L'abeille dans les traditions

 

Avant-garde des laboureurs, les abeilles sont le symbole de l'industrie et de la civilisation qu'elles annoncent.
Chateaubriand
Abeille: petit insecte capable de fabriquer du ciel.
Pef- Dictionnaire des mots tordu.

L'abeille et son symbolisme

Symbole universel

photoL'homme a fait de l'abeille le symbole de l'organisation sociale, d'intelligence supérieure de sagesse divine par la perfection de son travail.
Ainsi de nombreuses villes industrielles ont sur leurs armoiries, des abeilles pour symboliser leurs activités-voir- et l'institution des "Orphelins Apprentis d'Auteuil" avait sur son blason trois abeilles au vol couvert d'or pour signifier le labeur de ses apprentis, associées à la devise Dieu nous garde.

L'âme

Soumise à son destin mais se sublimant en miel, son symbolisme lui confère une haute portée spirituelle et l'abeille en vient à matérialiser le principe vital et l'âme.
Selon Platon, les hommes sobres se réincarnent en abeilles.
Elle représente le derviche, le miel étant la divine réalité et dans certains textes hindouistes, elle est l'esprit s'enivrant du pollen de la connaissance.
Ce symbolisme de l'âme trouve également son expression dans des pratiques funéraires qui firent qu'Alexandre le Grand demanda qu'à sa mort il fut immergé dans du miel contenu dans un cercueil en or et le roi de Sparte Agesilaus II fut ramené en Grèce dans du miel lorsqu'il mourut en Lybie en 360 av. J.C.

Dans l'Antiquité

Dans les rêves et présages

chromochromoLes abeilles sont bonnes aux laboureurs et à ceux qui tirent profit, aux autres elles signifient trouble, à cause du bruit qu’elles mènent, et blessures, à cause de l’aiguillon et maladie, à cause du miel et de la cire. Voletant sur la tête elles sont bonnes à celui qui doit être chef et capitaine; aux autres elles signifient mal, même mort de par le peuple, ou les soldats. Enclore lesdites mouches, ou les tuer est bon à tous fors aux paysans et laboureurs. ?

Selon Pline, la croyance aux présages annoncés par les abeilles était fort répandue dans l'antiquité classique- Voir "La parole et l'éloquence"
Au couronnement du roi Wamba, Julien de Tolède raconte que celui-ci s’agenouilla au pied de l’autel et que l’évêque de Tolède, Quiricus, oingnit sa tête avec l’huile sainte et le bénit ; c’est alors que le front du roi commença à fumer et qu’une abeille s’en élèva, "signe de bonne fortune".

La parole et l'éloquence

Figuration de l'âme, l'abeille est aussi figuration de l'éloquence- en Hébreu ancien, l'abeille se dit Dévorah qui vient de la racine Dibour ou Dbr qui veut dire parole- de la poésie et de l'intelligence. L'abeille se trouve ainsi liée à la parole, et ceci pourrait rappeler les oracles de Delphes où la pythie du temple d'Apolllon était appelée abeille.
Les Grecs avaient en avait fait ainsi ce symbole et poétes et tragédiensphoto
Gravures extraites de
Monumenti inediti
de Winckelmann.
étaient quelquefois représentés avec une abeille, allusion à la beauté de leurs vers. La légende veut que des abeilles se soient posées sur les lèvres de Pindare et de Platon, alors qu'ils étaient encore au berceau.
L'éditeur d'"Histoire naturelle" de Pline, A. Ernout informe que le même événement a été attribué à d'autres païens célèbres comme Homère et Virgile.
Cette croyance fut reprise par l'Eglise catholique au Moyen-Age, notamment pour Ambroise de Milan.
Le folklore slave raconte que l'abeille est une messagère de Dieu à qui elle raconte les secrets de Satan. ?

La sagesse.

Chez les Celtes, l'abeille symbolisait la sagesse et le vocabulaire en garde les traces: le gallois cwyraidd, de cwyr, cire, signifie également parfait, accompli.
Sur le plan social, elles représentent le maître de l'ordre et la prospérité, les héros civilisateurs qui établissent l'harmonie par la sagesse et le glaive.

La lumière

Chez les anciens Égyptiens, les abeilles étaient nées des larmes de , dieu solaire, et étaient associées à la foudre.
En rassemblant les différentes traits de diverses cultures, l'abeille apparaît de la nature du feu. Elle représente les Pythonisses, les prêtresses qui portaient le nom d'abeilles, les âmes pures des initiés, l'Esprit et la Parole.

L'intelligence

Les propos de Virgile selon lequel les abeilles renferment une parcelle de la Divine Intelligence fut reprise par les chrétiens du Moyen Âge. Ainsi la capacité rhétorique octroyée par les abeilles fut associée à leur intelligence. ?
On retrouve la valeur symbolique du bourdonnement, véritable chant de l'abeille.

Vertus et fidélité

Plutarque a comparé les abeilles aux femmes légitimes, fidèles et vertueuses, affirmant que les abeilles ne piquaient que les individus coupables d'infidélité, de telle sorte que les apiculteurs devaient avoir une conduite conjugale exemplaire.
Ainsi, les partipantes aux fêtes de Déméter, les Tesmophories réservées aux épouses légitimes, étaient appelées melissai, abeilles.

