ruche villageoise s'est convaicu par expérience qu'il y a des années où le dôme ne se remplit point; qu'il faut quelquefois deux ou trois ans pour en faire la récolte. [...]
M. Radouan a maintenu la première ruche villageoise dans toutes ses divisions, mais en substituant au plancher un grillage mobile et en colloquant un autre grillage à poste fixe au milieu de corps de la ruche. Cette modification rend cette ruche moins défectueuse; elle ne force point la population à se diviser, mais elle laisse encore à désirer, car l'écartement de 30 à 35mm des brins qui constitue ce grillage fait que les rayons sont continués sans solution de continuité à travers le grillage, ce qui ne permet point l'enlèvement du dôme sans couper les rayons; nous sommes ainsi ramenés aux vices reprochés à la taille des ruches simples; mêmes reproches à adresser à la dépouille du corps.

Aussi M. Bualé proposa une ruche dont le grillage supérieur fut remplacé par des barrettes: Lire Observations

Et le docteur Monin de préciser: "Permettez-moi, pendant que je suis en verve, de profiter de l'occasion pour vous dire aussi mon mot sur la supériorité comparée des ruches rondes en paille sur les ruches carrées en bois et autres substances. Les seules presque qui aient pu traverser l'hiver rigoureux que nous venons de subir ont été pour des ruches en paille, plates et larges, avec dessus bombés ou non, avec ou sans capuchon. [...] Celles carrées en bois n'ont été qu'une rare exception."
A toutes ces considérations, les mobilistes les rejetteront en ne prenant en compte que ce qui leur est favorable à l'exploitation de la ruche.
"La forme des ruches n'a pas d'importance." disent-ils, "qu'elle soit carrée ou qu'elle soit ronde, l'une vaut l'autre, pourvu qu'on puisse la manier."
D'après ces paroles, la perfection d'une ruche consisterait dans la facilité de manipulation, mais pour d'autres la meilleure ruche est celle où le couvain réussit le mieux.

Des remords

A. Bertault, apiculteur mobiliste vendéen, le plus vieux de France en 1919, qui exploite des ruches Voirnot à 10 cadres nous dit: "... si je pouvais recommencer l'apiculture, je choisirais une ruche fixe cylindrique, en cordon de paille de quatre centimètres d'épaisseur, fermée par un plancher mince de dix millimètres d'épaisseur, dans lequel des rainures de neuf millimètres de largeur seraient découpées ... pour donner libre passage aux abeilles pour aller dans la hausse en cadres mobiles bâtis; ...Vous me direz pourquoi abandonner votre Voirnot si confortable? pour plusieurs raisons: prix élevé, et à cause du défaut de toutes les ruches à cadres qui laissent dans la partie la plus grande de la ruche- la périphérie- un vide de deux centimètres très préjudiciable à l'entretien d'une bonne température dans la ruche en hiver. La forme cubique ne vaut pas le cylindre." En effet, les ruches de M. Bertault furent atteintes de la loque dont il eut une peine inouïe à se débarrasser, à cause des manipulations qu'il fit pour obtenir des essaims artificiels, alors que dans une ruche fixe, une simple inspection suffit, dit-il et il conclut: "Un bel essaim, en bonne saison, logé dans la ruche cylindrique décrite plus haut, avec distribution raisonnée de cinq litres de sirop de sucre; succès assuré."

La salubrité

Comment inclure une forme ovoïde, forme du couvain, dans un volume simple qui ne soit pas une sphère: le cube! L'absence de circulation d'air dans les angles morts de la ruche amène humidité et condensation, ce qui est préjudiciable à la colonie; c'est la raison pour laquelle des apiculteurs exploitant des ruches carrées insistent sur la nécessité de créer une bonne ventilation de leurs ruches.

Des apiculteurs, Gilbert et Françoise Veuille Demons, proposent des ruches rondes en plâtre et paille mélangés et ont constaté:
- l'absence de courants d'air et le maintien d'une bonne température,
- en l'absence d'encoignures, il n'y a pas d'espaces favorables à la condensation, aux moisissures et au développement de germes pathogènes, à l'installation de parasites ou de prédateurs.

