L'abeille dans les traditions

 

L'apiculteur "moderne" manipule des cadres qui sont à chaque fois une opération chirurgicale au sein de la colonie;
Les barrettes de la ruche Warré sectionnent le super-organisme;
L'apiculteur "sauvage" accompagne le super-organisme dans son développement.
 
Or en dépit de son statut juridique d'animal domestique, les faits montrent qu'il y a parfois intérêt pour l'homme à entretenir l'abeille à l'état sauvage.
Gilles Tétart - Le sang des fleurs

L'apiculture sauvage

Génèse de l'apiculture sauvage

L'apiculture telle que je la conçois permet à l'abeille de vivre telle sa condition et pour l'apiculteur, sans aucun soucis de rapport autre que le bien-être de ses protégées, le miel lui revenant étant seul celui que les abeilles n'auront pas consommé.
Il a été souvent constaté que les essaims sauvages échappaient aux épidémies qui ravageaient les ruchers et c'est redonner à l'abeille ce type de vie que l'apiculture sauvage s'attache.
Elle reprend les grands principes philosophiques et éthiques de l'apiculture écologique et ajoute un élément à l'écologie de l'abeille: ne faire entrer dans la ruche aucun système de barrette ou de cadre, laisser à l'abeille construire et vivre comme elle le ferait dans un environnement naturel.

Car il faut remarquer que dès que l'apiculteur intervient dans la ruche par l'apport de quelque élément étranger, il le fait pour améliorer l'exploitation de la ruche mais amène invariablement une gêne pour la colonie, la reine ou autre inconvénient, voire une source supplémentaire d'affaiblissement ou de mortalité, ce que ne disent pas les promoteurs de tout système, y compris l'abbé Warré dont la ruche à barrettes voit le couvain coupé en deux et dont celles-ci peuvent être la cause de la mort de la colonie lors de l'hibernage.

Lorsque nous observons un essaim dans la nature, celui-ci recherche un habitat assurant la sécurité à la colonie, conforme à ses besoins et ne peut trouver qu'un logement vide ou déserté, ayant plus ou moins des formes arrondies, creux d'un arbre, dans une vieille souche, et ce n'est que dans nos constructions qu'il ne peut se réfugier dans des formes angulaires.
Que peut faire l'apiculteur pour améliorer cet habitat?
La seule amélioration que celui-ci peut lui apporter est d'augmenter sa forme ronde, parfaire son assainissement par une régulation adéquate et l'installer dans un lieu tranquille et protégé... et c'est tout!
Cette chose acquise, il fallait trouver une exploitation qui supprime toutes les interventions apportant refroidissement du couvain et l'enfumoir, apport d'effroi à la colonie, et récolter selon ces mêmes critères. Ceci devint possible en adoptant conjointement les méthodes de Ducouédic, des abbés Warré et Babiel, d'autres apiculteurs tel de Mirbeck qui, par des solutions simples, astucieuses et naturelles assurent le moindre dérangement à la colonie.

L'exploitation de cette ruche est le plus simple que l'on puisse faire, hormis l'ancien procédé qui consistait à étouffer la colonie, heureusement aujourd'hui interdit.

Principe de l'apiculture sauvage

La bonne disposition du couvain

Les expérimentations de J. Greslot montrent que, lorsque les abeilles prennent possesssion d'un nouvel habitat, c'est la construction des cires destinées au couvain qui est leur priorité et que la forme ronde avec voûte bombée lui donne la meilleure position dans la ruche et la forme la plus rationnelle pour un développement maxima.
Les fonctions de la cire au sein du super organisme lui donne une importance que nul n'avait imaginé. Sans aucun doute les cires naturelles fourniront à l'ensemble de la colonie une structure vivante en tant que squelette, contenant des produits anti-infectieux en tant que système de défense et les meilleurs possibilités de transmission de l'information en tant que système nerveux, donc un fonctionnement tout à fait unifié, et non stratifié comme pourraient le faire avec des barrettes ou des cadres. D'autre part leur construction non orientée au départ laissera à la colonie le soin de choisir selon leur instinct ou d'autres éléments dont la connaissance nous est inconnue.