De ce symbole, Marcel Detienne analysa le mythe d'Aristée.

Aristée, marié à Autonoé, fille de Cadmos, perdit ses abeilles à cause de sa faute, ayant convoité Eurydice la femme d'Orphée. Celle ci mariée récemment était encore numphe, non pas kore, vierge célibataire, pas encore meter, femme déjà mère, presqu'une melissa mais dans la dangereuse phase de la "lune de miel", période des plaisirs sexuels avant de devenir abeille. "C'est pour exalher cette odeur de plaisir qu'elle a involontairement conduit l'apiculteur à la faute."

selon M. Detienne- Orphée du miel dans "Faire de l'histoire".

photoLes abeilles et Plutarque

Plutarque a recours à l'abeille dans diverses comparaisons; ainsi il dit:
D'un autre côté, les femmes qui, dégoûtées par les contrariétés qu'elles éprouvent d'abord, se détachent de leurs maris, ressemblent à ceux qui, piqués par une abeille, jettent de dépit le miel et
car se contenter de soy-mesme, et de sa façon de vivre quand elle est tres bonne, c'est fait en homme sage, et de bon entendement. Comme ainsi soit doncques qu'ils reduisent toutes choses bonnes et honnestes à la sagesse, cela demonstre que toute espece de vertu s'acquiert par discipline et apprentissage. Or l'abeille trouve naturellement és plus aigres fleurs, et parmy les plus aspres espines, le plus parfaict miel, et le plus utile: aussi les enfans, s'ils sont bien nourris en la lecture des Poëtes, en tireront tousjours quelque bonne et profitable doctrine, mesmes des passages où il y a de plus mauvaises et plus importunes suspicions: comme en premier lieu, pour exemple, il semble que le Roy Agamemnon se rende fort suspect de concussion et d'avarice, d'avoir exempté d'aller à la guerre ce riche homme qui luy donna la jument Aetha. puis:
A ceste cause faut-il oster ce qu'il y a de trop et de superflu au langage, et s'arrester à cercher le fruict mesme, et suyvre en cela l'exemple non des bouquetiere, qui font les bouquets et les chapeaux de fleurs, mais des abeilles: car ces femmes-là choisissans à l'oeil les belles et odorantes fleurs et herbes, en tissent et composent un ouvrage qui est bien souëf à sentir, mais qui au demourant ne porte point de fruict, et ne dure qu'un seul jour: mais les abeilles bien souvent volans à travers, et par dessus des prairies pleines de roses, de violettes, et de hyacinthes, se poseront sur du tres-fort et tres-acre thym, et s'arresteront dessus, preparans de quoy faire le roux miel, et y ayant cueilly quelque chose qui y puisse servir, s'en revolent à leur propre besongne: aussi faut-il que le sage auditeur, et qui a l'entendement pur et net de passion, laisse là le langage affetté et fardé, et semblablement aussi les propos qui tiendront du triacleur ou du basteleur, qui se veut monstrer, en jugeant que telles herbes sont propres pour Sophistes, qui ressemblent les mousches guespes, qui ne servent de rien à faire le miel: mais que avec une profonde attention il descende au fond de la sentence, et de l'intention du disant, pour en retirer ce qu'il y aura d'utile et de profitable, se souvenant qu'il n'est pas là venu pour ouir jouër des farces ou chanter des musiciens en un theatre, mais en un eschole, et en un auditoire pour apprendre à emender et corriger sa vie par la raison: et pour ceste cause faut il faire jugement et examen de la lecture et harangue par soy-mesme, et par la disposition en laquelle on se treuve, en considerant s'il y aura aucune des passions de l'ame que en soit detenue plus molle, ou si elle nous aura rendu quelque ennuy plus leger, si le courage. et l'asseurance en est plus ferme, si lon se sent plus enflammé envers l'honnesteté et la vertu. et enfin:
Car ces plaisirs-là sont les vrayes pastures impollues des gentilles abeilles sans souillure quelconque, là où celles du corps ressemblent proprement aux demangeaisons et grattements des boucs et des pourceaux, qui outre le corps, emplissent encore de leurs ordures la partie sensuelle de l'ame, subjecte à toutes passions et perturbations.

Plutarque traduit en vieux français

Moyen Age chrétien

photo

Dans le Physiologus, bestiaire chrétien du IIe de notre ère, la société des abeilles est comparée aux âmes des fils de l'Eglise et leur chef représente l'archiprêtre, Dieu sur terre. La récolte du miel et de la cire sont mis en parallèle avec les enseignements des livres sacrés et le miel avec la douceur spirituelle résultant de leur lecture. Ainsi, de nombreux Bestiaires mettent en parallèle Dieu, les saints et les mœurs des abeilles, la douceur du miel et les lectures spirituelles et dans Bonum universale de apibus, Thomas de Cantimpré comparera le parfum des fleurs que butinent les insectes à la bonne parolephoto et la douceur du miel à la perfection divine.
Un prodige concernant les abeilles est attribuée à Rita de Cascia qui, soit lors de son baptême, soit lorsqu'elle dormait dans son berceau, sous un arbre, un essaim entra dans sa bouche sans la piquer; aussi est-elle quelquefois représentée entourée d'abeilles. À Laarne près de Gand, elles accompagnent sa statue. Devant ce prodige, on prophétisa qu'elle sera douce comme le miel et travailleuse comme une abeille ou encore, qu'elle sera béatifiée par le pape Urbain VIII dont les armoiries comportaient trois abeilles.