Dans l'apiculture moderne, la régulation ne fait l'objet d'aucun aménagement et il n'en est fait mention que par la nécessité à l'abeille, soit de ventiler, soit de réchauffer. Cette position serait tout à fait justifiable si la ruche présentait tous les atouts pour une bonne circulation de l'air; or il n'en est rien puisque nous sommes dans un cube et de plus compartimenté par des cadres.
La plupart des apiculteurs en ruches Warré se sont penchés sur cette question et chacun a résolu ce problème à sa façon.

Pourquoi un dome?

Qualités de la forme "cloche"

Beaucoup d'auteurs reconnaissent la supériorité de cette forme et R. Hommell écrit en parlant des ruches en paille épousant celle-ci:
"[...] les ruches en forme de cloche présentent cependant une grande qualité. La chaleur s'y concentre le mieux possible au printemps, les abeilles s'y plaisent beaucoup et le couvain s'y développe admirablement bien. [...] les colonies y prennent un accroissement rapide et j'ai toujours remarqué que l'élevage naturel des reines y réussissaient particulièrement bien. [...] Cela tient sans doute [...] à ce que leur forme se rapproche le plus possible de celle qu'adopte naturellement un essaim qui se groupe."
"Les abeilles aiment à commencer leurs rayons dans un lieu peu large où elles puissent concentrer la chaleur pour le couvain, et même pour elles lorsqu'il fait froid. Sous ce point de vue, les ruches dont la partie supérieure est en demi-sphère ou en dôme, sont préférables à celles qui sont carrées ou se terminent en angle aigu: elles concentrent beaucoup mieux la chaleur."
D'autre part, durant la mauvaise saison, les abeilles commencent à consommer le miel engrangé dans le dôme puis font le tour de la ruche où nulle absence de provision les empêche de poursuivre leur consommation comme il se fait quelquefois dans la ruche Dadant où les abeille ne peuvent atteindre le miel entreposé à l'autre extrémité des cadres et meurent, non pas à cause du manque de miel mais dans l'incapacité de l'atteindre.

La régulation thermo-hygrométrique

Dans la ruche sauvage, ce sont les lois de la physique, de par sa forme générale et de la position du couvain, qui créeront un courant ascendant central lié à la chaleur de ce dernier qui atteignant le haut du dôme redescendra le long des parois en se refroidissant, les gaz lourds et refroidis s'échappant par le bas, la partie chaude étant dans la partie bombée. La colonie occupant tout le volume et la ruche étant conçue proche d'une forme naturelle elle est tout à fait appropriée à une régulation sans apport d'une autre architecture.
Nous laissons le soin aux ventileuses de gérer cette régulation car les conditions naturelles sont optimum pour que celle-ci soit efficace afin d'améliorer l'habitabilité de la ruche, de la rendre saine et permettre une économie d'énergie à l'abeille donc une meilleure récolte de miel.
D'autre part, le dôme est en terre cuite, matériau poreux qui respire et dont l'humidité peut s'évacuer, par osmose, vers l'extérieur.

Synthèse des observations

Si nous apportons aux observations des apiculteurs Warré, nous obtenons:
- une ruche dont la forme s'approche au maximum du cylindre (M. Noël, A. Leroy, G. Veuille);
- coiffée d'un chapiteau coni-tronqué servant de réserve pour l'hiver (M. Noël);
- dont les rayons seront construit sans discontinuité vers le bas (R. Delon).

Des expériences

Voulant répondre à la question "Est-il possible que les abeilles se multiplient aussi bien dans une ruche carrée que dans une ruche ordinaire?" J. Greslot, un éminent apiculteur, présenta, dans un mémoire à la Société d'Apicuture, le résultat de ses constatations relatives au nombre des alvéoles construites dans diverses formes de ruches: ruche carrée à toit plat, ruches rondes à toit plat et à toit conique et autres ruches de l'époque mais toutes de même capacité et pouvant contenir le même nombre de gâteaux.

