L'abeille dans les traditions

 

La cigale, l'araignée, la fourmi et l'abeille étaient soeurs. Quand leur mère mourut et les appela auprès d'elle pour leur donner sa bénédiction; seule l'abeille vint. Elle lui souhaita alors de préparer la cire pour les saints et le miel pour les hommes. Elle maudit les autres et leur définit des activités improductives ou dérisoires: toi, toute la nuit, araignée, tu fileras pour le matin de nouveau découdre, à la fourmi, toute l'année tu devras traîner et manger un seul petit grain de blé, et à la cigale, tu devras crier toujours jusqu'à ce que tu éclates.
conte grec recueilli par Dähnardt et cité par Marlène Albert-Llorca.

La cire dans tous ses états

Origine

La cire est un produit naturel de l'abeille. Elle est sécrétée par quatre paires de glandes situées sur la paroi inférieure de son abdomen. Bien que la cire ne puisse être nommée "graisse d'abeille", elle ressemble néanmoins à de la graisse par sa composition chimique.
Les petites maçonnes s'accrochent les unes aux autres de manière à former plusieurs chaînes pendantes. Puis elles se passent de patte en patte des petites boulettes de cire malaxée et translucide qui serviront à construire les parois des rayons.

Composition

Sa composition est très complexe mais peut se résumer ainsi:

Eléments Pourcentage Eléments Pourcentage
hydrocarbures 14% hydroxy polyester 8%
monoesters 35% acide d'esters 1%
diesters 14% acide de polyesters 2%
triesters 3% alcool 1%
hydroxy monoesters 4% non identifié 6%
acides 12%    
D'après Wikipédia

On falsifie la cire par l'addition de graisses, notammant de graisse végétale mais aussi de soufre, de fécule, etc...
On nomme "cire vierge", la cire qui n'a pas servi et qui n'est pas ouvrée. La déniomination "cires jaunes" s'applique à celles qui ont été fondues mais non soumises au blanchiment, et "cires blanches ou blanchies" à celles qui l'ont reçu.

La cire dans les mythologies et religions

Mythologie grecque

Icare

photoPrisonniers dans le Labyrinthe sur l'île de Crète sur décision du roi Minos, Dédale fabrique pour lui-même et son fils Icare, des ailes avec de grandes plumes cousues et des petites tenant avec de la cire, qu'ils fixent sur leur dos. Dédale recommande à son fils de le suivre, de ne pas voler trop haut car le soleil ferait fondre la cire, et trop près de la mer, pour ne pas mouiller ses ailes et les alourdir. Ils s'éloignent ainsi en direction du nord-est. Mais dépassant Lébynthos et Calymnos, grisé par l'altitude, Icare néglige les conseils de son père et prend de l'altitude. Le soleil fait fondre la cire de ses ailes qui se détachent de son corps et Icare se noie dans la partie de la mer Egée que l'on appelera désormais "Icarium mare". Il est enterré par son père dans une île voisine, Icaria.

Le syrinx

photo

Syrinx, hamadryade du mont Lycée est poursuivi par le dieu Pan amoureux d'elle jusqu'au fleuve Ladon dans lequel elle se jette et se transforme en roseau. Pan croyant l'atteindre n'attrapera qu'une poignée de roseaux. Un morceau de ceux-ci, sous l'effet du vent, rend alors un son plaintif. Charmé, Pan en assemble plusieurs morceaux de longueurs différentes avec de la cire et donne le nom de "syrinx" à cet instrument qui deviendra celui des bergers.

Dans l'Odyssée

Donc son premier conseil est de fuir les Sirènes, leur voix ensorcelante et leurs prairies en fleurs; [...]. Je dis, et j'achevais de prévenir mes gens, tandis qu'en pleine course, le solide navire que poussait le bon vent s'approchait des Sirènes. [...]. Alors, de mon poignard en bronze, je divise un grand gâteau de cire; à pleines mains, j'écrase et pétris les morceaux. La cire est bientôt molle entre mes doigts puissants et sous les feux du roi Soleil, ce fils d'En Haut! De banc en banc, je vais leur boucher les oreilles.... Ainsi Ulysse et ses compagnons, en devenant sourds, échappent aux doux chants des Sirènes.

Dans la Bible

Elle est toujours associée à sa fonte devant le feu:
Je suis comme de l'eau qui s'écoule, Et tous mes os se séparent; Mon coeur est comme de la cire, Il se fond dans mes entrailles.
Comme la fumée est dissipée, tu les dissiperas ; comme la cire se fond devant le feu, les méchants périront devant Dieu.
Les montagnes se fondirent comme de la cire, à la présence de l’Éternel, à la présence du Seigneur de toute la terre.
Car voici, l’Éternel sort de son lieu, et descendra, et marchera sur les lieux hauts de la terre ; et les montagnes se fondront sous lui, et les vallées s’entr’ouvriront, comme la cire devant le feu, comme des eaux versées sur une pente.