La virginité

Dogme de l'Immaculée Conception.

Dès le premier instant de sa conception, par grâce et privilège uniques de Dieu tout-puissant, la Bienheureuse Vierge Marie a été, en considération des mérites du Christ Jésus, Sauveur du genre humain, préservée pure de toute souillure du péché originel.

Bulle Ineffabilis Deus du 8 décembre 1854 du pape Pie IX

Reprenant les affirmations de l'Antiquité, l'abeille est censée se reproduire sans intervention sexuée. Isidore de Séville, dans les pas de Virgile, les fait naître du cadavre d'un veau ou d'un boeuf, Alcuin les fait naître des fleurs. Elles seront symbole de virginité et liées à la Vierge Mariephoto
Marie entourée d'abeilles.
. Des chapelles et des sanctuaires seront nommés Notre-Dame des abeilles.

"Pour la maternité divine en particulier, c'était bien ainsi que le comprenaient les Pères de l'Église. On est frappé, à lire les sermons in Natale Domini de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Léon, du relief qu'y prend la louange de Notre Dame : sa maternité et sa virginité y sont célébrées dans des accents qui sont l'écho de la piété des fidèles. Avant comme après le concile d'Ephèse, la vierge est exaltée dans des termes comparables à ceux par lesquels saint Cyrille d'Alexandrie salue jusqu'à vingt fois Marie : " Salut, Marie, Mère de Dieu, trésor du monde, digne de tout honneur, lumière inextinguible, couronne brillante de virginité, temple indestructible, Mère et Vierge tout ensemble, tu es Mère de Celui dont l'Évangile a dit : Béni Celui qui vient au nom du Seigneur ! Salut donc à toi. Mère de Dieu, qui dans ton sein de Vierge a porté l'Infini; à toi, par qui honneur et adoration sont rendus à la très sainte Trinité! Qui pourra jamais te louer dignement?" Il nous souvient d'avoir entendu un sermon sur la virginité : l'orateur concluait son panégyrique par l'exemple de Marie qui, exposait-il longuement, n'accepta la maternité divine et ne prononça son fiât qu'à condition de garder sa virginité. Sans doute, à force de suppositions subtiles, en se transportant dans une économie autre que celle établie par Dieu, des théologiens ont pu envisager des oppositions et des comparaisons, et conclure à la supériorité théorique de la virginité sur la maternité divine."

Les questions liturgiques et paroissiales- 1922-

Lactance et Prudence ont considéré l'abeille comme un insecte toujours vierge et Jérome considérait que les monastères devait suivre la "discipline monastique" des abeilles. Augustin, à la même époque, accepte la théorie que la abeilles se reproduisent sans mâle, ni femelle.
La Regula Magistri compare l'entrée des moines dans l'oratoire à celle des abeilles dans la ruche et Aldhem, leur discipline à celle des abeilles. ?
L'abbé Abbon de Fleury fut surnommé par son disciple Aimoin de Fleury, "très sage abeille" et Pierre Damien poursuivra avec cette affirmation selon laquelle les abeilles se multiplient sans accouplement.

L'abeille était perçue comme un insecte vierge, chaste, épargnés par la luxure; elle était végétarienne, bannissait les parfums forts, indices de volupté et de séduction. Grâce à cela, à plusieurs reprises elles ont servi de métonymie de vertus et, dans cette fonction, elles ont été associées à la notion de multiplication humaine paradisiaque définie par quelques penseurs. Pour Grégoire de Nysse, la reproduction des êtres humains sans le péché originel serait comme celle des anges, spitrituelle, absolument pure. Pour saint-Augustin, antepeccatum, "les enfants seraient nés de la seule affection des parents, pure de toute concupiscence." En effet poursuit-il "je ne vois pas ce qui aurait pu empêcher qu'il y ait pour eux, même au paradis, un mariage honoré et un lit nuptial sans souillure. Dieu leur aurait accordé [...] d'engendrer des enfants sans ressentir les ardeurs inquiétes de la concupiscence, sans connaître le travail et la douleur de l'enfantement". ?

Selon ces principes, au XIe siècle, un nommé Gérard dirige dans le "castellum" de Monteforte, une communauté dont tous les membres sont "frères" et dont on distingue à peine le seigneur du lieu, une comtesse et qui fut accusée d'hérésie. ?
Son procès fut dirigé par Aribert d'Intimiano

Folie de Gérard de Monteforte.

"Au-dessus de tout, nous louons la virginité. Nous avons des épouses qui conservent la virginité ou l'étant perdue ont l'autorisation d'un de nos prêtres pour conserver perpétuellement leur chasteté. Aucune de nos épouses n'est utilisée charnellemnt, elles sont presque des mères et des soeurs que nous maintenons telles avec zèle. Jamais nous ne nous nourrissons de viande; nous faisons des jeûnes et des prières continus. Toujours, jour et nuit, les plus purs parmi nous prient; aucune heure n'est négligée, aucune ne reste sans oraison. Tous nos bien sont possédés en commun avec tous les hommes. [...] Si l'espèce humaine cessait d'avoir des rapports sexuels, elle se serait plus corrompue, elle se reprodurait sans coït, comme les abeilles." ?