Les cires seront donc naturelles, d'un seul tenant et orientées selon les lois de la colonie d'abeilles sans aucune intervention hors biologie de l'abeille, et quelques soient les découvertes présentes ou futures, seront ainsi toujours en harmonie avec son développement.
Moins il y aura d'éléments qui pourront être perturbateurs pour les colonies, moins elles seront à rechercher un équilibre quelquefois grand dévoreur d'énergie.

Voir également la ruche mixte

La ruche pyramidale selon P. Ducouédic

La première année un essaim peuple une ruche et y passe l'été et l'hiver suivant.
Au printemps, un second panier est glissé sous la ruche première: c'est la ruche écossaise. Tout restera ainsi durant cette deuxième année. La peuplade aura donné un ou deux essaims si la population était forte et la saison favorable.
Au troisième printemps, la ruche deviendra pyramidale avec l'ajout du troisième panier.
En septembre, lorsque les bourdons auront été éliminés, on pourra disposer de la totalité de la hausse supérieure qui sera sans abeilles et sans couvain. Durant cette troisième année nous aurons également récolté un ou deux essaims généralement très forts. Avec cette récolte, la ruche redeviendra "écossaise"; elle passera l'automne et l'hiver ainsi pour redevenir au printemps suivant, "pyramidale", et ainsi de suite.
Selon l'auteur, la peuplade d'une ruche pyramidale ne périt jamais, ni par la disette, ni par le froid et qu'au printemps, le couvain est toujours éclos un mois environ avant celui des autres ruches.

Selon les récoltes et leur abondance, l'ajout de panier peut toujours être avancé ou retardé.

Lors d'une démonstration officielle ayant lieu à Chaville chez M. de Coligny, il fut récolté 45 livres poids de seize onces au grand dam de M. Féburier, membre de la Société d'encouragement et adversaire de Ducouédic. +
La deuxième année, ce dernier se servant d'une ruche à volume fixe devra jouer sur le temps afin que celle-ci soit pleine et attendre 3 ans pour récolter.
Au lieu d'utiliser une telle ruche et de jouer sur le temps nous pourrions modifier le volume et jouer sur celui-ci, ce qui nous permettrait de récolter dès la deuxième année. Ceci devient malgré tout aléatoire et la nécessité d'ajuster la ruche à la force de la colonie devient difficilement réalisable.

L'abbé Babiel, alors apiculteur débutant, redécouvre par hasard cette méthode et informe le journal "L'apiculteur" de son aventure apicole lors d'une manipulation en juin 1857.

Sans expérience, il voulut faire passer une colonie d'une vieille ruche en mauvais état dans un panier neuf et de ce fait, ne pouvant opérer selon la méthode en cours, il eut l'idée de mettre sous la vieille ruche, le panier neuf avec une pièce de bois intermédiaire percée d'ouvertures par lesquelles les abeilles pouvaient transiter.
"J'ai placé ma vieille ruche sur un tablier en bois où j'avais plusieurs ouvertures, et j'ai mis le tout sur une ruche neuve placée dans son sens naturel et dont j'avais enlevé la calotte. Cette opération terminée, j'ai fermé toutes les issues par où les abeilles auraient pu sortir, ne laissant ouverte que l'entrée ordinaire de la ruche inférieure.
Voici maintenant ce qui en est résulté:
1er résultat- Les abeilles ont naturellement continué leur travail, elles ont nourri et soigné le couvain, et lorsque l'espace leur a manqué dans le haut pour placer leur butin, elles ont commencé dans la nouvelle ruche de nouveaux rayons.
C'est ainsi que le transvasement s'est opéré sans effort, sans contrariété, ni inconvénient pour la colonie.
2eme résultat- Le 30 mai 1858, je recueillais de cette colonie un fort essaim et, quelques jours après j'enlevais la vieille ruche, veuve de ses habitantes, mais littéralement pleine de cire et de miel. Elle pesait 40 kilogrammes.
Encouragé par ce succès, j'ai continué mon expérience. Le panier nouvellement habité par la colonie a été immédiatement placé sur un panier vide. Au mois d'octobre, c'est à dire, cinq mois après l'opération, il était abandonné par les abeilles et de nouveaux rayons étaient attachés dans le panier inférieur. Je n'ai rien déplacé dans la crainte d'enlever du couvain, ou de ne pas laisser une nourriture suffisante pour le temps d'hiver....
Désormais, donc je renonce à l'ancienne méthode de récolter le miel qui consiste à supprimer dans chaque ruche un certain nombre de rayons ou parties de rayons....
Nota- Si la superposition des ruches se fait au commencement de mai, il est très probable que la colonie, ayant suffisamment d'espace, ne donnera pas d'essaim cette année là, mais la population s'accroîtra considérablement et dédommagera son propriétaire l'année suivante en lui donnant deux et peut-être trois forts essaims."