Considérations sur la forme des ruches

"Celui qui, sans parti pris, examine les rayons d'une ruche carrée dans laquelle les constructions, par un artifice quelconque, sont régulières, pour les comparer à ceux d'une ruche cylindrique, ne peuvent manquer de faire... plusieurs remarques distinctives. Dans l'une, il y a égalité des gâteaux, et celui ou ceux du centre n'ont pas plus d'étendue que les autres. Il y a aussi parfaite égalité quant au vide ou espace existant entre deux rayons consécutifs.
Dans la seconde, c'est tout l'opposé. Aucune égalité existe entre deux rayons voisins, ni sous le rapport de leur étendue, ni sous celui de l'espace vide, car le rayon central est le plus grand de tous et les autres vont successivement en décroissant de largeur, à mesure qu'ils s'éloignent du milieu. [...]
Ces traits de démarcation deviennent deviennent encore plus tranchés en opposant à la ruche carrée ou cubique de la forme cylindro-spérique, parce que dans ce cas l'augmentation et la diminution des gâteaux et de l'espace frappent à la fois, et sur la largeur et sur la hauteur.
Si l'observateur s'est, pour comparer, servi de ruches d'un égal volume, il aura certainement encore remarqué combien était grande la différence de la surface des rayons centraux. En mesurant celle-ci, il aura vu qu'elle produisait en faveur des ruches à rayons inégaux des chiffres dont l'écart était souvent de plus de 7 dm2 selon les capacités employées.
[...]
En continuant notre inspection pour reconnaître si les abeilles se comportent ou peuvent se comporter dans les ruches à rayons égaux de la même manière que dans celle où cette égalité n'a pas lieu, nous constatons que la différence dans la distribution du logement produit sur divers points des effets absolument contraires. Ce qui est vrai, et reconnu comme vrai pour une forme devient exception en employant l'autre. Ceux qui ont appris, par l'usage de la forme cylindro-sphérique, que le maximum de chaleur est au centre, que les abeilles se logent au centre de préférence, qu'elles commencent en cet endroit leurs constructions et qu'elles bâtissent ordinairement les alvéoles de mâles sur les côtés, doivent être avertis que rien de tout cela ne s'applique ni ne peut s'appliquer quand il s'agit de la formr carrée. La vérification est aussi facile en fait qu'en théorie.
[...] Il a lieu, non pas parce que le centre est le milieu de la ruche, mais par une raison plus positive: c'est qu'n cet endroit, nos insectes trouvent une plus grande olace pour s'y réunir en nombre plus considérable conformément à leur instinct. C'est là seulement qu'ils se trouvent en masse pendant l'hiver ou au commencement du printemps. C'est là seulement où, par leur nombre, ils peuvent se procurer un maximum de chaleur. Il existe donc un motif dans le choix des abeilles.
Eh bien, ce fait n'est qu'accidentel pour la ruche à rayons égaux. Aucune place en effet, ne peut procurer un plus grand degré de chaleur; elles n'ont pas de choix à faire puisque l'espace est égal entre chacun des rayons. Elles se logent selon leur caprice. Pour elles, il n'y a pas de partie principale, l'une ne vaut pas mieux que l'autre. La chaleur est là où elles sont en plus grand nombre... Et quoi qu'elles fassent, les dimensions entre deux rayons s'opposent à ce que leur nombre entre deux rayons soit aussi considérable que dans la ruche ronde.
[...]
Il est certain que dans les ruches où il y a une partie principale, les abeilles construisent en cet endroit plutôt qu'ailleurs leurs rayons à petites cellules destinées pour le couvain d'ouvrières et qu'elles réservent les côtés où l'étendue est moindre pour les gâteaux à grandes alvéoles: c'est un fait qui a des conséquences heureuses pour l'avenir de la colonie. Mais dans les formes où il n'y a pas de partie principale, les alvéoles de mâles se trouvent souvent au centre et ceux d'ouvrières à droite et à gauche; les abeilles n'ont aucun choix à faire, puisque la dimension des rayons est partout la même."

Pour vérifier cette approche, l'auteur compara les caractértistiques des rayons construits dans quatre ruches différentes de 24 litres chacune.

Formes des ruches Nr Sp dm2 Sr dm2 D cm d cm E cm3
carrée oblongue 27 72,80 2,20 103 52 396
carrée cubique 8 49,86 7,73 49 25 1390
cylindrique 8 46,45 9,23 44 22 1630
cylindro-shérique 9 43,40 9,79 38 19 1740
Nr: nombre de rayons;
Sp: Surface des parois de la ruche;
Sr: surface du rayon central;
D: distance entre les points extrêmes de la ruche;
d: distance du centre au point extrême;
E: volume entre le rayon du centre et le rayon voisin.