Pour Jean Scot Erigène influencé par Origène, Maxime le Confesseur et surtout Grégoire de Nysse dont il avait traduit les oeuvres, le plan de Dieu pour les hommes était identique à celui des anges. Dans une nature spirituelle, le monde et le paradis n'aurait fait qu'un et l'être humain se serait multiplié angéliquement. Ainsi certains rêvaient au mieux, au rétablissement de l'Eden sur terre et de l'union entre humains et Dieu pour récupérer le symbolisme de l'unité primordiale d'Adam avant la Chute.

Plus tard, le R.P. Pierre Le Moyne écrira dans La Gallerie des femmes fortes: lire
et à propos de Jeanne d'Arc: lire

Dans les Exultet

photoL'exultet est l'hymne qui se chante le Samedi Saint pour la bénédiction du cierge pascal. Il commence par ces mots "Exúltet jam angelica turba cælorum", d'où le nom donné à ce parchemin. Celui-ci contient une prose latine entrecoupée d'images pour célèbrer la Résurrection du Christ, lumière du monde.
Le diacre récite et chante en déroulant le parchemin qui retombe au fur et à mesure de sa lecture sur le dos de l'ambon de sorte que les fidèles, quoique ignorant le latin et même ne sachant pas lire et encore moins un texte à l'envers, peuvent en comprendre le sens par des figure placées en sens contraire au texte. Ainsi les assistants peuvent suivre le chant de l'officiant.
Une des figures représente une ruche autour de laquelle voltigent des abeilles et un arbre. Le texte qui explique cette dernière miniature occupa longuement les liturgistes et fut supprimé.

d'après Ernest Langlois et A. de Laborde - Persée

Georges Malherbe établira un parallèle entre la Vierge et la cire du cierge pascal, la première donnant au monde la lumière en la figure du Christ sans perdre sa virginité. Une enluminure du XIe siècle de l'Exultet du Mont-Cassin figure une scène de la Nativité avec deux essaims dont l'un est très proche de la tête de la Vierge. ?

La parole

phototableauSymbole de l'éloquence chez les Anciens, l'église catholique reprit ce symbole pour Ambroise de Milan, qui devint le saint patron des apiculteurs et pour signifier la grandeur de ses prêches et de ses enseignements. On dit qu’enfant, un essaim d’abeilles se posa sur ses lèvres, présage de cette aptitude. Ainsi le jour de la Saint Ambroise, le 7 décembre, il est dit à la messe: Au milieu de l’Église, il a ouvert la bouche, et le Seigneur l’a rempli de l’esprit de sagesse et d’intelligence, et il l’a revêtu de la robe de gloire.
D'après la légende, la même scène se serait également produite avec Isidore de Séville dans son berceau.
Dans le Nord et l'est, c'est saint Valentin qui est fêté par les apiculteurs.
Saint Zosime de Solovetsk est le patron des apiculteurs en Russie.

On représente quelquefois Bernard de Clairvaux avec une abeille pour symboliser son éloquence, puisqu'il prêcha les croisades et entraîna un grand nombre de fidèles dans cette aventure.

Folie de l'hérétique Leutard.

L'an mil touchait à sa fin, quand il s'éleva dans les Gaules près du village de Vertus, dans la région de Châlons, un homme du nom de Leutard, issu du peuple, probablement envoyé par Satan, comme la suite des évènements le montra. Voici comment se manisfesta sa folie incurable et son entêtement: il se trouvait seul, un jour dans les champs, occupé à quelques travaux agricoles quand, surpris par la fatigue il s'endormit d'un coup. Il lui sembla alors qu'un essaim d'abeilles pénétrait en son corps par des endroits secrets de la nature et sortait de sa bouche avec un terrifiant bourdonnement, lui faisait de multiples piqûres, se mit à lui parler en lui commandant d'accomplir des actions humainement impossibles. Epuisé par ces songes, il s'en retourna chez lui et répudia sa femme, prétendant se fonder sur l'Evangile pour justifier ce divorce. Il sortit ensuite, entra dans l'église comme pour prier, s'empara de la croix et brisa aux pieds l'image du Sauveur. Ceux qui le virent pensèrent, terrifiés, qu'il était devenu fou, ce qui était vrai. Mais lui les persuada qu'il avait agi ainsi poussé par une merveilleuse révélation divine. Il parlait aisément mais disait des choses dépourvues de sagesse et de vérité, et ce nouveau docteur s'opposait à la parole des maîtres car il affirmait qu'il était inutile et vain de payer les dîmes [...]. Malgré la réputation usurpée d'homme sage et religieux, il eut de nombreux disciples. Averti, Gébuin, vieil homme d'une grande connaissance et évêque de ce diocèse, le fit venir devant lui. [...] Leutard pour se défendre s'appuya sur quelques citations des saintes Ecritures qui, probablement n'y étaient pas. L'évêque s'apercevant qu'elles n'étaient pas exactes et comprenaient des idées honteuses et condamnables, démontra que cet homme était devenu un hérétique. Il ramena la plénitude de la foi catholique ceux qui l'avaient suivi et la restaura en eux. Leutard, comprenant qu'il était vaincu et abandonné se tua en se jetant dans un puits.

Raoul Glaber- Livre 2, Chapitre XI, des Cinq livres d'histoires.