gravureLe curé Babiel obtiendra plus tard une médaille de bronze pour le bon entretien de son rucher et une seconde pour ses produits, preuve que les fixistes ne récoltaient pas "qu'un mélange de miel, de cire et de couvain" comme l'affirmera plus tard A. Caillas, adepte de la ruche à cadres et de l'apiculture intensive.

Une gravure ayant pour objet la protection des ruches, montre que ce procédé était sûrement employé par d'autres apiculteurs.

La ruche Warré

Nous substituerons au panier, une ruche de type Warré qui s'aggrandira selon la force de la colonie et de ses travaux.

Avantages et inconvénients

Recherchant une apiculture simple, avec un minimum d'emploi de l'enfumoir et d'une protection, respectant totalement la vie de l'abeille, nous constatons:
• Habitat conforme à un développement optimum de couvain: voir ruche sauvage;
• Toute la réserve de miel est à la disposition de la colonie, l'apiculteur ne récoltant que le surplus; +
• Aucune intervention sur le couvain dont la température est régulée par les abeilles sans refroidissement pouvant être dû à une ouverture de la ruche;
• Les cires sont renouvelées régulièrement et construites par la colonie;
• La récolte peut se faire sans enfumoir dans une ruche "désactivée", les abeilles occupant la ruche en activité;
• Le renouvellement de la reine se fait lors de l'essaimage;
• Méthode simple, non coûteuse, respectant notre philosophie et notre éthique, accessible à tous, sans stage particulier et dépense inutile.

Quant aux inconvénients, ce ne peut-être que ceux déclarés par les adeptes des ruches à cadres qui nous laissent les avantages qu'ils ne peuvent accordées à leurs colonies.
• Il nous sera opposé l'impossibilité d'intervenir dans la ruche et de ne pouvoir satisfaire notre curiosité; aussi nous devrons faire appel à notre vigilance, ce qui peut être un excellent exercice d'observation, concernant la dynamique du vol des abeilles, leur comportement à l'entrée de la ruche, leur nombre, la construction des cires, la présence de varroa sur l'abdomen des abeilles, l'approvisionnement en pollen, etc...et de pratiquer les gestes pour remédier à d'éventuels problèmes, contrôler un essaimage ou intervenir dans l'architecture de la ruche.
• Dans le cas de superposition de 2 ruches, néccessité d'avoir une seconde ruche disponible par emplacement.
• L'impossibilité de diviser la ruche nous oblige à la soulever entièrement. +
• Nécessité d'agrandir la ruche au moment opportun pour éviter un essaimage intempestif.
• Le suivi de la colonie se fait en observant par les vitres et ne nécessite pas l'ouverture de la ruche comme on doit le faire dans d'autres modèles;
• La réunion d'essaims est moins facile que dans les autres modèles de ruches.

Peuplement de la ruche

On doit débuter avec au moins trois ruches, sinon quatre. D'une part, la première année on risque d'en perdre au moins une, soit à la suite d'erreurs ou d'une colonie faible, d'autre part, pour pouvoir comparer plusieurs colonies entre elles et varier l'exploitation de chacune afin d'apprendre pour avancer dans nos connaissances apicoles, car aucune expérience ne sera inutile.