Tous ces chiffres viennent à l'appui des conclusions qui précèdent.
Nous voyons que la ruche cylindro-spérique est celle qui est la plus apte à concentrer la chaleur et qui offre le moins de surface en ce qui concerne les pertes thermiques.
La ruche à cadres peut être associée à la ruche cubique et partager les mêmes conclusions.

Rappelons ici les expérimentations de J. Greslot auxquelles nous avons déjà eu recours: lire

Un autre apiculteur confirmera ce fait:

Celui qui, sans parti pris, examine les rayons d'une ruche carrée dans laquelle les constructions, par un artifice quelconque, sont régulières, pour les comparer à ceux d'une ruche cylindrique, ne peuvent manquer de faire... plusieurs remarques très distinctives. Dans l'une, il y a égalité des gâteaux, et celui ou ceux du centre n'ont pas plus d'étendue que les autres. Il y a aussi parfaite égalité quant au vide ou espace existant entre deux rayons consécutifs.

Comparaison entre cadres et dôme
photo photo
Nous pouvons voir que sur un cadre le couvain n'est pas privilégié puisque qu'aucun lieu de la ruche ne l'est, alors que sous un dôme, la colonie s'y installe, ayant pu choisir un espace capable de concentrer un maximum la chaleur.

Cette forme de ruches traditionnelles a fait ses preuves puisqu'elles furent utilisées depuis la nuit des temps... et ce, durant une période où comparée à celle de nos ruches à cadres ne sont que "secondes" d'éternité!

Dans cette ruche, il n'est tenu compte dans les expériences qui ont été faites, que des résultats favorables à l'abeille et au bon développement du couvain, sans aucune considération des raisonnements humains qui peuvent ou non s'appliquer à une colonie d'abeilles.

Autres considérations

Le matériau

"On est unanime- à très peu d'exceptions près- à reconnaître que les ruches en paille sont préférables à celles fabriquées avec toute autre matière. Il est incontestable, en effet, qu'elles sont plus fraîches en été, et plus chaudes en hiver, parce que la paille est mauvaise conductrice de la chaleur, c'est à dire en d'autres termes, qu'elle ne transmet point aussi facilement la chaleur du dedans au dehors, ni du dehors en dedans ainsi que le font d'autres matières. Mettez deux ruches, l'une en paille, l'autre en planches, à côte l'une de l'autre dans les mêmes conditions, vous verrez les abeilles de la première sortir en grand nombre pour aller butiner, bien longtemps avant celles de la seconde." Observation

Des apiculteurs ayant des ruches en bois et en paille ont constaté que les abeilles manifestaient plus de sympathie pour la paille que pour le bois et ce type de ruche serait certainement le meilleur habitat pour les abeilles, d'autant plus que la ruche en paille est ronde et que son homologue en bois est cubique.

Un apiculteur avisé du 19e siècle, Œttl dont les articles étaient traduits dans "l'apiculteur" se débarrassa de ses ruches en bois pour monter un rucher exclusivement composé de ruches en paille à hausses. Après avoir expliqué comment il avait procédé pour transvaser ses ruches en bois dans des ruches en paille, il conclut: "C'est ainsi que j'ai transvasé moi-même toutes mes ruches en bois de diverses sortes dans des ruches en paille. Plusieurs d'entre elles, qui n'avaient jamais essaimé dans les ruches en bois, essaimèrent dès la première année du transvasement; et celles qui autrefois perdaient pendant l'hiver d'énormes tas d'abeilles, n'en perdaient plus que quelques unes. Un bien-être remarquable se faisait sentir parmi les ruches transvasées, ce qui me confirma toujours de plus en plus dans la conviction que les habitations en paille sont de beaucoup préférables à celles en bois pour hiverner les abeilles."
Par le dynamisme des essaims issus des ruches en paille, d'autres apiculteurs en conservaient uniquement pour la production d'essaims destinés à garnir leurs ruches en bois.

