L'abeille dans les traditions

 

...l'homme en tant qu'être pensant a cette possibilité- unique, dans le règne animal- de donner une explication satisfaisante à l'origine de la vie. Ce faisant, il transcende son animalité mais n'accomplit pas forcément son humanité.
Michel Cardinaux.

L'apiculture dans l'Antiquité

En Egypte

Dans la région du delta du Nil, 27 000 ans avant J.-C., le roi de la Basse-Egypte était nommé celui de l'abeille ou le favori de l'abeille et serait donc à l'origine un maitre-apiculteur; le temple dédié à la déesse guerrière Neith situé à Saïs était nommé chateau de l'Abeille. Dans l'écriture égyptienne, l'abeille se dit bit' et sert à désigner le roi bi'ty, en quelque sorte, l'apiculteur et désigne également le miel.

Ancien empire

photo
Ces photos sont à découvrir sur le site d'Alain Guilleux
http://alain.guilleux.free.fr/
Merci à lui pour ces photos.

La plus ancienne description de l'apiculture provient d'un bas-relief datant de 2400 ans av. J.C., du temple solaire d'Abu Ghorab en Basse-Egypte.
photo L'apiculture se pratiquait dans de petites ruches horizontales cylindriques en terre séchée ou cuite, superposées sur plusieurs niveaux très bien adaptées à la race locale- Apis mellifica fasciata dont les essaims sont réduits mais qui possède une grande capacité de reproduction allant jusquà la production de plus d'une centaine de reines par an.
L'extraction du miel se faisait par enfumage.

Nouvel Empire

Plusieurs gravures représentent des scènes d'apiculture: tombe thébaine du vizir Rekhmirê avec une scène de récolte de miel.
L'apiculture et la récolte du miel sauvage y sont pratiquées car Ramsès III constitua un groupe d'archers pour escorter ceux qui allaient dans le désert ramasser le miel sauvage et la résine de térébinthe.

En Grèce

Aristée

Aristée fut élevé par les nymphes du myrte qui l'avaient surnommé "Agreus" et "Nomios" et lui enseignèrent à cailler le lait pour fabriquer du fromage, à cultiver l'olivier et à construire des ruches. Il transmit ces arts utiles à d'autres qui, en reconnaissance lui rendirent des honneurs divins. De Libye, où il était né il se rendit en mer de Béotie, après quoi, Apollon, son père, le conduisit chez Chiron afin que ce dernier l'initie à certains Mystères.
Lorsque Aristée eut atteint l'âge d'homme, les Muses le marièrent à Autonoé, et par elle, il devint père du malheureux Actéon et de Macris, la nourrice de Dionysos. Elles lui enseignèrent également l'art de guérir et celui de prophétie et lui firent garder leurs moutons qui paissaient dans la plaine d'Atamanthia, à Phthie et sur le mont Othrys, et dans la vallée du fleuve Apidanos. C'est là qu'Aristée perfectionna l'art de la chasse que lui avait enseigné Cyrène.
Un jour, il alla consulter l'Oracle de Delphes et il lui fut dit d'aller à l'île de Céos où il redevrait de grands honneurs. Aristée s'embarqua aussitôt et découvrit que l'étoile du Chien avait été cause d'une épidémie de peste parmi les habitants de l'île, pour venger Icarios dont les meurtriers inconnus s'étaient cachés parmi eux. Aristée convoqua la population, éleva un grand autel sur la montagne et y fit des sacrifices à Zeus et en même temps il se rendit favorable l'étoile du Chien en mettant à mort les meurtriers. Zeus fut satisfait et donna l'ordre aux Vents étésiens de rafraîchir la Grèce à l'avenir ainsi que toute les îles avoisinantes pendant quarante jours dès que se lèverait l'étoile du Chien. Ainsi la peste cessa et les habitants de Céos non seulement comblèrent Aristée, mais ils continuent encore à faire des sacrifices à l'étoile du Chien avant son lever, pour se rendre favorable.
Ensuite il se rendit en Arcadie puis se fixa à Tempé. Mais là, toutes ses chèvres moururent et, profondément affligé, il descendit dans les eaux profondes, sous le fleuve Penée, où il devait trouver Cyrène et ses sœurs les Naïades. Sa tante, Aréthuse entendit une voix suppliante au milieu des eaux; elle sortit la tête, reconnut Aristée et l'invita à venir tout au fond du merveilleux palais des Naïades. Celles-ci le lavèrent avec l'eau d'une source perpétuelle et, après une cérémonie sacrée, Cyrène lui dit: " Enchaîne mon cousin Protée et oblige-le à te dire pourquoi tes chèvres sont mortes."
photoProtée était en train de faire la sieste dans une caverne de l'île de Pharos, à l'abri de la chaleur en cette saison de l'étoile du Chien, et Aristée, l'ayant maîtrisé malgré ses nombreuses transformations, apprit que la maladie de ses chèvres était un châtiment qui lui avait été infligé pour avoir été la cause de la mort d'Eurydice; effectivement, c'est lorsqu'il lui avait fait la cour au bord de la rivière près de Tempé, qu'elle s'était enfuie et avait été mordue par un serpent.
photoAristée revint alors au palais des Naïades, où Cyrène lui dit d'élever dans la forêt quatre autels aux Dryades compagnes d'Eurydice et de sacrifier quatre jeunes taureaux et quatre génisses; ensuite de faire une libation de sang et de laisser les cadavres là où ils se trouvaient et enfin de revenir le matin, neuf jours plus tard, en apportant les pavots de l'oubli, un veau engraissé et une brebis noire pour se rendre favorable l'ombre d'Orphée qui avait alors rejoint Eurydice dans le royaume d'en bas. Aristée obéit et, le neuvième matin, un essaim d'abeilles sortit des cadavres pourrissants et s'installa dans un arbre. Il s'empara de l'essaim qu'il mit dans une ruche; et les Arcadiens l'honorent à présent à l'égal de Zeus pour leur avoir enseigné le moyen de faire naître de nouveaux essaims d'abeilles.
Par la suite, profondément affligé par la photomort de son fils Actéon- c'est de là que venait sa haine de la Béotie- il s'embarqua avec sa suite pour la Libye et là, il demanda à Cyrène une flotte pour lui permettre d'émigrer. Elle acquiesça avec joie et, bientôt, il reprenait la mer en direction du nord-ouest. Emerveillé par la sauvage beauté de la Sardaigne, sa première escale, il entreprit d'en cultiver la terre et après avoir eu deux fils, il y fut rejoint par Dédale, mais aucun récit ne rapporte qu'il y fonda une cité.
Aristée se rendit dans d'autres îles lointaines et passa quelques années en Sicile, où il reçut des honneurs divins surtout de la part de ceux qui cultivaient l'olivier. Il se rendit enfin en Thrace et compléta son éducation en participant aux Mystères de Dionysos. Après avoir vécu quelques temps près du mont Haemos et y avoir fondé la cité d'Aristéon, il disparut sans laisser de traces. On le vénéra désormais comme une divinité à la fois chez les barbares de Thrace et chez les Grecs civilisés.
?
Aristée acquis les titres de "Zeus immortel", "Pur Apollon" et "Gardien des troupeaux de moutons" ?
Selon Plutarque, il quittait et reprenait son âme à volonté, et, quand elle sortait de son corps, les assistants la voyaient sous forme d'un cerf.