Par tranvasement direct d'une ruchette Dadant

Comme l'indique "L'Apiculture écologique de A à Z", j'ai tenté ce procédé en secouant chaque cadre de la ruchette Dadant dans la ruche. Les cadres étant beaucoup plus grands, beaucoup d'abeilles tombèrent à coté et le lendemain, toute la colonie avait déserté.
Ce procédé nécessiterait une étape intermédiaire qui consisterait à verser les abeilles de la ruchette Dadant dans un carton approprié en dimensions puis de verser son contenu dans notre ruche. C'est la pratique de Gilles Denis qui, ensuite mets sa ruche en cave durant 2 ou 3 nuits en nourrissant la colonie.

Par transvasement naturel

Selon, J.-Cl. Guillaume, il arrive quelquefois que la colonie préfère essaimer. Si elle n'essaime pas, la colonie migre au bout de deux années ou trois années vers sa nouvelle ruche placée sous la ruchette.

Avec un essaim ou un paquet d'abeilles avec reine fécondée

C'est le plus facile des procédés. L'essaim se mettra aussitôt à construire. Si le temps n'est pas favorable, nourrir jusqu'à ce que les abeilles puissent sortir normalement.
Cependant le taux de réussite est très faible compte-tenu que les reines vendues proviennent d'élevages et sont de qualité incertaine; les colonies, la plupart du temps, deviennent bourdonneuses.

Observations

Dès l'enruchement, l'essaim se met à construire en commençant par le sommet de la voûte; la forme de la grappe varie selon les colonies mais toutes font que la ruche se retrouve divisée en deux zones bien séparées par une épaisse couche d'abeilles, l'un, à l'étage supérieur, contenant le couvain et les cires, l'autre, dans la partie basse, vide.
La partie supérieure est un véritable cocon formant couveuse.
Dans un premier temps, les cires sont construites très rapidement afin que la reine puisse pondre et le couvain se développer.
Dans un deuxième temps, les constructions sont plus lentes, la colonie étant occupée à élever le couvain, emmagasiner du nectar et à se développer elle-même.
Les constructions suivront le rythme du développement de la colonie et de son approvisionnement.
Ainsi:
• le couvain n'est perturbé par aucun élément ni courant d'air; sa chaleur devrait ainsi être constante et concentrée en son coeur, à l'abri de toutes fluctuations dûes à la structure de la ruche, protégé par ce manteau d'abeilles, gérant sa chaleur et sa ventilation.
• cette disposition permet d'avoir la température maximum, température qui peut être fatale aux varroas.
• les abeilles et les cires ainsi groupées continuent à former le corps du super-organisme; d'autre part, par son enracinement à la ruche, il en constitue un tout.
• les abeilles construisent à une vitesse considérable tout en gardant leur unité dans l'essaim: les cires restent invisibles comme les os le sont chez les vertébrés.
A comparer avec ce qui est dans une ruche à cadres où le corps de l'essaim se trouve appareillé par des cires gaufrées comme des prothèses, totalement séparé de son habitacle et non dimensionnées à la taille de la grappe d'abeilles.
On ne retrouve pas le continuum qu'il existe dans une ruche sauvage.
Preuve qu'une ruche à cadres et cires gaufrées ne correspond pas à l'environnement normal d'une colonie. C'est une adaptation bancale à la biologie de l'abeille.

Conclusions

Mes expérimentations font apparaître qu'il est préférable de ne pas mélanger les genres et les méthodes; laissons les ruchettes Dadant aux ruches Dadant et leurs abeilles avec leurs cires gaufrées et peuplons nos ruches avec des essaims de provenance locale qui dès leur début, construirons leurs cires comme elles l'ont fait durant des millions d'années.
En comparant les ruches peuplées directement par un essaim et la ruchette Dadant, du point de vue qualité des cires et salubrité, l'avantage est sans constestation possible en faveur de la première où les cires ont été construites par les abeilles; dans une ruche ronde avec dôme, aucune trace d'humidité et aspect sanitaire absolument irréprochable. Ce n'était pas le cas des ruchettes Dadant!
Remarquons aussi que lorsque l'on achète une ruchette Dadant peuplée, on ignore l'âge des cires qui ont été utilisées.