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Photo tirée de l'ouvrage de Jean-René Mestre et Gaby Roussel "Ruches et Abeilles"

Selon un autre apiculteur:
"La ruche en paille ou de massette pressée est une ruche idéale, car pour abriter une colone d'abeilles dans les conditions parfaites [suivent des considérations économiques, puis...], facile à manœuvrer par sa légéreté; chaude, les pailles forment une couche isolante pour la chaleur et absorbant l'humidité à l'intérieur pendant l'hiver; facilitent aussi une ventilation lente dans les deux sens, de sorte que les variations brusques de températures sont évitées[...]
J'ai fait des expériences comparatives en logeant 100 colonies dans des ruches en roseaux et 200 dans des ruches aux parois doubles ou simples et j'ai fait les constatations suivantes:
• Les colonies sont plus puissantes dans les ruches en roseaux; la reine y commençant plus tôt à pondre et prolongeant cette ponte plus tard en automne.
• L'hivernage se fait dans de meilleures conditions, avec moins d'abeilles mortes avec une consommation réduite de miel, sans traces de diarrhée, d'humidité, sans rayons ou pollen moisis.
• Une production constamment supérieure de miel et de cire.
• Une diminution sensible de l'essaimage pendant l'été, ce qui s'explique par une fraîcheur normale à l'intérieur de la ruche."
?
Cet apiculteur recommande la ruche en tiges de massette aux qualités supérieures à la paille d'avoine ou de seigle. Elle était de section rectangulaire à cadres.

Ces conclusions rejoignent celles de R. Hommell, qui en termes semblables parle de la ruche ronde en paille en forme de cloche dont les qualités ne peuvent qu'être supérieures à la ruche carrée!

Cependant la ruche en paille était aussi très appréciée par la teigne car elle y trouvait interstices pour se loger; d'autre part elle devait être protégée des intempéries, aussi notre ruche sera en bois, comme la ruche tronc.

Sa taille

Dans la nature, lorsqu'un essaim prend possession de son habitat, ce dernier est vierge de tout contenu; il n'y a là, ni barrette, ni cadre, peut-être de vieilles cires abandonnées si celui-ci a été précédemment occupé...

"Il est constaté par l'expérience que les abeilles préfèrent un logement proportionné à leur nombre...; qu'elles consomment davantage quand elles sont dans une ruche trop grande, et qu'elles s'épuisent en essaims dans une ruche trop petite. On doit donc proportionner la grandeur des ruches à la force des essaims, et, sous ce rapport, les ruches dont on peut varier les dimensions ont un grand avantage sur les autres..."
Il sera donc possible d'agrandir notre ruche par le bas.
Cependant, un apiculteur, M. Malhomme, fit des mesures sur plusieurs années et constata que les ruches qui essaimaient le plus étaient celles qui fournissaient le plus de miel. Lire

Pourquoi une ruche vide de tout élément

Lorsque l'apiculteur intervient et qu'il aménage ce logement, que ce soient seulement par des barrettes, il amène en même temps une gêne pour la reine et les abeilles mais aussi une cause possible de mortalité durant l'hibernage. D'autre part ces barrettes sont un obstacle à la bonne transmission des informations circulant dans les cires.
Ainsi les abeilles ne construisent plus celles-ci selon la nature mais selon des formes rectangulaires et c'est seulement lorsque la ruche est ronde et surmontée d'un dôme qu'elles le font selon la meilleure forme favorable à un fort couvain. Lire
L'abbé Warré usait du mot "guider" pour justifier les barrettes. Les abeilles auraient-elles pu construire autrement que suivant ces barrettes amorcées avec de la cire; je pense que non! Les abeilles n'ont nullement besoin d'être guidées et construisent en tenant compte du magnétisme terrestre, ce qui pour elles doit être d'une certaine utilité, même si nous n'en connaissons, ni sa raison, ni son influence! En les laissant construire selon leur volonté, on est certain de favoriser les meilleures conditions d'élevage du couvain et de vie, compte tenu du magnétisme, de l'orientation de l'entrée ou de tout autre élément auquel elles sont sensibles et peut-être inconnu de notre part.

La ruche à cadres et à hausses divise l'essaim en long, large et hauteur:
c'est l'œuvre d'un charcuteur;
la ruche divisible tronçonne l'essaim en plusieurs parties:
c'est l'œuvre d'un saucissonneur;
la ruche sauvage respecte l'essaim dans son intégrité selon l'œuvre du créateur.

Seul obligé: un croisillon ayant pour but de maintenir les cires lors de la récolte; ce qui ne nuit aucunement au super-organisme et aux fonctions des cires.