Religion chrétienne

Patron(ne)s des ciriers

photoSelon les sources, les patron(ne)s des ciriers sont:
- Sainte Geneviève
représentée souvent avec un cierge dans la main
La légende veut que lorsqu'elle visitait
le chantier de l'église sur l'emplacement
du tombeau de Saint-Denis,
elle portait un cierge qu'un ange allumait
tandis qu'un démon tentait de l'éteindre.
qui est aussi patronne de Paris et des gendarmes;
- Sainte Madeleine à Nimes, qui est aussi patronne des apothicaires à Aix en Provence;
- Saint Ambroise, qui est ausi patron des apiculteurs, des fabricants de pains d'épices et des tailleurs de pierre;
- Saint Cyr;
- Saint Jean porte Latine qui est aussi patron des vignerons et tonneliers et des imprimeurs et typographes;
- Saint Nicolas
patron des apothicaires
et de là, des ciriers.
qui est aussi patron des apothicaires.photo

Le culte des cierges

Les cierges ne sont pas seulement des articles destinés à l'éclairage mais sont porteurs de la vraie lumière qui, en la personne de Jésus-Christ, vient éclairer le monde.
Le culte du cierge se développera comme celui de la Sainte Chandelle d'Arras, de la crypte Saint-Victor de Marseille, etc..

Le cierge lithurgique

Par sa combustion le cierge représentait le Christ se livrant à sauver le monde et Guillaume Durand le décrivait ainsi: le cierge désigne le Christ à cause des trois choses qu'il renferme. En effet le lumignon désigne l'âme, la cire désigne le corps et la lumière la divinité du Christ.
Et Jacques de Voragine écrira: Le Christ est signifié par la chandelle à cause de sa consumation. De même en effet que la chandelle se consume toute entière à notre service, de même le Christ se consuma tout entier à notre service.
D'autre le définissait ainsi: le cierge liturgique était la chair virginale du Christ, par la mèche, son âme et par la flamme celui de sa divinité.
Ainsi, l'Eglise remplaçait les anciennes coutumes païennes de sacrifices aux dieux par la cire qui brûle, corps du Christ.

Le premier usage de la cire dans la société chrétienne est donc sa transformation en cierges liturgiques qui allient lumière et symbolisme. Au Moyen Age, dans les églises, ils étaient allumés du début à la fin de la messe. Ils étaient fabriqués par les moines ou des serviteurs de la noblesse. Plus tard ce furent les corporations des apothicaires qui étaient également épiciers soumis à des règles sévères, qui s'en chargèrent.
La célébration eucharistique ne pouvait être accomplie sans la présence de deux cierges posés de part et d'autres du crucifix et contenant au moins une part de cre d'abeille.
La "Sacrée Congrégation des Rites" imposent que les cierges destinés aux églises, monastères, processions
Processions de la Fête-Dieu et de la Ste Vierge.
devaient être fabriqués uniquement avec de la cire pure d'abeilles; le nombre des cierges nécessaires aux diverses cérémonies impliquait une source abondante de cire: Lire

En 1875, Mgr évêque de Meaux rappelle aux prêtres de son diocèse: "D'après la Rubrique rigoureusement obligatoire, la messe ne peut-être dite sans deux cierges de vraie cire d'abeilles, et six cierges au moins, également de vraie cire, sont nécessaires pour la bénédiction et l'exposition du saint sacrement. L'usage de cierges ou bougies de stéarine est positivement défendu par la S. C. des Rites."

Ordonnance de la S. C. des Rites du 14 septembre 1843 et 7 septembre 1850

Aujourd'hui, les cierges liturgiques ne peuvent contenir que 30% de cire d'abeilles, le reste pouvant être de la stéarine ou autres variétés de cire.

le cierge de la Chandeleur

photoComme la plus grande partie des fêtes chrétiennes qui doivent leur célébration en remplacement d'une fête païenne, la Chandeleur doit son origine à celle des Romains en l'honneur de Cérès et de Proserpine où l'on faisaient de grandes illuminations et où les femmes portaient des chandelles.
Elle est célébrée le 2 février en mémoire de la présentation au temple de Jésus-Christ et de la purification de la Vierge
Purification de la Vierge
de Reni Guido (1573-1642)
en promenant des cierges bénis et allumés que le clergé et les fidèles portent en procession autour de l'autel.
Maurice Vlogerg rapporte qu'au pays wallon, on trace avec le cierge béni un large cerclephoto dans la campagne afin que les abeilles n'aillent pas butiner au delà et ne s'égarent. En Limousin et en Périgord le tour processionnel se fait autour des des ruches elle-mêmes... Le cierge fait le tour du rucher, et le cercle ainsi tracé par sa flamme, les essaims vagabonds ne s'envoleront pas à votre insu.
photo En Sologne on allait à la messe de la Bonne Dame Crépière, le 2 février. On achetait un cierge qu'on faisait brûler pendant la messe. Après on ramenait le cierge -éteint- à la maison et on allait faire trois fois le tour des abeilles, c'est à dire des ruches, avant de pénétrer dans sa maison, avec le cierge non allumé à la main, en récitant trois Notre-Père et trois Je-vous-salue-Marie, pour que les essaims ne s'en aillent pas. On disait aussi cette oraison:
"St Pierre se promenant avec St Jean; alors St Jean dit à St Pierre: Qu'est-ce que c'est que ça, mon bon St Pierre?
C'est des abeilles, mon bon St Jean.
Arrêtons-les, car nous faut du miel pour nos malades et les cierges pour nos églises."

Les cierges bénis à la Chandeleur étaient allumés durant les orages pour se préserver de la foudre ou au chevet d'un moribond durant l'administration des derniers sacrements.

Le cierge pascal

Le cierge pascal est un cierge béni symbolisant le Christ ressuscité qui reste allumé jusqu'à l'Ascension. Il était également allumé pour la bénédiction de l'eau pendant la vigile de Pentecôte. Quelquefois il possédait un axe en bois et des bras de fer, le tout recouvert de cire.

Voir également usages de la cire dans les rites funéraires et religieux.