Pratique de l'apiculture sauvage

Agrandissement de la ruche

Lorsque la ruche est devient pleinement occupée, ajouter une ruche par le dessous comme on le fait avec une ruche Warré comme si nous voulions faire un transvasement naturel.

Il est absolument essentiel de ne pas attendre que la colonie soit à l'étroit, c'est à dire très près du plancher, car dans ce cas la colonie essaime. Agrandir lorsque les abeilles cirières ont encore environ 1/3 de la hauteur de l'élément encore libre pour construire.

 

Les essaims secondaires

"On a donné dans "l'apiculteur" divers moyens de ne pas perdre d'essaims et d'en limiter le nombre en empêchant la production des essaims secondaires. [...] Nous pouvons résumer les principaux, au point de vue de la limitation du nombre. Dès avril, augmentez la capacité des ruches qui pourraient essaimer; ajoutez-y calotte ou hausse; donnez des cadres à celles de ce système. Si, en mai ou juin, votre ruche agrandie menace d'essaimer, pratiquez dessus un essaimage artificiel, remettez l'essaim à la place de la souche, et envoyez celle-ci bouder dans un coin du rucher. Au lieu d'opérer ainsi, placez la souche de l'essaim artificiel, ou celle d'un essaim naturel, en chapiteau sur une ruche qui n'a pas encore essaimé et, trois semaines après, enlevez ce chapiteau pour le récolter.[...]
En résumé, on peut amoindrir l'essaimage, mais on ne peut ne saurait l'empêcher complétement. Les ruchers demandent donc à être surveillés à l'époque de l'essaimage et s'il vient des essaims secondaires, il faut les rendre à leurs souches trois ou quatre jours après leur sortie, ou en réunir plusieurs ensemble."

Henri Hamet

Transvasement

C'est l'émigration volontaire ou forcée d'une colonie d'une ruche vers une autre. Il sert à toutes les opérations utiles pour l'exploitation de la ruche sauvage: peuplement à partir d'une ruche quelconque, réunions, récolte, essaims artificiels...
C'est la manipulation principale de l'apiculture traditionnelle et ne demande que peu de connaissances pratiques. Il est à la portée de tous.

Transvasement naturel

Il est provoqué par la superposition de la ruche habitée sur une ruche vide ou une portion de ruche. Quand la ruche supérieure se trouve pleine, les abeilles surtout en année favorable, s'établissent dans celle du dessous. On enlève alors celle du dessus pour en récolter les produits. Selon la forme de la ruche ou leur disposition, le dôme, le chapiteau ou la haussse de la seconde ruche est remis sur la première en cas de nécessité.
Bien que ce mode de transvasement soit le meilleur, en général, à moins qu'il ne s'agit d'une année favorable, il est le plus souvent très lent et exige deux années.
Il nécessite des ruches de même diamètre à moins de construire une pièce intermédiaire qui fera la jonction entre les deux ruches.

Transvasement forcé

Par la fumée

L'exode des abeilles vers la nouvelle ruche est provoquée par l'action de la fumée projetée sur celles-ci. Pour se soustraire à l'incommodité que la fumée provoque, les abeilles fuit la ruche pour se réfugier dans celle qui n'est pas atteinte par cette fumée. L'enfumage doit être modéré afin de ne pas asphyxier les abeilles. Ce procédé demande un temps assez long car un bon nombre d'abeilles restent entre les rayons pour garder le couvain et les provisions. Ces mutines resteront même après avoir séparer les 2 ruches.

Par percussion ou tapotement

photoCe procédé consiste à placer une ruche vide sur une ruche pleine renversée, puis à frapper, soit avec deux bâtons- un dans chaque main- soit avec les mains les parois de cette dernière.On commence par le bas puis on frappe en montant graduellement. Les abeilles dérangées par ces coups,photo migrent vers la ruche supérieure et au bout de quelques minutes on peut les entendre bruirent dans la partie supérieure de la ruche vide.
On présentera ensuite l'entrée de la chasse à l'entrée de celle que l'on vient de transvaser pour que les dernières abeilles rejoignent leur colonie.