Comparaison ruche à cadres/ruche sauvage

  Ruche sauvage Ruche à cadres
Les cires fixées au sommet faisant corps avec la ruche. isolées de la ruche offrant des zones inoccupées.
construites par les abeilles selon le magnétisme terrestre;
gestion naturelle par la colonie.
distribuées sans considération du magnétisme terrestre;
gestion d'une strcture rapportée.
proportionnelles et grandissant avec la force de la colonie. sans aucun rapport avec la force de la colonie.
font parties intégrantes du super-organisme.
Aucun gâteau n'est divisé en plusieurs sections.
prothèses imposées au super-organisme, sectionnées et dimensionnées selon leur destination.
Couvain en un seul tenant. divisé ou déformé.
clos dans un espace adapté, contrôlé et protégé par la colonie. espace non adapté à la forme ronde du couvain et à l'ensemble de la colonie.
L'ensemble Le miel fait partie intégrante de la ruchée telle une réserve de graisse chez un vertébré contraint d'hiverner. Les réserves de la colonie sont séparées pour leur extraction et remplacées par une alimentation de substitution.
Fait un tout qui, naturellement est indivisible. Divisé, tranché, scindé, fractionné, séparé, saucissonné, morcelé, tronçonné puis débité!

On pourra se rendre compte, in situ, qu'une ruchée sauvage ne ressemble en rien à une ruchée sur cadres. Dans la première, toute la colonie est intégrée dans ses cires comme squelette, dans la seconde, la colonie se dissémine sur un squelette indéterminé et il n'est pas étonnant qu'une colonie travaillant dans la première le fait plus rapidement que dans la seconde.

Et n'oublions pas les mesures que fit M. Greslot concernant le nombre de cellules construites dans différentes ruches.

Construction de la ruche sauvage

Une ruche octogonale dans une ruche Warré

Les coins de cet élément sont occupés par des demi-chevrons coupés dans le sens de la longueur suivant une des diagonales.
photophotoNoël MICHEL, pour revenir à la forme de voute qui faisait une des qualités des ruches en paille, refait un dôme qui recouvre la ruche.

Cette disposition avait également donné lieu à la création de "l'Aumonière" de l'abbé Sagot dont les réserves de miel étaient contenues dans des cadres triangulaires donnant au toit sa forme de chalet.
Pour une exploitation du miel à l'extracteur, sont obligées des ruches à cadres mobiles.
Par commodité, il est nécessaire d'exploiter un seul type de ruches afin de réduire le matériel au maximum.
Mais toutes quelqu'en soit le modèle, apporteront le plaisir d'observer la nature et les mille activités de la ruche et nous pourrons goûter le plaisir épicurien de déguster notre propre miel, de partager avec nos proches, amis et voisins, un véritable produit issu d'un élevage conforme aux lois de la nature.
Avantage: simplicité de réalisation et d'outillage
Inconvénient: les chevrons ajoutent du poids à la ruche.

La ruche sauvage

Le corps de ruche

Les dimensions d'une telle ruche ne demandent pas à être précises selon l'écartement des cadres ou des barrettes puisque ces éléments sont absents mais c'est le diamètre du dôme qui les imposera.
Après de nombreuses constructions et d'essais de différentes ruches, ruche octogonale, section octogonale incluse dans un élément carré, ruche dodécagonale, etc... avec des dômes en bois toujours délicats à construire, je suis arrivé à une construction d'une ruche à 16 côtés. Cette dernière peut être déduite d'un octogone dont les angles sont occupés par un tasseau triangulaire isocèle dont l'angle au sommet est égal à 135°.
Le pin maritime utilisé en premier donna de mauvais résultats: le bois éclatait lorsque la ruche était habitée. J'utilise aujourd'hui du châtaignier, agréable à travailler, essence locale vendue en plots en scierie. Il est malgré tout plus cher, moins économique car il présente souvent des défauts qu'il faut éliminer; ils doivent être délignés et les chutes sont quelquefois importantes; par contre il résiste très bien aux intempéries et riche en tannin, il est très peu attaqué par les insectes.
M. Gatineau rabote les deux faces des planches alors que J.-C. Guillaume recommande de ne pas raboter la face intérieure pour que les abeilles puissent s'y accrocher. Les abeilles circulent davantage sur la cire que sur les parois de la ruche et leurs pattes sont munies de griffes et d'une ventouse qui leur permettent de se fixer sur n'importe quelle surface, même lisse. D'autre part, pour un travail bien ajusté il est nécessaire de travailler avec des plaches bien planes, donc rabotées des deux côtés.
Les planches sont travaillées de telle sorte que leur coté extérieur dans l'arbre se retrouve également vers l'extérieur dans la ruche.

