L'abeille dans les traditions

 

L'apiculture est avant tout un acte d'échange : l'apiculteur met à la disposition de l'essaim une ruche [...] et en échange, le propriétaire prélève le surplus de récolte que l'apport du logement fonctionnel a permis de produire.
Alain Charlier, apiculteur.
Beaucoup de gens aiment les abeilles; je n'ai vu personne qui les aimât médiocrement: on se passionne pour elles!
Jacques de Gelieu

L'apiculture traditionnelle

Généralités

photoLe prélèvement, dans la nature, des produits confectionnés par les abeilles (miel, cire, pollen, gelée royale, propolis) est pratiqué par toutes les civilisations à travers le monde. Mais, la récolte de ces produits entraîne la destruction de l’habitat des abeilles et de l’essaim.
Le matériau paille est sain et isolant, il respire et protège la colonie de la chaleur en été. Elle supporte l'humidité. photoDepuis l’antiquité égyptienne puis grecque, se développe l’apiculture qui consiste à inciter les essaims à s’installer dans des abris confectionnés par l’homme. Ces abris, les ruches, ont des formes très variées, verticales ou longitudinales et confectionnées dans des matériaux divers, troncs d’arbre, vanneries, céramique… L’apiculteur joue de multiples ruses pour persuader ou plutôt capturer l’essaim et l’installer dans la ruche. L’abeille est elle-même colonisatrice et elle s’est adaptée par exemple au climat rigoureux de l’Europe du nord.
La récolte dui miel se fait généralement par étouffage qui éliminent abeilles mais aussi les parasites dont elles pourraient être porteuses. La récolte des essaims est aussi importante que celle du miel.

La pratique

Dans la forme la plus primitive, la récolte du miel et de la cire se faisait soit au printemps, soit en été après avoir récolté les essaims, par la destruction de la colonie par combustion d'une mèche de soufre dont le SO2 asphyxiait les abeilles ou par immersion dans l'eau, ce qui les noyait.

La taille

photoLes anciens apiculteurs taillaient à la floraison du saule marsault; ils enlevaient la moitié et même les trois cinquièmes de la bâtisse et ne craignaient point d'entailler les œufs et les larves. Ils justifiaient cette pratique en disant que les abeilles devenaient plus travailleuses, qu'elles essaimaient plus tôt et qu'elles produisaient davantage. Vichol Jacob, le premier photoAllemand qui écrivit en 1601 sur les abeilles, après l'invention de l'imprimerie, sans s'opposer à cette pratique, la condamna vigoureusement lorsque trop forte et trop précoce.

Le transvasement

Le transvasement était l'une des manipulations majeures de l'apiculture traditionnelle; il pouvait se faire pour la récolte du miel, pour faire des essaims artificiels, pour réunir deux colonies.
Pour la récolte onn la transvasait par tapotement dans une ruche vide, on récoltait le miel puis on remettait les abeilles dans leur ruche d'origine que l'on remettait en place.
Pour éviter les piqûres et faciliter cette manœuvre, M. Annier imagina un transvaseur.

La récolte avec hausses

gravure gravure c1795 gravure gravure Après l'invention de la hausse par J. de Gélieu ou Palteau de Formanoir, l'étouffage est largement condamné par les promoteurs d'une apiculture plus respectueuse de l'abeille car elle permet la récolte du miel en conservant la colonie.

 

Quelques curiosités...

Un jésuite, le R.P. J.-M. Babaz propose dans "La cave des Apiculteurs" de réunir dans un lieu retiré quelques ruches et d'amorcer la récolte des abeilles à l'aide de bocaux emplis de sirop de sucre aromatisé à la vanille, citron, fleur d'oranger, etc... et ainsi de recueillir un miel parfumé à ces mêmes arômes.... suite

Aujourd'hui, on met du sirop de sucre aromatisé à la betterave dans des nourrisseurs, ce qui est beaucoup plus facile...!

Il était conseillé aux utilisateurs du mello-extracteur de récolter le miel non operculé qui pouvait être conservé en flacons bouchés ou en le réduisant en le chauffant. Ce qui rend prudent H. Hamet de la revue "L'apiculteur" lorsque le poids de la récolte est annoncé par un mobiliste.

... et quelques faits.

Dans le hameau de Persenge en novembre 1869, des voleurs produisirent un incendie en étouffant des ruches à l'aide d'une mèche soufrée pour en subtiliser les produits. Le vent étant fort, les 45 ruches brulèrent.

Dans la littérature apicole, l'apiculteur fixiste sans étouffage donne la priorité à l'abeille; dans ces ouvrages, malgré les vues erronées de leurs auteurs vis à vis de la biologie de l'abeille, ils en restent proches et essaient de créer une ruche conforme à cette dernière; la période qui suivra donnera la priorité aux facilités d'exploitation, de manipulations et d'extraction.

Sources

- A. de FRARIERE- Les abeilles et l'apiculturephoto
- Henri HAMET- Cours pratique d'apiculturephoto
- Henri HAMET- Journal des cultivateurs d'abeillesphoto
- A. MARTIN- Manuel complet du propriétaire d'abeillesphoto
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