Les hérétiques qui s'opposaient à la situation de l'église à cette époque virent par l'essaim sortant de la bouche de Leutard, la soudaine aisance verbale du paysan et son éloquence tout comme Cicéron et Pline l'avaient racontée pour Platon.

Rappelons que ces deux hérésies, Leutard et Gérard de Monterforte se sont produites aux environs de l'an Mil, période qui d'après la "prophétie de Jean", sera celle où Satan sera déchaîné.

Médiatrices avec le sacré et l'au-dela

Dans l'Eglise l'abeille fut très associée à la cire, matière première des cierges dont la consumation exprimait la vertu christique. Dans un récit slave Jésus et Pierre voyageant dans le monde demandent l'amône à une femme occupée à cuire des galettes. Pour toute réponse, chacun reçoit une galette jetée à la tête des deux mendiants et Jésus en est blessé à la tempe. A cette endroit un petit ver apparait. "Ca me démange et me brûle" se plaint Jésus à son compagnon. Celui-ci s'approche et voit alors un insecte s'envoler. Ainsi est née l'abeille "qui fera la cire sans laquelle on ne peut dire la messe.".
Des contes analogues faisant parties du folklore français et catalans présentent les abeilles comme issues des larmes du Christ en croix.
Un autre récit nous dit: L'abeille nous est restée du paradis perdu: elle est le seul animal que nous ayons reçu de la-bas. Avec la bénédiction de Dieu, elle a voulu le quitter après le péché des hommes..... ?

Dans un conte corse, le héros, Tomasu a rempli un chaudron d'abeilles et incite son interlocuteur à se confesser devant celui-ci: "Dis tes péchés et puis donne de petits coups sur ce chaudron, parce que dedans il y a des âmes du purgatoire et tu seras pardonné." ?

L'abeille, fille du Christ, s'inscrit donc dans l'horizon chrétien et est ainsi traitée avec le respect dû à cette particularité. Ainsi, elle sera acceptée dans la famille était l'objet d'intentions pariculières et lors du décès du maître, et selon les régions, on les prévenait, soit en mettant un crêpe sur les ruches, soit en frappant sur la ruche pour réveiller les abeilles afin qu'elles ne meurent avec leur maître. On leur parle avec respect et ne sont pas traiter comme du bétail, il est interdit d'en dérober ou de les vendre mais il faut les échanger contre un bien en nature ou les recevoir ou les donner gratuitement.

Un conte catalan

Pleines d'orgueil parce qu'elles fournissent la cire pour fabriquer les cierges des autels et en échange de leur mérite, les abeilles demandèrent à Dieu une maison en or et un moyen de tuer ceux qui leur volent le miel qui est leur aliment.
Vous demandez trop et vous êtes trop orgueilleuses, leur dépondit Dieu, vous en aurez une maison faite d'excréments et pour défendre votre miel, vous aurez une arme qui ne tuera pas celui qui veut vous le prendre mais c'est vous qui en mourrez!

d'après Marlène Albert-Llorca- Les servantes du seigneur

En voulant monnayer le service que Dieu leur avait octroyé auprès de l'Eglise, les abeilles ont été punies.

Par cette particularité, l'apiculteur avait une mission et un lien unique avec ses abeilles. Il devait en effet être d'une conduite irréprochable, honnête. En Catalogne, en bourdonnant, elles reconnaissaient le fait d'être sous la tutelle d'un nouveau propriétaire.
Pour que l'Eglise ait la cire dont elle a besoin, le Ciel concède à une personne de chaque famille la grâce de comprendre les abeilles et de savoir les traiter; elle conserve ce don durant toute sa vie et, à sa mort, le Ciel lui-même le transmet à une autre, généralement le plus jeune. ?

Chez les rois et les empereurs

En Chaldée, elle était déjà le symbole royal, symbole solaire comme il a été déjà dit.

En Égypte ancienne, le roi de la Basse-Egypte est identifié au "roi" des abeilles et le peuple à la multitude des abeilles qui le servent. Ammien Marcellin affirme qu'une abeille occupée à faire du miel exprime le mot "roi" et pour Horapollon, l'abeille représente le peuple qui obéit au roi.

tableautableau tableautableau

Louis XII -à gauche- quitte Gênes qui vient de se soumettre. Son habit porté au dessus de son armure, est orné d'abeilles et de ruches symboles parmi d'autres de sa royauté; au bas de son vêtement, sa devise "Non utitur aculeo rex cui paremus" pour signifier la douceur dans le gouvernement.

Lors du sacre de Napoléon -à droite- celui-ci est vêtu d'un manteau orné de broderies représentant des abeilles. Celles-ci ont été choisies car elles sont le symbole héraldique du zèle industrieux et de l'ardeur au travail.
Comme symbole monarchique, il choisit le sceptre du roi Charles V.

Iconologie

Iconographie chrétienne

Dans la Bible

Déborah est une prophétesse et la seule femme mentionnée parmi les Juges d'Israël. Elle rend la justice sous un palmier dans la Tribu d'Éphraïm entre Rama et Béthel.