Calculons la surface de la base du dôme et rendons-nous sur le site de notre ami anglais David Heaf: cliquer
Dans notre cas, les cotés auront 75 mm de largeur externe en arrondissant au demi-centimètre supérieur afin d'avoir une marge pour encastrer le dôme.
L'élément se composera donc:
- de 12 pièces de 300 mm de long, de largeur 75 mm dont les cotés forment un angle de 11°25;
- de 2 pièces de 300 mm de long, jouxtant les cotés de la fenêtre;
- d'un cadre occupant 2,5 côtés destiné à recevoir une vitre pour l'observation de la colonie.
Les pièces sont jointes par:
- de fausses languettes de contreplaqué ou des lamelles du type "Lamello" collées,
- des vis "Kreg".

Le dôme

Il est la pièce la pièce maîtresse de notre ruche pour la bonne régulation thermodynamique, le confort et le développement du couvain.
Il est construit en argile, matériau naturel qui respire, constituant celui des cheminées.
Un moule peut être commandé à un potier. Le dôme est alors modelé avec une plaque d'argile appliquée sur celui-ci puis cuit dans un four à 980°. Une cuisson primitive peut être envisagée à la manière des potiers africains ou dans de la sciure.
Une ouverture au centre permet de déposer un nourrisseur et de laisser les abeilles transiter lorsqu'elle doivent passer d'une ruche à l'autre.
Une autre solution consiste, à partir du moule, de construire un dôme en plâtre à modeler.
Celui utilisé actuellement dans notre construction a un diamètre intérieur, une fois cuit, et selon l'argile utilisée, de ± 32 cm.

Mon four étant en panne, je les réalise aujourd'hui en plâtre.
Sur le moule passé à l'huile de lin ou de savon noir, je pose des bandes platrées puis de la filasse que je recouvre de plâtre en plusieurs couches. Le plus délicat est parvenir à réaliser des orifices par où passeront les abeilles en cas de nourrissement. Le meilleur résultat est obtenus évitant de mettre de la bande platrée et de la filasse à cet endroits et de mettre un morceau de gaine électrique de gros calibre qui fera office d'ouverture.

L'élément dans lequel est installé le dôme se compose de 16 cotés de 15 cm dans mon cas où l'on a fait une encoche aux scie circulaire et à ruban sur la face interne.
Le dôme en céramique ou en plâtre est engagé dans celui-ci et le vide entre ce dernier et le dôme est empli d'une matière isolante, par ex. plâtre et sciure mélangés, calant ainsi le dôme dans l'élément bois.

photoPour sa ruche et pour une récolte traditionnelle, Henri Muller conseille d'utiliser comme protection un matériau lourd qui fait alors office de masse thermique tel le miel disposé dans la partie supérieure d'une ruche est appelé à le faire. Comme un mur, cette masse accumulerait la chaleur aux heures chaudes et la restituerait ensuite. Ceci semble être une bonne solution, hormis la question du poids...

Le toit

photophoto

Pour en simplifier la construction, il est de forme carrée. Il est recouvert d'une tôle d'acier étamé. Il peut contenir un nourrisseur rond, une masse thermique et/ou un coussin durant l'hiver.
Dans un jardin, il peut être remplacé par un chapeau fait de paille de seigle après avoir recouvert le dôme d'une protection.

Le plancher

photoDes planches épaisses de 38 mm d'épaisseur et 10 cm de large, et de la volige de pin ramenée à une épaisseur de 12 mm sont employées; le plancher a 39 cm de large et 34 cm de profondeur; il laisse un espace de 12 mm pour le passage des abeilles.
Les côtés sont assemblés par rainure et languette, le plancher par rainure dans les montants latéraux.
J'ai supprimé la planche d'envol qui donne trop de facilités aux frelons asiatiques pour attraper les abeilles.

la grille d'entrée utilisée est une grille anti-frelons pour ruche Warré de 25 cm de long, pliée pour s'adapter à la forme de la ruche.
Pour ceci il suffit de couper le rebord à 5, 12,5 et 20 cm et de plier la grille selon un angle approximatif de 157°5 à chaque trait de scie fait au rebord et de la fixer à l'aide de deux crochets fermés.