Plusieurs auteurs interprétèrent ce conte.
H. Hamet considère, à l'instar de Michelet qui, sur la tombe de son père et de son fils dernier né, crut voir sur les asters qui ornaient la tombe, des mouches qu'il prit pour des abeilles. Réaumur avoue qu'il fut lui-même trompé.
Un autre raconte que dans les pays chauds, les cadavres entrant vite en décomposition et dégagés rapidement de leurs chairs, les abeilles auraient pu prendre une carcasse comme habitat. Voir à ce sujet la légende de Samson.


En Gaule, à La Capte, au 4ème siècle avant notre ère, des marins grecs venant de Massalia fondèrent au bord Nord de la presqu'île de Giens, peut-être une île à époque des îles d'Hyères, au lieu-dit l'Almanarre, un comptoir commercial fortifié auquel ils donnèrent le nom d'Olbia. Au pied d'un rocher il édifièrent un sanctuaire rupestre dédié à Aristée où l'on retrouva de nombreux vases d'offrandes.

Grecs et Romains connaisaient le miel et la cire. Le miel était consommé en aliment, médicament ou transformé en hydromel et entrait dans la composition de produits de beauté. La cire servait à confectionner des tablettes sur lesquelles on écrivait avec un stylet, des masques, des figurines et des objets d'art.
Ils ignoraient que le miel provenait du nectar des fleurs et le croyaient venu de la rosée qui s'amassait dans les fleurs et les abeilles font l'objet bien souvent de légendes et de données imaginaires.
On retrouve une figuration d'abeille sur un vase grec et des bijoux en or.
Le mathématicien Pappus qui vivait à Alexandrie étudia les cellules hexagonales et montra qu'elle contenaient plus de miel que si elles avaient été carrées ou triangulaires.

A Rome

Un pilier scupté d'origine romaine représente des abeilles chassées par des "mérops" qu'Elien note comme se nourissant d'abeilles.

Sources

- Raymond BILLIARD- Notes sur l'abeille et sur l'l'apiculture dans l'Antiquitéphoto
- L.-A. BUZAIRIES- Les ruches de tous les systèmes ou examen et description des ruches anciennes et modernesphoto
- Rémi CHAUVIN- Traité de biologie de l'abeillephoto Histoite, ethnographie et folklore
- Philippe MARCHENAY- L'homme, l'abeille et le mielphoto
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