Les objets de dévotion

L'Agnus Dei

L'Agnus Dei est un médaillon confectionné avec la cire du cierge pascal mêlée au saint Chrème. Au IXe siècle il était béni par l'archidiacre et distribué aux fidèles. Plus tard, la bénédiction fut faite par le pape lui-même et la distribution laissée à la discrétion du maître de sa garde-robe. Puis au XVIIe siècle, ce fut les cisterciens de l'abbaye de Ste-Croix-de-Jérusalem qui les confectionnèrenr dans des moules avec la cire des cierges pascals des basiliques romaines et ceux offerts au pape à l'occasion de la Chandeleur. Le pape les bénit le mercredi de la semaine pascale en les plongeant dans de l'eau mélangée de baume et de saint chrème et la distribution a lieu le samedi de Pâques, après l'"Agnus Dei" de la messe aux évêques et archevêques, dans la mitre du souverain pontife.
Sur une face de ce médaillon est moulé un agneau portant l'étendard de la Résurrection portant autour cette inscription "Ecce Agnus Dei qui tollit peccata mundi." et le nom du pape avec l'année de son règne; sur l'autre face, la figure d'un saint, son nom dessous.
La cire symbolise le corps du Christ, blanche comme sa conception, pur produit de l'abeille, image de la Vierge. La croix associée à l'agneau suggère l'idée de victime offerte en sacrifice, le sang de l'agneau, protecteur des nouveaux-nés de la maison contre l'ange exterminateur. Ainsi cet Agnus Dei était invoqué contre les influences du Malin. Dans la prière de bénédiction de la cire il est fait mention des périls que sont l'orage, les épidémies, le feu, les tempêtes et les risques encourus par les femmes lors de l'enfantement.
Bien que cette pratique ait une origine plus lointaine, certains la fixe au pape Zosime
Pape d'origine grecque,
du 9 mars 417
au 26 décembre 418,
successeur d'Innocent Ier.
dont le Liber Pontificalis en précise la mention.
Aujourd'hui, les Agnus Dei sont conservés dans des cadresphoto placés dans des lieux de recueillement ou conservés dans des custodes métalliques ou en buis, ou dans des sachets de tissus portés en médaillon autour du cou. Cette utilisation se rapproche alors du gris-gris africain ou de l'amulette d'autant plus que l'Agnus Dei est considéré comme un sacramental c'est à dire qu'il a la propriété d'effacer les péchés véniels de ceux qui le porte avec foi.photo

Les reliquaires

Des requiaires étaient composés d'une custode vitrée dont le fond était en cire portant au verso un sceau.
Certains pouvaient se porter en médaillon grace à un anneau par lequel on passait une chainette, tout comme les Agnus Dei

De la Vierge

A la tête du lit de la future maman, on plaçait une "vierge d'accouchée", statuette en faïence évidée contenant de l'eau bénite et surmontée d'un cierge béni et allumé. En cas d'urgence, l'eau bénite servait au baptême in-extrèmis de l'enfant ou à l'admiinistration des derniers sacrements à la mère.

Au XIXe siècle, la mode est aux figurines de cire représentant la Vierge, protégées par des cloches de verre, crées par les religieuses cloîtrées ou disposées dans des boîtes vitrées, représentant généralement des crèches avec une multitude de personnages et d'animaux, des enfants Jésus dérivés de la Nativité mais aussi des saynètes de la vie moniacale. D'autres créations étaient des statues miraculeuses d'Enfant-Jésus présentées dans des cadres ou des tableaux relatifs à la vie de saints.

photo
Les cires habillèes nancéennes

Lire

Autres usages de la cire

La quantité de cire nécessaire à toutes les activités humaines dans les civilisations antiques et suivantes, tant en médecine, beaux-arts, sorcellerie, cérémonies religieuses puis son emploi dans la fabrication des cierges montrent l'importance qu'avait l'apiculture. Dans les textes du haut Moyen Age, nous constatons que les abeilles étaient très nombreuses dans les forêts et les transactions liées aux pratiques étaient très encadrées par diverses législations, la cire étant une ressource aussi importante au point de vue utilitaire que le miel.
Au Moyen Age, les ciriers sont organisés en corporation et celle de Paris est placée sous l'autorité du grand chambellan du roi alors qu'à Troyes, leurs statuts constitués en 1431, les associent aux apothicaires et épiciers.

Comme tribus, monnaies, impôts et dons

La cire faisait partie du revenu des temples égyptiens.

En 175 av. J.C., la Corse produisait tant de cire que durant la pérode où insulaires et Romains se disputaient la souveraineté de l'île, ces derniers imposèrent à ses habitants un tribu de 100 000 livres de cire qu'ils portèrent plus tard à 200 0000, la population s'étant révoltée. En -162, la "pax romana" sera conclu.
Plus tard, la Corse, devenue feudataire de la Cour de Rome, paya son impôt en cire qui suffisait à la consommation des églises de tout l'Etat ecclésiastique.

Dans les seigneureries et diocèses, la cire faisait partie des revenus du seigneur et des redevances dûes particulièrement aux établissements religieux qui en sont les grands consommateurs.
Durant le Moyen-Age, des charges pouvaient donner lieu à une redevance en cire...

En 1364, le receveur de Bar remettait 180 livres de cire pour le service de l'hôtel de la comtesse de cette localité et du 1er janvier à Pâques, 316 autres livres, la charge de prévôt entrainait une taxe de 60 livres de cire.
En 1632, le sacristain de l'abbaye de la Chaise-Dieu percevait de la seigneurerie de Versilhac une redevance annuelle de six quintaux de cire neuve que le preneur devait livrer à chaque fête de St Jean-Baptiste.

ainsi que divers usages de rivières, métiers et activités alimentaires.