Toutes les allusions relatives aux abeilles ont trait aux essaims libres d'abeilles sauvages:
L'Amorrhéen qui habite cette montagne sortit, et venant à notre rencontre, vous poursuivit comme un essaim d'abeilles. ?
Mes ennemis, dit David, se sont jetés sur moi, comme un essaim d'abeilles. ?
Le Seigneur, dit le prophète Isaïe, appellera d'un coup de sifflet la mouche qui est à l'extrémité du fleuve de l'Egypte et l'abeille de l'Assyrie, et elles viendront, et elles se reposeront près des torrents et dans le creux des rocheux, et sur les arbres. Nous retrouvons ici la croyance des Anciens d'arrêter les essaims par le sifflet ou autre tintamarre; l'abeille du Nil fait allusion au symbole de la Basse-Egypte.

gravureSur les armes imaginées par Jérôme de Bara, "de gueules semé d'abeilles d'argent au lion passant d'or brochant sur le tout", les abeilles et le lion font référence à cette histoire où Samson cherche femme en territoire hostile malgré la mise en garde de ses parents: Comme Samson arrivait aux vignes de Timna, il vit un jeune lion qui venait à sa rencontre en rugissant. L’esprit de Yahvé fondit sur lui et, sans rien avoir en main, Samson déchira le lion comme on déchire un chevreau ; mais il ne raconta pas à son père ni à sa mère ce qu’il avait fait. A quelque temps de là, il fit un détour pour voir le cadavre du lion, et voici qu’il y avait dans la carcasse du lion un essaim d’abeilles et du miel. Il en recueillit dans sa main et, chemin faisant, il en mangea. Lorsqu’il fut revenu près de son père et de sa mère, il leur en donna, mais il ne leur dit pas qu’il l’avait recueilli dans la carcasse du lion;
Samson met ensuite au défi le clan de la femme qu’il convoite de deviner la réponse à cette énigme: De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux, faisant référence au miel. ?

Cette figure avait dans certaines circonstances, un double langage. Ainsi "Le lion de Samsom dont sortoient des essains d'abeilles representoit les Pennonages de cette ville qui sortoient pour aller au devant de sa Majesté." ?

En reliant l'abeille au cadavre du lion, la Bible fait de l'abeille un symbole de régénération, notion qui sera reprise sous une autre forme dans le nouveau testament.

tableau Dans cette composition paraissant tout à fait banale, se cache en fait toute la symbolique du Christ. Si le vin fait référence à l'eucharistie et la disposition du pain et du sucre, à la croix, le papillon se libérant de son cocon, à la résurrection et au salut, l'abeille renvoie à la miséricorde en raison de la douceur du miel mais aussi à sa résurrection par rapprochement de la disparition de l'abeille durant l'hiver et celui du corps du Christ durant 3 jours après sa mort avant de ré-apparaître, ressuscité.
Ainsi, l'abeille figurait souvent sur les tombeaux.
L'iconographie chrétienne rapproche souvent l'activité de l'abeille à la vie monastique empreinte d'ordre et d'ardeur au travail.
Origène comparera l'abeille à l'Eglise et Anastase dira que l'abeille est l'Eglise. Selon Clément d'Alexandrie, l'abeille est la parole et le miel, l'œuvre des prophètes et Ephraïm de Syrie que l'Eglise est une abeille qui prélève de la douceur sur les "saintes fleurs".
Certains saints sont comparées à des abeilles à cause de leurs bonnes actions et la douceur de leurs paroles semblables à du miel.

Iconographie profane: emblèmes et devises.

Dans la représentation de l'artifice de César Ripa, un jeune homme montre de sa main gauche une ruche pleine de mouche à miel pour nous signifier leur merveilleuse industrie, qui fait dire au plus sage des hommes: Va-t'en à l'abeille, qui t'apprendra combien elle est diligente & laborieuse en son ouvrage; & au Prince des Poëtes Latins, Que ces merveilleux Animaux, quelques petits qu'ils soient, ne laissent pas d'estre grands en leur conduite, comme ayant leurs chefs, leurs ordres, leur police, & leur œconomie, d'où se forme entr'eux une manière de Royauté.
Guillaume La Perrière fait intervenir les abeilles dans une "fin victorieuse
Voici (Lecteur) engin victorieux,
Et triomphant, pour la fin de ce livre:
C'est yceluy, qui surpasse les cieux,
Et qui fait après le trespas vivre.

"
• Johann Fischart, imitateur allemand de Rabelais, voit en l'abeille un symbole d'union.
• Pour Léonard de Vinci, l'abeille sera symbole de Justice et de bon gouvernement.
• Quant à Jacob Cats, il fera cas de l'abeille pour signifier que l'amour est un privilège de la jeunesse.
Vieille fleur gist sans honneur.
Jamais voit-on l'amour, jamais voit-on l'abeille
Aller cueillir son miel sur rose trop vieille:
Aupres la fresche fleur la mouche faict son tour.
A l'aage verdelet convient le doux amour.

La flatterie

gravure gravure
La flatterie
selon Cesare Ripa et Juan Dolivar.

Passer la souris sur les images pour lire les poèmes ou les textes qui les accompagnent.

L'abeille rappelle ici le miel que le flatteur met dans ses paroles. Se rappeler de la fable "le corbeau et du renard" de Jean de la Fontaine.

de la diligence

gravureLa mousche à myel travaille à diligèce,
Et le bourdon en vit sans faire rien:
Maint un méchant oysis par negligèce
D'autruy devore & consume le bien.

gravure gravure
La diligence
selon Guillaume La Perrière, Cesare Ripa et ?