Réunions

Le soir, et à l'emplacement de la ruche la plus forte, la ruche dont la colonie est la plus faible est renversée et surmontée de la première, les deux séparées par un papier journal percé de petits trous à l'aide d'une aiguille à tricoter. La nuit, les abeilles de la ruche du dessous auront grignoté le papier et se seront jointes à la colonie la plus forte. En cas où l'on veut isoler la reine de la ruche faible, mettre une grille à reine entre les deux ruches.

Au lieu de mettre un papier journal on peut aussi asperger à l'aide d'un pulvérisateur la colonie de la ruche inférieure; les abeilles "sucrées" seront acceptées par la colonie de la ruche supérieure.
L'eau sucrée peut aussi être aromatisée avec des feuilles de mélisse ou autres herbes odorantes.

Une troisième méthode est de se servir de l'enfumoir sur les deux colonies pour masquer les odeurs.

Dans tous les cas, placer une petite cale sur le bord de la ruche inférieure pour sur-élever la ruche supérieure afin que les abeilles puissent respirer.

"C'est une mauvaise spéculation de conserver et de nourrir des ruches qui n'ont pas ou qui ont peu de provisions. Il est souvent plus avantageux de les réunir à d'autres. Car mieux vaut la qualité que la quantité."

Une réunion sans enfumage

Renouvellement de la cire

Il peut être nécessaire, lorsque le renouvellement des cires ne se fait naturellement par la méthode employée pour exploiter la ruche, de renouveler la cire devenue vieille et noire.

"Quand la cire est vieille et noire, ce qui arrive à trois ans environ, on doit la renouveler. Cela se fait le vingt-deuxième jour qui suit l'essaimage, il n'y a plus de couvée à naître.
Il peut y avoir quelques oœufs que la jeune mère a déjà pondus, mais en petit nombre; on n'en tient pas compte. On retranche toute la cire à couver en laissant celle du haut qui contient du miel; puis on remet la ruche à sa place. Aussitôt les abeilles prolongeront leurs rayons en cire neuve, qui est ainsi renouvelée pour trois ans. Si une partie des rayons contient du miel, on le fera couler, ce qui produit une récolte.
Quand on a assez d'abeilles, on peut faire autrement: on transvase les abeilles de la ruche le vingt-deuxième jour qui suit l'essaimage, ce qui fait un trévas, qu'on met en place de la souche; puis on récolte le contenu de cette dernière, qui contient du beau miel blanc, car les plantes à miel coloré n'ont pas encore donné. Si l'année n'est pas favorable à la production de miel, on réunirait les abeilles de l'essaim trévas aux ruches voisines."

En procédant pour la récolte, par tranvasement naturel, les cires se trouvent renouvelées sans que nous tenions compte de cette nécessité.

Les réserves de miel pour l'hiver

"Il est difficile d'être fixé sur le volume précis des vivres nécessaires à la ruche, parce que le chiffre de sa population n'est pas exactement connu, et que l'hiver peut-être plus ou moins long, mais le point est secondaire.Il suffit de laisser aux abeilles plus de miel qu'elles n'en peuvent consommer. Un volumineux emmagasinement de provisions leur est aussi d'un grand secours comme abri contre le froid.
Soyez certain qu'elles ne prendront que le strict nécessaire et qu'au retour du printemps, vous trouverez intact le surplus que vous avez mis à leur disposition. Il vous sera même facile de constater qu'à l'inverse de ce qui se passe habituellement dans nos sociétés, elles profiteront, en proportion de leur nombre, d'autant moins de votre munificence qu'elle sera plus grande et que la ruche sera plus peuplée.
[...]
Tenez pour assuré qu'en général un essaim naturel et primaire de force convenable que vous aurez installé en mai ou au commencement de juin saura passer l'hiver sans encombre si vous lui avez rien pris. Il peut périr dans le cours de la mauvaise saison, cas qui sera bien rare si l'essaim est convenablement abrité, mais ce sera par le fait des intempéries et non par celui de la disette."

Sylviac- Guide pratique de l'apiculteur amateur.