En 1440, en Lorraine, "quiconque tenait four à cuire pain de vendaige" devait une pinte de cire à la Saint-Martin.
A Bar, le "pastelleur" devait à la cellérie une livre de cire et l'abbé de Clairlieu est redevable d'une pinte "pour cause du moulin de Laneuville-devant-Nancy."
Au XVe siècle, les chapelains de Saint-Maxe de Bar paient annellement une livre de cire pour la huche à poissons "qu'ils ont dans le canal, près des murs du bourg" et la profession de carrier dans la prévôté de Pont-à-Mousson donne lieu à redevance d'une livre de cire à remettre au receveur.
En 1612, le prieur de Belval d'une pinte de cire "à cause du cours de l'eau qu'il prend pour faire moudre le moulin qu'il a à Portieux."
En Lorraine, les activités liées à l'utilisation d'une rivière pouvaient aussi amener au paiement d'une rente pouvant être composée de cire à laquelle s'ajoutaient divers produits fermiers, céréales et autres.

On pouvait aussi se libérer d'une charge féodale par une remise de cire; il en était de même pour les aubains des terres évêchoises de Lorraine, pour échapper aux vexations de leurs seigneurs. Cette bourgeoisie, au XV et au XVIe siècle dite de chambre, plus tard, bourgeoisie de marche, fut désignée également sous les termes de bourgeoisie de cire. Celle-ci disparaitra avec le rattachement des évêchés au royaume.
Moyennant quelques livres de cire, on mettait sa personne et ses biens en sûreté.

En 1494, le curé d'Aix, messire Didier, devait à la recette de Briey, deux livres de cire pour sa sauvegarde.
Le maire de Delme, M. Jannin s'adresse à René II de Lorraine qui consent le 9 août 1497, à le prendre, sa vie durant, lui et les siens, "en ses protection et spéciale sauvegarde", à condition du paiement q'une quarte de cire tous les ans à la Saint-Martin.

Les sauvegardes pouvaient être faites aux monastères, groupements de personnes ou toute autre communauté régnicole ou foraines.

A la fin du XIVe siècle, tous sujets de l'évêque de Verdun résidant à Amblaincourt a droit de garde moyennant une livre de cire.
Au XVe siècle, les habitants de Moineville et de Valleroy paient au roi René et à son fils, une livre de cire par ménage, une demie pour les veuves, comme prix de sauvegarde.
Au XVIe siècle, les cisterciens de Montiers paient 20 livres de cire pour le même service.

Les tribunaux ecclésiastiques infligeaient des amendes payables en cire et les pénitences lors des confessions se traduisaient en des donations de cire. ?
Celles en cire brute ou ouvrée étaient également pratiquées et venaient augmenter les recettes de prévôtés et grueries au profit des églises, couvents et abbayes.

Les Chanoines de La Mothe-en-Bassigny prennent 15 livres de cire sur les recette de Lamarche.
La collégiale Saint-Georges prélevait 12 livres de cire aux boulangers de Nancy se fit accorder les 60 livres de cire versées par le prévôt.

Certaines corporations et communautés devaient apporter en cierges leur contribution pour l'éclairage des églises.

Au XIVe siècle, le roi des merciers rétribue la collégiale Saint-Georges d'un cierge de 12 livres lorsqu'il rend ses comptes;
La confrérie des maçons et ouvriers maniant hache et marteau, la rétribue d'un cierge de 6 livres;
et au XVe siècle, les maire et officiers de Bouxières-aux-Chênes d'un cierge de 5 livres le vendredi saint.

Les receveurs devaient à date fixe et pour rehausser l'éclat d'une célébration ou procession, parer l'autel d'un saint, faire fabriquer avec la cire dont ils disposaient des cierges de poids et dimensions spécifiques.

A l'approche de la Chandeleur, le gruyer de Nancy veille à la confection de cierges qui seront distribués aux magistrats de la Chambre des comptes. Au début de XVIIe siècle,
• un cierge d'une livre livre pour le premier président et chacun des auditeurs de cette Chambre;
• un quart de livre pour le greffier.
• une livre de cire pour le grand gruyer, le gruyer et le bailli de Nancy;
• trois quarts de livre pour le lieutenant du bailli, le prévôt, le maître échevin, le procureur général;
• une demi livre pour chacun des six échevins, le substitut, le clerc juré, le contrôleur de la gruerie et l'arpenteur;
• un quart de livre pour chacun des huit forestiers.

Au XVIe siècle, celui-ci remettait à la collégiale Saint-Georges lors de la Saint-Jean, deux torches de cire de 6 livres chacune et 18 livres de cire à la Saint-Martin pour l'obit du roi René, plus tard, 26 livres pour celui de Charles III.

Dans les clauses de contrats il n'était pas rare que la cire ne fut présente comme moyen de paiement, du moins en partie, d'un loyer ou d'un cens.

Que devenait toute cette cire accumulée dans les greniers, caves et magasins des réceptions?

