L'abeille dans les traditions

 

La simplicité et la vérité sont les lois fondamentales de l'ordre du monde.
J. Mehring.

L'abeille

La biologie de l'abeille est suffisamment développée dans les ouvrages qui lui sont consacrés qu'il est inutile ici, de le faire davantage.

La colonie

photoL'abeille ne peut se propager et seul le trio reine-faux-bourdon-ouvrières est capable de pérenniser l'espèce.
C'est donc cette communauté d'abeilles qu'il est nécessaire de considérer. On peut dire que deux interprétations des phénomènes s'affrontent aujourd'hui.
La première qui considère que la reine est l'âme de la ruche et qu'elle occupe le centre de commandement par la secrétion de phéromones alors que la seconde considère qu'elle n'est que l'organe générateur de nouvelles abeilles au sein du super organisme qu'est l'essaim. L'équilibre de la ruchée étant acquis que par la réaction naturelle des abeilles face aux nécessités de la colonie.

Les différentes abeilles de la colonie

La reine

La reine assure la fonction de reproduction et de régularisation des différentes fonctions des abeilles si l'on en croit nos têtes savantes.
Dans le super-organisme, elle n'est que l'organe reproducteur du corps de la colonie et par les phéromones qu'elle secrète, l'organe neutralisateur des fonctions sexuelles des ouvrières.

Les faux-bourdons

C'est l'élément mâle de la ruche qui féconde la jeune reine. Ils contribuent également à maintenir le couvain à bonne température aux heures les plus fraîches, libérant ainsi les butineuses et méritent ainsi leur ration de nourriture. Longtemps, ils furent considérés comme les bouches inutiles de la colonie et différents procédés furent mis au point pour les éliminer. Ces procédés ajoutés à la destruction systématique du couvain de mâles pour lutter contre les varroas auraient poser dans l'avenir de sérieux problèmes.
L'hiver approchant, ils sont éliminés.

Sylviac avait remarqué que les ruches où il y avait beaucoup de bourdons étaient toujours très actives et que, mêlés aux ouvrières, ils contribuent comme elles à l'élevage du couvain.
L'apiculteur russe, M. de Zoubareff, auteur d'un traité sur les abeilles, loin de faire la guerre aux bourdons, les considère comme un élément de prospérité pour la colonie et un stimulant de leur activité.
Et Sylviac, concernant ses observations, confirme l'exactitude de cette constatation.
Il nous compte l'expérience suivante qui tend à vérifier l'utilité de la présence des bourdons dans la ruche pendant la miellée:
"Un mouchier voulant extraire d'une ruche vulgaire des rayons operculés, a imaginé d'en chasser, par tapotement, la colonie qui avait essaimé quatre jours auparavant. Les couveuses sont parties assez promptement, mais les bourdons, collés en nappe serrée entre les gâteaux, où il y avait du couvain, n'ont pas bougé. Il était impossible de s'en débarasser. Ils font donc aussi preuve de sollicitude pour le couvain qu'ils réchauffent pendant que la majorité des ouvrières s'occupe de la récolte, et contribuent au travail général."

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Les ouvrières

Ce sont les "jambes et les bras" de la ruche.
C'est à elles que reviennent tous les travaux de la ruche. Bien qu'elles aient un cycle de développement où elles assurent différentes fonctions, elles pourront devenues adultes, revenir à des rôles que la ruchée exige; ainsi les jeunes abeilles dont l'activité cirière est maximale du 12 au 18e jour de leur vie peuvent le redevenir adultes lorsqu'il sera nécessaire de construire des cires. Il en sera de même pour les différentes activités de la ruche.

photo• La reine ne pond que dans des cellules neuves ou préalablement nettoyées. Cette préparation peut prendre jusquà 40 minutes et consiste à enlever les débris pouvant encombrer la cellule puis à en lécher et polir les parois et le fond. Les jeunes abeilles nettoient généralement la zone où elles sont nées, ce qui synchronise la ponte et l'entretien du couvain par les nourrices.

Plus agées, sont les nettoyeuses qui débarassent la ruche de tous les débris d'opercules de cire, mues de nymphes, cadavres, etc...

photo• Dès les premiers jours de sa naissance, la jeune abeille se nourrit intensément de pollen, ce qui lui permet de fabriquer la nourriture larvaire qu'elle disposera environ 6 jours après sa naissance. Sur la base de signaux chimiques et mécaniques, les nourrices apprécient l'age et la caste des larves pour les alimenter selon cette sélection et en utilisant des proportions différentes de leurs secrétions ainsi que du pollen et du miel ingéré.

Certaines abeilles semblent se spécialiser dans l'alimentation des larves de reines mais toutes s'occupent des larves à différents stades de leur développement.

Une larve peut être inspectée jusquà 7 000 fois pour un maximum de 1 100 repas. Une abeille peut satisfaire les besoins alimentaires de trois larves.

photo• La cirière est agée en moyenne de 15 jours et produit de la cire sous la forme de petites écailles auxquelles l'abeille ajoute de la salive et qu'elle malaxe avec ses mandibules.