Selon César Ripa,l'abeille, en répondant aux exigences naturelles du thym représente la diligence.

Du bon gouvernement et de la clémence du roi.

Mixtus état Principis clementia
gravurePour bien vivre en ce monde il Faut suyvre l'Avette,
Elle a un duc, un Roy, & si un sentiment
De la divinité qui la faict prudemment
guerroyer, & garder la loy que lon a faicte.
Le Prince & le Senat par conseil et prudence
Contregarde son œuvre, en guerre il se conduit,
Il donne des honneurs à celuy qui le suit.

gravureVesparum quod nulla,unquam Rex spicula figet:
Quodque alÿs duplo corpore major erit.
Arguet imperium clemens, moder atag regna
Sanctag iudicibus credita iura bonis.

gravureLe Roy des Guespes pas ne poingt,
Aussi d'eguillon n'a il point,
Et est plus grand de corpulence.
Ce que nous monstre un Roy bien dous,
A gens droits & d'expérience.


Comme en d'autres devises,
A. Alciato confond guêpes et abeilles
et plus précisément "Roi des abeilles" et guêpe.
Constitution mixte
de Joannes Sambucus Les Emblèmes- 1567.
La clémence comme principe
d'Andrea Alciato Liber Emblematum- 1567 et Les Emblèmes- 1615

de la duplicité

Omne bonum opus invidiam sentit Le desguisement du bien
gravure Sur une mesme fleur & l'araignée & l'avette
Vont pillant leur butin, la douceur celle cy,
Et l'autre son venin: mesme bien ainsi
Excercice à vertu, & pour envie appreste.
L'une y puise son los, l'autre sa hayne infecte:
Mais l'envieus malin qui se voit devancer,
Et d'un mesme subject rien que fiel amasser,
S'en repaist, & du bon la ruyne projecte.

gravureLa mesme fleur nourrist l'Avette & l'airaignee,
L'une y cuille le miel & l'autre le poison:
L'accord & le discord sont de mesme lignee.
L'escripture est sterille aus hommes sans raison,
Et aus bons elle sert d'une targe gaignee.

Tout oeuvre bonne se ressent de l'envieux
de Jean-Jacques Boissard- Emblemes nouvellement mis de latin en françois.
Le déguisement du bien
de Hadrianus Junius- Emblèmes- 1565

SIC VOS NON VOBIS

Origine de cette devise: lire

Jacobus Boschius à la manière de Daniel Meisner
gravure

Antoine de Lève, capitaine des armées de Charles-Quint en avait fait sa devise accompagnée d'un essaim d'abeilles.

symbole du peuple...

L'essaim d'abeilles sera pour le père Pierre Le Moyne, l'image du peuple français
D'un coté de cette devise,
qui est double, il se voit un essaim
d'abeilles, autour d'un Lys, [...]
Et cet essaim représente le Peuple
François, qui n'épuise point par sa
multitude les richesses de la France,
comme le Mot le donne à entendre.

assemblé derrière le roi.

M. Thiers et les abeilles

caricatureJe compare le Peuple à ces pauvres abeilles,
Les grands, pour l'attirer chez eux,
Et sous prétexte aussi d'un abri généreux,
Lui promettent monts et merveilles,
-Viens à l'ombre de nos palais,
Accomplir ton labeur en paix,
Sans que le fâcheux te dérangent,
Lui disent-ils, d'un ton bienveillant, paternel.
Le Peuple, trop crédule, accepte, fait son miel...
Mais ce sont les grands qui le mangent.

P.-F. Mathieu

et de la république

Si l'abeille fut prise en symbole par diverses royautés et empereurs, elle le fut également celui de la République, tel le prouve ce texte.

Les Abeilles sont depuis longtemps le modèle des Républiques & des villes bien policées. Leur Œconomie est une Ecole pour toutes sortes de personnes. Les Roys s'y peuvent instruire de la générosité & de la douceur que commande leur condition, & les peuples du respect & de la fidélité qu'ils doivent à leurs Souverains. Il n'est point d'armée mieux rangée que leurs essaims, ils ont leur rang & leurs files bien disposez, & je ne scay s'il fut jamais des troupes mieux disciplinées, ny plus adroites que ces escadrons ailez. Cette République volante à ses temps de guerre & de paix, elle combat sous les yeux de son Roy avec une générosité qui meriteroit des couronnes, si la nature ne les avoit dejia fait naître avecque le diadème. Il n'est rien de plus fier, ni de plus animé dans l'attaque & la défense, & ces petites amazonnes qui naissent armées pour maintenir leur liberté ont du fiel & de la bile, quoy qu'elles ne se nourrissent que de miel & de rosée. On diroit à les voir ordinairement parmy les Fleurs, que leur vie est molle, délicate & languissante, mais aussi tost que le bruit des petites Trompes de leurs compagnes sonne l'alarme & les appelle à la defèce de leur ruche, elles passent de ce doux exercice au tumulte des combats, & s'exposent aux dangers avec autant d'ardeur que de courage. Il faut néanmoins advoüer que la paix leur est plus convenable que la guerre, & qu'il y a plus de plaisir à les voir empressées à leur petit travail qu'occupées à une attaque ou à la défense de leurs postes.