Au XIXe siècle, la loi du 30 déc. 1872, obligera tous les ciriers à prendre une licence délivrée au bureau de la Régie, coutant 25fr.. La présentation des cierges dans leur emballage ne devra pas dépasser un kilogramme et devront apposer sur chaque paquet d'un kg une vignette de 30 centimes qui pourront être fractionnés suivant chaque division du kilog.
Pour éviter les fraudes, on enjoint au ciriers de ne délivrer aucune marchandise sans se munir d'un laisser-passer dont le talon reste à la souche qui justifie la quantité de marchandise délivrée et du nombre de laisser-passer.
Ainsi pour délivrer un cierge de 250 g. il faut un timbre de 7 cent.½, et un laisser-passer de 10 cent.

Source de lumière

Dans l'antiquité, le premier usage que l'on put faire de la cire fut de rendre plus lumineuses les maisons, du moins, chez les riches propriétaires, par des cierges faits de cire et dont une moelle de jonc faisait office de mèche. Plus tard vinrent les lampes à huile. Malgré tout il resta le préféré des candélabres lors des festins.
Pline rapporte que l'on faisait des torches en trempant des papyrus ou des fibres entortillés dans de la cire liquide.
Au temps des persécutions, ils éclairaient les catacombes où se réfugiaient les premiers chrétiens.
Au début du IVe siècle, ils furent employés pour l'éclairage public.

La plus grande consommation de cire furent sans doute dans les églises, couvents, évêchés, etc... et dans les demeures nobiliaires, châteaux, manoirs, résidences lors des réceptions, fêtes et célébrations.
Dans les grandes manifestations royales, la quantité de cierges nécessaire à l'événement mobilisait de nombreux ciriers.

Au sacre de Charles IV en 1322 à Reims, un cirier venu de Troyes, Jean, vint dans cette ville avec treize "valets" pour travailler la cire.
En décembre 1364, le receceur de Clarmont-en-Argonne, Jean de Revigny remet pour le service de l'hôtel de Bar, 180 livres de cire et du 1er janvier à Pâques, son approvisionnement s'élèvent à 316 autres livres.
Chez les comtes et ducs de Bar, les "chamberlains" ou les ciriers attitrés convertissaient en torches et bougies la cire des redevances. Sous le règne de Yolande de Flandre, la recette était versée à deux de ses valets qui avaient autorité à en donner quittance.
En 1487, les appartements du roi René II et de Philippe de Gueldre nécessitent 277 livres de cire pour les premiers mois de cette année. Durant leur séjour à Lunéville, ce ne seront pas moins que 78 livres de cire qui seront consommées en mai 1526.
En 1499, les comptes de la cellèrie de Bar nous révèlent que le cirier préparait des "mortiers à allumer la nuit" dans la chambre des princes.
En 1541, la maison ducale en consommera 460 livres, en 1584, 200 livres et en 1603, 309 livres.

Usages funéraires et religieux

En Egypte, la cire entrait dans la composition d'onguents dont on recouvrait les statues des dieux.
Le trésor royal de Ramsès III consacrait tous les ans 3100 debens de cire pour les sacrifices.
Chez certains peuples, elle était utilisée pour embaumer les cadavres. Un roi scythe mort était embaumé sommairement avant d'être promené sur un char parmi les provinces jusqu'à un site nommé Gerrhes où se trouvaient les sépultures royales.
Les Perses enduisaient les morts de cire avant de les enterrer.

La cire et les morts

Chez nous, autour des catafalques ou des morts, les cierges pouvaient peser jusqu'à 15 ou 20 kg; ils étaient unis, cannelés, en spirale, colorés en rouge ou vert, ornés de spirales dorées ou de papiers de couleur.
Le cierge funéraire, de forme décorative, était allumé sur le cercueil ou porté en le suivant et mis sur la tombe après l'inhumation. Il pouvait être en forme de croix, ornés de motifs funéraires ou des armoiries du défunt, orné d'un ruban noir ou peint.

C'est aussi les baptêmes, noces, funérailles et célébrations qui demanderont une grande quantité de cire et les réserves de chaque comptable étaient mises à contribution.

Au décès de René II, la seule gruerie d'Amance fournit 171 livres de cire, à celui de Renée de Bourbon, 222 livres expédiées par le cellerier de Bar et pour celui du duc, 212 livres.

Outre les redevances en cire, l'église en favorisa les dons et il devint courant de livrer quelques pains de cire ou davantage lors de vœux réalisés.

Dans les Pyrénées

En Bigorre, selon les communes, une coutume voulait que chaque maison confectionne un trassin, destiné au cas où un décès surviendrait au sein de la famille. Celui-ci était fait de cire vierge donnée ou échangée contre du blé selon les lieux. Cette cire était bénie, généralement lors de la Chandeleur. En d'autres lieux, le trassin était acheté sur le marché; il faisait partie du trousseau de la jeune fille.
"Quand il y avait un défunt, on posait le trassin sur la table de nuit et quelquefois on l'allumait avant le décès pour que sa lumière aide à supporter les souffrances et pour demander à Dieu de prendre le défunt. [...] A l'église, une femme de la famille en deuil mettait le trassin devant l'alignadet et les voisins allumaient le leur pendant la neuvaine... Après seule la famille du perdant l'allumait: ma grand-mère l'a fait pour mon oncle tous les dimanches pendant un an... Après la messe du bout de l'an, on ne le faisait plus....
Toutes les femmes suivaient la messe à genoux, couvertes de la cape de deuil. Les femmes de la famille du perdant surveillaient le trassin pendant la messe. C'est qu'il fallait faire attention... ça brûle vite... souvent il fallait le redresser. C'était un travail, oui... Mais c'était joli toutes ces lumières."

Dans d'autres communes, lors de la veillée funèbre, deux voisines façonnent des luminaires d'une longueur égale au cercueil qui seront posés dans l'église et brûleront durant toute la cérémonie puis, lors de la messe du bout de l'an.