Outillage

Scie circulaire, raboteuse-dégauchisseuse pour le débit du bois et défonceuse sous table avec fer de 11°25 ou mieux, une toupie dont l'arbre peut accueillir des fers de défonceuse, ou encore toupie avec arbre orientable, une scie à ruban, une perceuse, un système Kreg.

Une nouvelle machine est aujourd'hui distribuée et à elle seule, suffisante pour construire cette ruche. Voir
Après avoir vu cette dernière et autres de marque Scheppach qui envahissent aujourd'hui les grandes enseignes, il est évident qu'elles sont 100% chinoises. Les clients éventuels seront bien avisés de se renseigner sur les forums avant de conclure cet achat.
Attention: cette autre machine est apparemment fabriquée par une même entreprise et vendue sous différentes marques et couleurs: Scheppach, Feidwood, Holtzling, Leman... et différentes appellations: toupie à bois, défonceuse sous table, toupie pour fers de défonceuse, défonceuse stationnaire... ; cette machine est manifestement pas au point et à la limite de la dangerosité par ses vibrations et sa fabrication d'une autre époque!

ACHAT ABSOLUMENT A EVITER.

Avantages et inconvénients

Cette ruche:
- nécessite, comme toute ruche, un travail de précision.
- nécessite un bon outillage; malgré tout aucune pièce n'est difficile à façonner mais la construction et son assemblage demande du soin et du temps.
- esthétique simple et naturelle.

Protection de la ruche

Le carbonyle a longtemps été utilisé car les abeilles supportaient son odeur.
Aujourd'hui il est banni car cancérigène; d'autre part il devait être renouvelé très souvent.
Les ruches peuvent être traitées à la cire chaude à l'intérieur, à l'huile de lin à l'extérieur. La peinture alu qui reflète la chaleur ne donne pas un caractère très naturel à la ruche et ses composants est une source de pollution.
J.-Cl. Guillaume laisse l'intérieur de la ruche non raboté et traité avec de la propolis dissous dans de l'essence de térébenthine.

Pour l'extérieur, recette d'une peinture bon marché, résistante et écologique

jusqu'à 2,2 litres d'huile de lin,
1 kg de farine de seigle,
1kg de sulfate de fer ou sulfate de zinc,
29 litres d'eau bouillante,
4 kg de pigments minéraux.
Ets Michel Boehm & Cie ou Okra

Ajouter le sulfate de fer à l'eau bouillante et mélanger jusqu'à dissolution complète puis ajouter la farine de seigle, mélanger et faire cuire 15 min.
Ajouter les pigments, mélanger et faire cuire 15 min.
Retirer du feu, ajouter l'huile de lin et mélanger pour créer une émulsion
Application: 2 couches sur bois neuf,
une seule couche sur bois déjà peint.
Temps de séchage: 2 heures;
Durabilité: 10 ans avec pigments clairs, 15 ans avec pigments foncés.

Le moyen le plus rapide pour protéger une ruche est de la plonger dans un bain de cire chaude qui outre cet avantage, obstrue tous les interstices de la ruche.

Une lasure écologique - Biofa- peut-être utilisée; la société Magellan vend une lasure naturelle composée d'huiles végétales, pour l'extérieur. Son application est facile mais d'efficacité très limitée et doit être renouvelée très souvent.
Une peinture microporeuse devrait être plus durable que n'importe quel autre produit.

Sources

- L.-A. BUZAIRIES- Les ruches de tous systèmesphoto
- Jean-Marie FRERES et Jean-Claude GUILLAUME- L'apiculture écologique de A à Z.photo
- Marc GATINEAU- L'apiculture telle que je l'aime et la pratique.photo
- Henri HAMET- L'apiculteurphoto
- R. HOMMELL- Apiculturephoto
- Jean HURPIN- L'apiculture pratiquephoto
- Mathias K. THUN- L'abeille, conduite et soinsphoto
Sur le web:
- Wikipédia.
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