Sylviac fit de nombreuses mesures sur plusieurs ruches durant la mauvaise saison. De ces mesures, il en tira que ces conclusions:

Récolte

A la manière de Mirbeck

Lorsqu'est venu le moment de récolter le contenu d'un élément qui présente les cellules operculées, on passe un fil type "corde à piano" sous le dôme après en avoir chassé les abeilles vers le bas à l'aide de l'enfumoir en opérant par l'ouverture située sur celui-ci; on peut alors placer si l'on veut, quelques petites cales, sous le dôme durant quelques heures afin de laisser les abeilles nettoyer le miel qui a dû s'écouler. Le dôme avec ses provisions sera mis de côté et sera remplacé par un toit plat. Trois semaines après, on récolte l'élément du haut en passant de nouveau un fil entre les éléments, certain qu'il ne renferme plus de couvain. L'opération est renouvelée tant que ceci est possible et on termine en remettant le dôme que l'on a conservé plein de provisions pour l'hivernage.
Au printemps suivant, on enlèvera de nouveau le dôme qui devrait guère contenir de miel, que l'on remplacera par un dôme vide afin d'en renouveler les cires. Il pourra être mis dans une ruche vide destinée à recevoir un essaim qui trouvera là des cires construites, éventuellement une petite provision de miel pour un nouveau départ.

Pour récolter selon ce procédé, il est indispensable qu'un croisillon ait été installé en haut de l'élément sous le dôme, ou qu'il soit armé de barrettes.

En ruche pyramidale

En ajoutant sous la ruche peuplée, une ruche vide que les abeilles iront coloniser en construisant leur cire et abandonnant la ruche supérieure pouvant alors être récoltée dépourvue d'abeilles mais non de miel...! Méthode qu'utilisait également l'abbé Babiel.
Ainsi les cires se trouvent régulièrement et automatiquement renouvelées.

"Cette méthode ne réussit pas toujours et les colonies préfèrent essaimer en refusant la ruche qui leur est offerte", ce que je n'ai pas encore remarqué!

Sélection des colonies

Puisque nous laissons tout le miel que les abeilles auront récolté durant la belle saison, une colonie bien équilibrée aura emmagasiné, normalement, une quantité suffisante à sa survie. En conséquence, la sélection naturelle fera son œuvre durant l'hiver car il est absolument inutile d'entretenir des colonies déséquilibrées, déficientes ou faibles, et seules les colonies fortes, travailleuses et en bonne santé auront résisté aux rigueurs climatiques. C'est rendre service, non seulement à l'apiculture mais à la nature toute entière que les abeilles soient résistantes à toutes les attaques dont elles puissent faire l'objet et qu'elles puissent butiner et féconder la végétation dans l'acte d'échange avec elle.
Article de Serge Labesque Lire

Le suivi des ruches

Notre choix de ne pas déranger les abeilles nous restreint dans le suivi des ruches mais aussi rend plus certain la bonne santé de nos abeilles, le couvain n'étant pas sujet à refroidissements. Par les vitres d'observation, l'attention doit se porter d'abord sur les particularités de l'architecture des rayons: ceux-ci devront être bien construits et à intervalles réguliers.
Tout au long de l'année, il y aura lieu de remarquer le dynamisme de la colonie et de sa population, contrôler le plancher de la ruche et l'infestation des varroas.
Les colonies faibles ou présentant des indices de maladies seront immédiatement détruites afin de favoriser la sélection de colonies saines, résistantes et actives. Les ruches seront ensuite passées à la flamme... en attendant de les repeupler avec un nouvel essaim.

Le renouvellement des reines

Le renouvellement de la reine est assuré par les abeilles elles-mêmes; ceci évite toutes manipulations et ouvertures de la ruche qui sont pour elles sources de stress et de déséquilibre.
D'après ses observations, Georges de Layens était d'avis de laisser aux abeilles le soin de ce renouvellement.

Sources

- Pierre L. DECOUEDIC- La ruche pyramidale.photo
- Gilles DENIS- La ruche Warré.photo
- Jean-Marie FRERES et Jean-Claude GUILLAUME- L'Apiculture écologique de A à Zphoto
- Henri HAMET- L'apiculteur.photo
- A. PAILLOT- S. KIRKOR- A.-M. GRANGER- L'abeille.photo
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