Dans les traditions

Dans les ruchers des Hautes Vosges, des petites croix de cire bénites disposées sur les ruches à la Purification devaient éloigner la foudre, apportées le vendredi saint, rendre les ouvrières actives.
La bougie de cire servaient dans les traditions à mesurer le temps; ainsi les veillées se terminaient lorsque la chandelle avait fini de se consumer. On retrouve cet usage dans les ventes aux enchères dites "à la chandelle".

Usages artistiques

Coloration de la cire
Pour colorer la cire, on broie très finement les couleurs que l'on ajoute à de l'essence de citron ou de lavande pour en former une pâte. D'autre part, la cire à employer doit être blanche sans additif sauf si l'on veut imiter des feuilles où l'on peut ajouter deux parties de blanc de baleine à huit de cire, ce qui rend la cire plus rigide et plus translucide.
On mélange la cire fondue et la couleur en remuant vivement jusqu'à ce que la cire va se figer. On verse alors dans un moule en verre ou en faïence.
Blanc- blanc de plomb ou de baleine et on laisse sur le feu pour évaporer l'essence de citron.
Rouge- vermillon de Chine, le rose vif avec du carmin fin, le rose violacé avec de la laque carminée.
Bleu- indigo, le bleu vif avec du bleu de Prusse, le bleu du ciel avec des cendres bleues.
Jaune- le jaune orangé avec du chromate de plomb, le jaune citron avec le jaune de chrome, le jaune paille avec un peu de blanc de plomb et de jaune de chrome.
Vert- le vert jaunâtre avec du jaune de chrome et du bleu de Prusse, le vert plus foncé avec du jaune de chrome et un peu de bleu de Prusse, le vert d'eau avec du vert-de-gris cristallisé, le vert pomme avec le vert de Schele et de l'arséniate de cuivre.
Violet- avec du carmin et du bleu de Prusse, le violet lilas avec le carmin, le bleu de Prusse et le blanc. • Couleurs ttransparentes- on peut faire deux couleurs: l'une rouge, en faisant infuser à chaud de l'orcanette dans la cire; l'autre, jaune, avec la racine de curcuma en poudre.

L'Antiquité

Cest dans la décoration des palais et de quelques riches maisons romaines que la cire était grandement employée.
On utilisait une peinture à la cire avec des pigments de couleur; on en attribuait l'invention à Praxitèle bien que Pline nous indique qu'elle existait antérieurement. Les procédés ne nous sont pas parvenus. Cette peinture à l'encaustique servait également à peindre les vaisseaux- lireUn vaisseau décoré au dehors à l'aide de couleurs au feu reçoit la mère des dieux dans ses flancs profonds. Ovide- Fastes
Le vent, le soleil, l'eau n'avaient aucune action sur cet enduit. Pline

Comme les nobles d'aujourd'hui qui parent leurs demeures des portraits de leurs ancêtres, les riches Patriciens d'Athènes et de Rome en faisaient de même en alignant les bustes en cire de leurs prédécesseurs.
On en doit l'invention à Lysistrate de Sicyone qui vivait sous le règne d'Alexandre le Grand dont le procédé consistait à mouler en plâtre le visage du défunt puis coulait de la cire dans celui-ci.
Ces bustes étaient placés soit dans l'atrium où étaient également les dieux domestiques, ou dans le tablinum, salon de réception dans les maisons des grandes familles. Lorsque le maitre venait à décéder, ces images étaient solennellement portées dans le convoi funèbre et jamais un mort, ne manquait d'être accompagné de toutes les générations qui l'avaient précédé.
L'historien Polybe décrit cette procession- lireLe corps était précédé des images de cire des ancêtres,
rangés dans un long ordre chronologique, vêtues d'habits de consuls,
de préteurs, de duumvirs, de décurions, comme si la race tout entière
était revenue au monde pour conduire à sa dernière demeure
le descendant qui venait la rejoindre aux Champs-Elysées
d'après Mgr Chevalier- Herculanum et Pompéi- citant Polybe.

En cire, on faisait la statue des dieux lares, des poupées pour les enfants. Dioscoride décrit le procédé par lequel on fabriquait des fleurs artificielles en cire; on en mettait dans les jardins aux fêtes d'Adonis.

On confectionnait de faux fruits en cire dont l'imitation pouvait tromper l'œil non averti. Ainsi Lampridius raconte que l'empereur Elagabal s'amusait à mystifier ses convives en leur servant un repas où tous les mets étaient en cire parfaitement imités alors que lui-même les mangeait en nature. Un grand verre d'eau pure complétait ce festin et aidait à la digestion de ce repas!

Ensuite

La ciroplastique

photoC'est l'art de représenter objets, végétaux ou animaux au moyen de la cire. Il se pratiquait à Florence au XIVe siècle On faisait à cette époque des figures votives pour les églises. Les artistes Giorgio Vasari et Giovanni Balducci nous disent comment plusieurs artistes, y compris Benvenuto Cellini, se sont illustrés dans cet art. Le musée de physique et d'histoire naturelle de Florence est riche de préparations anatomiques et en belles plantes en cire. Lodovico Cardi est le premier qui se soit occupé de ciroplastique; il ébaucha un modèle de tous les muscles humains. Il fut suivi par Gaetano Zummo que la renommée de ses petits théatres qu'il avait modelés en prenant pour thème la décomposition des corps qui fit l'admiration de Côme III et du marquis de Sade. Son travail fut suivi par Giusseppe Ferrini et Clemente Susini au Cabinet d'histoire naturelle dirigé par Felice Fontana et encouragé par Léopld II. En France, ce fut le chirurgien Pinson qui fut le principal artisan du Cabinet de cires anatomiques de Port-Royal commandé par le fils du régent, le duc d'Orléans.