Pour construire un rayon, lorsque l'espace le permet, les cirières s'aggrippent les unes aux autres pour former une chaîne dans laquelle la température atteint les 35°. Activées par les phéromones de la reine elles établissent des cellules d'ouvrières du haut vers le bas. La cellule occupée par un œuf sera operculé en général par une abeille plus jeune.

photo• Lorsque la butineuse revient à la ruche, elle cherche à se débarasser de son fardeau pour repartir butiner. Pour ceci, une abeille receveuse aspire avec sa langue le nectar régurgité par la butineuse entre ses mandibules et ceci plusieurs fois jusquà ce que le jabot de la butineuse soit vidé; ce procédé est nommé trophallaxie. Dans la zone périphérique du couvain, l'abeille receveuse régurgite le nectar et l'ingurgite de nouveau et ce plusieurs fois afin de déshydrater le nectar jusquà ce qu'il contienne une proportion d'eau inférieure à 18%. C'est durant cette phase que l'abeille ajoute des enzymes qui transformeront le nectar en miel. Le miel restera plusieurs jours dans la cellule jusqu'à ce qu'il soit suffisamment déshydraté où celle-ci sera alors operculée.

photo• La ventilation est assurée par les abeilles de tous âges bien que l'âge moyen se situe vers les 18 jours. Elle a pour but de créer un courant d'air et gérer le climat interne de la ruche, c'est à dire l'hygrométrie, le taux de CO2 et la température afin de favoriser l'évaporation de l'eau excédentaire contenu dans le miel.

• La défense contre les prédateurs ou les pillards est assurée par les gardiennes et les soldates. Les premières sont agées de 12 à 25 jours et leur fonction assure la transition entre leurs travaux d'intérieur et leur futur travail de butineuse. Elles sont en nombre limité, se placent à l'entrée et observent les éventuels ennemis. Afin d'éviter le pillage, elles vérifient en photopermanence les abeilles qui entrent dans la ruche grace à l'odeur que chaque colonie possède: une sorte de code-barre "colonial". Si le danger se précise, elles adoptent une position qui les rendent "prêtes à mordre" et si besoin est libèrent des phéromones d'alarme qui alerteront les soldats restés à l'intérieur.

Les réponses varient selon les facteurs climatiques et environnementaux, le type d'abeille et l'exploitation du type de ruche.

A noter que l'abeille ne sait pas comment lutter contre le frelon asiatique mais, si l'on suit la pensée de Jean Hurpin, l'abeille devrait par son intelligence et ses initiatives, parvenir à y faire face.

photo• Avant de devenir butineuse, la jeune abeille effectue des vols d'orientation pendant lesquels elle va mémoriser son environnement. La distance parcourue en vol déterminera sa longévité qui en période de miellée sera de 4 à 5 jours. Elle aspire le nectar par pompage ou capillarité avec son jabot, revient à la ruche et transfère son butin à une abeille manutentionnaire. Une butineuse effectue en moyenne une dizaine de voyages par jour mais peut en faire une centaine si les sources de nectar sont proches. Une colonie peut en récolter jusqu'à 5 kg par jour.

La butineuse peut également récolter du pollen; soit elle est polyvalente pour chacune des récoltes, soit elle spécialisée dans chacune d'elle. Ce sont les phéromones du couvain qui activent cette activité.

Des observations révèlent des activités qui semblent avoir échappées aux observateurs et une interprétation dans laquelle interviennent les lois de l'évolution et de la vie donnent une organisation différente en accord avec la notion de surper organisme absent dans les études présentées jusqu'à ce jour. Ceci est développé dans la page suivante. Lire
Il faut admettre que la reine, centre de commandement et instigatrice du fonctionnement si complexe d'une colonie aurait dû être secondée par un véritable ordinateur...

 

Une abeille seule est incapable de survivre seule bien qu'elle ait à sa disposition la nourriture qui le lui permettrait;
c'est seul, le super-organisme auquel elle appartient qui lui donnera cette faculté de vivre.
Il est l'élément prépondérant du monde des abeilles.

 

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Piqûres d'abeilles

Pour la plupart d'entre nous, une piqûre d'abeille n'est point mortelle mais des personnes qui y sont allergiques peuvent en mourir. Pour ces personnes un traitement aux corticoïdes peut-être nécessaire dans l'immédiat, une désensibilisation pour se garantir dans le futur.
Ainsi il est rapporté qu'un fermier de 50 ans environ fut piqué par une abeille sur le coté du cou. Il arracha l'aiguillon mais deux heures après il éprouva du malaise et eut des nausées suivies de vomissements. Malgré les soins qui lui fut prodigué, il mourut six jours après l'accident.
En Hongrie, un pasteur fut piqué au cou. On enleva l'aiguillon mais moins d'un quart d'heure après avoir été piqué, le pasteur tomba mort.
Ceci se passait à une époque où l'on ne connaissait pas la cortisone.
Malgré tout, chaque année des personnes meurent suite à des piqûres d'abeilles!

 

En octobre 1858, un apiculteur, M. Simon, pour prouver que les abeilles n'étaient pas dangereuses, se rendra, après un voyage de 35 lieues en chemin de fer, à l'assemblée de la Société d'apiculture à Paris, avec sous son chapeau une colonie d'abeilles. Le lendemain de la séance, il alla en compagnie de H. Hamet au ministère de l'Agriculture où ils rencontrèrent son directeur qui ne fut pas convaincu de l'innocuité des abeilles. Puis il se rendra au jardin du Luxembourg pour les y extraire et les marier à une des colonies du rucher de ce jardin.

Sources

- Remy CHAUVIN- Traité de biologie de l'abeillephoto
- Henri HAMET- L'apiculteurphoto
- Jean HURPIN- La cité merveilleuse- 1935-photo
- COLLECTIF- Traité Rustica de l'apiculturephoto
- Eric TOURNERET- Les images de cette page sont tirées d'après ses magnifiques photographies consacrées à l'abeille.
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