L'abeille dans les traditions

 

C'est un parterre où Flore étend ses biens;
Sur différentes fleurs, l'abeille se repose,
Et fait du miel de toute chose.
La Fontaine.

Etymologies et toponymie

Etymologies

Abeille
Plusieurs anciens dictionnaires donnaient comme étymologie du mot "abeille", le mot latin apex, ce que doutait M. Kanden qui rechercha l'origine dans la langue hébraïque et dans laquelle il trouva les verbes aouph, ouph, voler et les noms aoph, oph, oiseau, volatile. Compte tenu que chaque langue retranche ou substitue une voyelle préfixe ou une consonne à une autre voyelle ou consonne correspondante, il croit que les mots hébreux auraient donner iptamaï, voler en grec, avolare, volare, voler, s'envoler, avis, oiseau, apis, abeille, apex, sommet en latin, abeille en français, abja en espagnol, biene en allemend, bee en anglais, bij en néerlandais, etc... Ce mot hébreu se rattache à la grande famille des radicaux, ab, ap, af, ar, ag, al, ad, ed, qui marquent l'élévation.
D'autres en cherchèrent la racine dans le sanscrit ou dans les langues sémitiques: apis bien qu'en hébreu, l'abeille soit nommé debora.
On peut noter que le mot abeille se dit en égyptien antique bit', bien avant que les mots anglais, allemand et suédois, néerlandais se forment.

Selon d'autres, le mot apis viendrait de apes, sans pied car les textes antiques nous disent que l'abeille nait "sans pied", allusion aux larves. Les formes phonétiques étant: ef, es, ée, eps, ap, av, as, a.
Remplaçant le mot apis par suite de mutation phonétique ou de collusion avec un autre mot comme essaim, mouche, mouchette, mouche à miel.

Dans son ouvrage, B. Darchen rapporte, suite aux études des linguistes, des choses surprenantes.
Dorothy Galton chercha d'où pouvait provenir le mot "abeille".
Selon les langues, le pommier se dit Abello, Aball, Aballo, Appel, Apfel, et peuplier se dit Yabolon, Abele; or Abelo, Abele, Abeille, Bee, Biene, etc... abeille en différente langues ont des sonorités proches, indiquant que ces mots ont un lien entre eux.
Serait-ce le gui car celui-ci ressemble à un essaim et pousse principalement sur les pommiers et les peupliers? A l'aube de l'humanité où l'écriture n'existait pas mais où les mots se formaient, il y aurait eu un rapprochement d'idées entre le gui, l'essaim et les arbres où ce dernier pousse et qui donnèrent des paquets de mots apparentés. Pommier, en grec, se dit melos et melus en latin, le gui se dit omeli en russe, et le miel meli en grec, mel en celte, gallois et latin, preuves encore que l'origine des mots serait la même.

Avette
Forme dérivée du latin avicellus et avis, oiseau.

Bourdon

Couvain
du latin cubare, être couché.

Essaim
Vient du latin moyenâgeux examen, de exigere, emmener hors.

Anciennes terminologies

L'abeille

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A partir du XVe siècle, l'utilisation du mot "abeille" devient plus courante sauf en langage littéraire où les prosateurs utilisent le mot "avette" jusqu'au XVIIe siècle. On utilise également "mouche à miel" qui paraitra dans les dictionnaires jusqu'au début du XXe siècle.

Selon les régions de France, l'abeille était nommée:
Abeilla, abeillaud, abeillo, abélie, obélie, brus, abeuile, abeuille, aveille, avette, avili, é, es, ez, eveille, yebeylla, moichotte, mouche et mouque.

La reine

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Elle eut longtemps le titre de "roy des abeiles ou "roy des mouches à miel"; au Moyen-Age on la nommait mater apis, rex apu ou Aviorum mater.

Elle était lo rey d'abi'o, le roué des avettes, le père des abeilles, la mère-abeille, mère-mouche, la may, bène-boune, reina, reino, moëte, la maïstra. Quand on la considérait comme un guide, elle était le ménoum, le gouvér, gouber et le ténéze.

Le faux-bourdon

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Par sa ressemblance avec les bourdons il était appelé "bourdon", "gros-bourdon", "bourdon des abeilles". Au XIIe siècle, on le nommait en latin bombo puis à la fin du XVIIIe siècle, dans la plupart des régions on le nommera abeillaud; il sera aussi appelé abelar, l'abérpoun, le bourott et le bordé ou morlié.

Le couvain

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On le nomme couin, couvice, couvi, rougerio, marcelée, forcin, grou ou pouy, le couvun, le covain ou covin, le couis, le couhan, le couhi, le coumail, le cuïl, cuïn, cuado, le cougun, l'angrion, le grouün, l'abelio, ioü d'abelio, le fourcin, forcin, le berni.
Dans la littérature apicole, le ver est la larve née de l'œuf; il est le pouzon.

L'essaim

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L'origine du mot "essaim", examen donna des mots comme echaam, échami, échamou, ession, sam'rou. Il se retrouve en espagnol- enxambre- et en portugais- enxame.
On disait également que la ruche "jetait" un essaim et on retrouve des diminutifs de ce verbe en jetton, jiton, j'ton, hh'ton.
On dit l'abeillon dans le droit coutumier.
En certains endroits, on disait nan, un échian, échamie, facho d'ées, un terion, héd guénanou taol guénan, erle umea, essant, essam, enchaim, ensaim, eschaim, esson, essieu, essiau, voissieu, voissiau, issaim, issamâ, issan , icham, isson, brus, anchian, chami, ichami, avu, jeton,bourna, tergniou, ch'ton, jiton, jitton, zetan.
Les essaims secondaire ou tertiaire sont appelés réparon en ancien français, souvent rejeton.

Toponymie et patronymie

Quelques noms de villes françaises pourraient se rapporter au monde des abeilles; cependant ils proviennent généralement du nom d'un propriétaire romain, celtique, germanique, dont la racine est assocé au monde de l'abeille...associé à son domaine (ex. villa pour les domaines gallo-romains, bourg pour ceux germaniques).
Ainsi:
Abeilhan vient de Apilius- nom d'homme latin- Apilius.
Abjat et Ajat; Abzac, de Apicius avec suffixe -acum.

Les lieux-dits sont plus nombreux et se nomment: l'Abeil, l' ou les Abeille(s), l'Abeillerie, l'Abeillière, les Abeliers, les Mouches, les Mouchettes, Abélha, Aboilard, les Avetteries, la Longue-Avette, le Clos-aux-Mouches...

Certains noms de famille évoquent les anciens noms de l'abeille: Avet, Labeille, Abeille, Abelé, Aveillé, Abeillon, Beillaud...

En Grèce, la ville d' Ephèse, se serait appelée Apasas, mot apparenté à apis et interprété comme ville de la déesse abeille.

Sources

- Bernadette DARCHEN- L'apiculture de la Préhistoire à l'Histoirephoto
- A. DAUZAT & Ch. ROSTAING- Dictionnaire étymologique des noms de lieux en Francephoto
- Henri HAMET- L'apiculteurphoto
- Philippe MARCHENAY- L'homme et l'abeillephoto
- Serge MARTIN- L'abeille et la ruche- symboles et armoiriesphoto
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