 

Les modeleurs de la Renaissance excelleront dans la fabrication de statues de saints et des ex-votos. A cette même époque on pratiqua les moulages dit à cire perdue.
Un grand nombre de sujets anatomiques figurant dans les écoles de médecine et dans les musées étaient en cire. La représentation des champignons dont la conservation est presque impossible était faite avec cette matière.

En avril 1685, les Augustins déchaussés de Paris sollicitent, en faveur du nommé Charles Thadée, le droit exclusif de représenter des figurines de cire, les "Merveilles du monde", qui sera, dit la requête, une idée générale et historique de ce qui s'est fait de plus remarquable, de siècle en siècle, depuis la création du monde jusqu'à présent...
En 1699, la princesse palatine Charlotte-Elisabeth de Bavière écrivait à la rhingrave Louise: "Je doute fort que jamais je verrai de mes yeux mon petit-fils, mais ma fille va me l'envoyer moulé en cire"
En 1706, Antoine Benoist fit le portrait de Louis XIV
actuellement il orne la chambre
du roi au château de Versailles.
en cire qui fit le tour du royaume et dont le succès apporta à l'auteur de nombreuses commandes.
La mode de la cire habillée devient à la mode au XVIIIe siècle et les ateliers de Nancy, Nevers et Angers s'en font une spécialité tandis que les moniales confectionnent des personnages de la crèche et des enfants Jésus que les colporteurs offraient dans des boîtes où figuraient des scènes religieuses.
C'est l'époque où sont présentés comme curiosités, des scènes où figurent des hommes faisant l'actualité, hommes célèbres ou criminels. Ainsi Curt dit Curtius expose le portrait de Madame du Barry. Il réalisera également les portraits de Necker et de Louis Philippe d'Orléans. Puis seront mis en scène Voltaire, J.-J. Rousseau et B. Franklin, œuvres de Marie Grosholtz. Il ouvre un second cabinet sous le nom de "la Caverne des Grands Voleurs", prélude de la Chambre des horreurs.
Sous la révolution, Marie Tussaudphoto réalisera plusieurs masques mortuaires dont celui de Marie Antoinette, Louis XVI, Marat et Robespierre puis en 1802 partira pour Londres où en 1835, elle ouvrira un musée de cire.
En 1882 à Paris, est fondé le musée Grévin.

Chez les peintres, décorateurs, artistes..

On employa la cire dans la fabrication de crayons à dessiner ou écrire sur le verre, de papier dioptrique pour recevoir l'empreinte d'un papier imprimé et dans des procédés de gravure. Elle entrait dans les ateliers de reliure, de tournage, de galvanoplatie, les travaux de papeterie.
Les photographes faisaient entrer la cire dans la photographie au charbon, celle en miniature, pour les impressions photographiques sur le marbre et pour le satinage des épreuves montées sur bristol.
Les artistes qui peignaient à l'encaustique remplaçaient l'huile de lin siccative par une solution de cire et de térébenthine pour délayer leurs couleurs.
Les décorateurs employaient une cire verte donnée par du vert-de-gris pour fixer sur les tables, entre les pièces du dessert, des figures en biscuit ou tout autre ornement.
Cette même cire servait aux jardiniers pour panser les plaies de la taille des arbres, pour les protéger.
Pour prendre l'empreinte des pierres taillées, les graveurs sur pierres précieuses mélangeaient à chaud de la cire vierge avec du sucre candi réduit en poudre très fine puis ajoutaient du noir de fumée bien dégraissé et quelques gouttes de térébenthine de Venise.
Après la dorure, les doreurs faisaient chauffer leurs pièces et les frottaient avec une cire composée de cire vierge, de vert-de-gris, d'airain brulé, de craie rouge et d'alun. Ensuite ils les chauffaient fortement et les trempaient promptement dans de l'eau bouillante additionnée de tartre; la cire se détachait laissant apparaître une belle couleur foncée à l'or déposé sur les bronzes.
La cire la plus appréciée pour cet usage était la cire de Nuremberg qui était composé de cire vierge, de craie rouge, de sulfate de zinc, de battitures de bronze, de vert-de-gris et de borax.

Usages magiques

Partout et dans toutes les civilisations, elle servait à la fabrication de figurines magiques nécessaires au sorcier pour ses envoûtements. Ces statuettes de cire servaient également pour tenter d'amener les faveurs d'une personne, se rendre propice à un personnage ou ramener à soi par enchantement un amant volage. Ainsi dans ses déboires amoureux, Ovide se croit victime d'une sorcière: Lire
Virgile décrit dans une de ses églogues une telle scène de magie: Lire (à partir de la ligne 60)
De l'Antiquité au XIXe siècle, les sorciers du Berry, de Bretagne et d'ailleurs ont usé de ces méthodes et plusieurs procès nous rappellent ces pratiques et les croyances qui les accompagnaient.
La céromancie, pratique divinatoire consistait à verser goutte à goutte dans de l'eau, de la cire liquide. D'après la forme que prenait la goutte de cire en se figeant, le devin en tirait des présages.

Dans son "Histoire de l'Eglise", Rufin racontent: Les Chaldéens transportaient le feu qui était leur dieu, dans toutes les provinces, et proposaient de le faire combattre contre celui des autres peuples, à condition que s'il restait vainqueur, on l'adorerait. Un prêtre de la ville de Canabe accepta le défi et imagina une ruse. On fabrique en Egypte des cruches poreuses dont l'eau passant à travers, filtre et se purifie. Il en prit une et boucha les pores avec de la cire puis la peignit, la remplit d'eau et en fit son dieu. Il l'avait surmontée d'une tête d'une ancienne statue que l'on disait être celle du pilote de Ménélas. Les Chaldéens se présentent et le combat commence. Ils allument du feu autour du vase, la cire fond, l'eau coule et éteint le feu. La fraude du prêtre donna la victoire à Canabe sur la divinité des Chaldéens.

Support d'écriture

Pour un usage quotidien, des tablettes de bois sont recouvertes de cire sur lesquelles sont gravés chiffres et lettres à l'aide d'un stylet dont le coté opposé est aplati pour servir de "gomme". Certaines sont reliées pour former une sorte de carnet. Le rebord qui entoure les deux tablettes les empêche de se coller l'une à l'autre. Elles servaient pour correspondre et le même appareil lissé avec le méplat du stylet rapportait la réponse. Ovide en fit usage et rapporte son expérience: Lire
Elles sont réutilisables en faisant fondre la cire. Son usage sera courant durant tout le Moyen-Age et persistera jusqu'au XIXe siècle.

Usages thérapeutiques

Dans tous les pays du bassin méditérannéen, la cire et le miel entraient dans la composition de nombreux médicaments, mais aussi dans des produits comestiques.

En Egypte, la cire entrait dans les médicaments ayant pour but de soigner les diarrhée, des maladies des yeux, des plaies, des brûlures, l'extraction d'épines, tumeurs et enflures. Elle entrait également dans la composition d'emplâtres.

En Grèce et à Rome, les apothicaires disaient la cire émolliente, incarnante et guérissait de la dysentrie, des indigestions de lait. Ils en faisaient des emplâtres résolutifs et s'en servaient comme matière d'enrobage de principes medicamenteux.

Du Moyen-Age au XXe siècle, la cire d'abeille entra dans des compositions de pommades, de baumes et d'onguents appelés "cérats" destinés aux soins des blessures et des maladies de la peau. Elle entrait également dans la composition de bougies médicales, de papiers médicamenteux et suppositoires

Les vétérinaires firent entrer la cire dans le traitement des maladies animales sous la forme d'onguents, cérats, emplâtres et pommades.

Usages ménagers

Dans l'antiquité, la cire servait à cacheter les jarres contenant divers produits, miel, huile, hydromel...

Elle entre ou entrait dans de multiples recettes de cirages, pâtes et crèmes destinées à faire briller les cuirs ou imperméabiliser les chaussures, les harnais.
Associée à la thérébenthine, elle sert à faire de l'encautique pour faire briller meubles et parquets.
Elle peut servir aux décors comme enduit des murs de pièces d'habitation.
Elle était employé pour la conservation de fruits, l'entretien des toiles cirées et des métaux, les produits d'hygiène.

Autres usages

Dans l'Egypte ancienne, la cire entrait dans la construction des sarcophages et une expérience récente de construction d'un navire égyptien du règne d'Hatchepsout pour sa navigation en Mer Rouge a permis de conclure qu'elle était utilisée pour le colmatage des coques de bateaux.photo

Dans les cartouches des armes de guerre, la cire associée à du saindoux augmentaient la force d'impulsion de la poudre.
Servait à tremper les métaux.
Les tapissiers, pour rendre les toiles des oreillers et matelas imperméables aux plumes, les fabricants de musettes, les peaux imperméables à l'air, enduisaient leur face intérieure d'une cire composée de cire jaune, de térébenthine et de poix de Bourgogne.

photoDans les services de l'Etat, les chancellerie on appliquait des sceaux de cire sur les titres. Elle était de couleur jaune, rouge ou verte; la première était de la cire naturelle, la dernière de la cire blanche à laquelle on ajoutait du vert-de-gris.
La cire à sceller ou cire du commissaire était composée de cire blanche, de térébenthine de Venise et de vermillon broyé très fin.

Le travail de la cire

La fonte et le blanchissage

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La fabrication des bougies

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Sources

- Edmond ALPHANDERY- Traité complet d'apiculture.photo
- Edmond ALPHANDERY- Encyclopédie apicole.photo
- Les cahiers d'Apistoria n°4- Apistoria photo
- Jean-Claude BELFIORE- Grand dictionnaire de la mythologie.photo
- Raymond BILLIARD- Notes sur l'abeille et l'apiculture dans l'Antiquité.photo
- Pierre BOYE- Les abeilles, la cire et le miel en Lorraine.photo
- Rémy CHAUVIN- Traité de biologie de l'abeille. T.5photo
- Joseph Jérôme Le Français de Lalande - Voyage d'un François en Italie fait dans les années 1765 & 1766.
- Henri HAMET- L'apiculteurphoto
- HOMERE- L'Odyssée. Le livre de poche
- Jean-René MESTRE & Gaby ROUSSEL- Ruches et abeilles.photo
- La Hulotte- le journal le plus lu dans les terriers.
- Louis-Sébastien Le NORMAND- Manuel du chandelier, du cirier et du fabricant de cire a cacheter.
- Gaston POUILLOT- Apiculture en Loiretphoto.
les sites
• Revue Terrain - Marlène ALBERT-LLORCA- Les servantes du Seigneur.
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