L'Art des Emblèmes- Extrait

Autres emblèmes

gravure
Gravure de Daniel Meisner

Nota: Cett auteur est surtout apprécié pour les paysages figurant au second plan et montrant les villes d'Europe telles qu'elles se présentaient au XVIe siècle.

Dans son Principe perfecto y ministros ajustados, Andres Mendo utilisera les abeilles et les ruches dans quelques unes de ses devises où nulle place n'est laissée à la poésie; elles sont uniquement accompagnées de longues explications.

 

 

 

En 1702, de la même congrégation, le R.P. Jacobus Boschius- ou Jacobo Boschio- fit éditer un ouvrage en latin Symbolographia sive de arte symbolica sermones septem dans lequel les abeilles sont souvent présentes pour illustrer ses devises.

gravure
A faute répétée, point de clémence.
gravure
Le roi les mène au combat
gravure
L'essaim impose sa loi
gravure
L'essaim va à son roi

 

Quelques devises
de D. de La Feuille
Ex bello pax. Rex animo, non sexu
abeille
gravureLarmet dung hardy chevalier
En temps de paix fut de repos,
De mouches a miel ung milier,
Lont trouve pour elles dispos:
Tost y ont faict leurs petitz potz,
Mettans miel, ou meist sang la guerre:
Soit donc noise hors de tous propos,
Qui nest contraint pour paix acquerre.

gravureLa Nation que je régente,
Est industrieuse & vaillante,
Et de ses Ennemis triomphe sous mes loix:
La Victoire où je suis cesse d'estre volage,
Et pour l'arrester davantage,
Si je n'ay le sexe des Roys,
J'en ay l'esprit & le courage.

La paix succède à la guerre.
d'Andrea Alciato
Les Emblèmes- 1615
Il est Roy de courage, & non de sexe.
du père Pierre Le Moyne
Devises héroïques- 1669

Pour en savoir plus sur les devises et emblèmes, lire "L'art des emblèmes" de Ménestrier-1662.- bnf/gallica

Sur les médailles, monnaies, blasons et armoiries

photoDes médailles de la ville d'Ephèse portaient une grosse abeille à leur revers. Tyr frappait monnaie à son effigie et dans des époques plus modernes elle est encore gravée sur des médailles.

Les abeilles de Chilpéric

photoLorsqu'en 1633, à Tournai en Belgique, on découvrit le tombeau de Chilpéric 1er avec plus de 300 abeilles d'or dont une trentaine ornaient le harnais de son cheval, il se créa une vive polémique entre ceux qui prétendaient que ce roi adorait les abeilles et ceux, pour qui elles représentaient les premières armes de nos rois, qui plus tard auraient pris la forme de fer de lance, adoptée par la royauté et connue sous le nom de fleur de lys. Mabillon protesta et rappela que nos rois n'avaient point d'armes avant le XIIe siècle.
Certains y virent des cigales, insectes des régions méditéranéennes donc impropres à ce roi du nord.
Selon Michel Rouche, il s'agit bien d'abeilles, car Childéric aurait emprunté lors de son séjour en Thuringe, une coutume adoptée par les Thuringiens soumis aux Huns. L'abeille symboliserait alors le matriarcat par l'image de la reine des abeilles autour de laquelle gravitent toutes les autres. Une autre question se pose alors. Longtemps on crut que les abeilles étaient dirigées par un roi; les Huns auraient-ils su que c'était une reine?

Henri III

Henri III, roi de Pologne puis roi de France avait fait graver en une médaille le Roy des Abeilles au milieu d'un essaim avec cette sentence Plebis amor Regis custodia

Une soumission sous forme de parodie

La duchesse du Maine, petite,photo tyrannique et orgueilleuse, qui aimait singer la cour de Louis XIV, mais aussi asservir les siens à ses caprices et à sa fantaisie inventa en 1703, l'ordre de la "mouche à miel". Ceci lui permit de s'attacher une cour à sa dévotion composée de quarante chevaliers et chevalières. Les jours d'intronisation, la duchesse, “reine des abeilles”, s'installait sur un trône encadré de tentures de velours bleu semé d'abeilles d'or et l'impétrant jurait fidélité à la "grande Ludovise" et de venir siéger à Sceaux à chaque convocation, sous le serment que le héraut de l'ordre, coiffé d'un bonnet en forme de ruche et enveloppé d'une longue robe de satin incarnat semé de mouches à miel d'argent, prononçait d'une voix solennelle. Puis il recevait une médaille d'argent frappée à l'effigie

L.BAR.D.SC.D.P.D.L.O.D.L.M.A.M
Louise, baronne de Sceaux,
dictatrice perpétuelle de l'ordre
de la mouche à miel
.
de la duchesse, suspendue à un ruban jaune citron, portant à l'avers une abeille avec l'inscription tirée de l'Aminte du Tasse: Piccola si, ma fa pur gravi le ferite formule qu'elle avait adoptée après son mariage.

Napoléon Ier et Napoléon III.

photoL'écu impérial de France de Napoléon Ier fut "d'azur à une aigle essorante, la tête contournée d'or ; timbré de la couronne impériale fermée ; accompagné du grand-collier de l'ordre de la Légion d'honneur". Le manteau impérial brodé d'abeilles rappelant celles des Mérovingiens recouvrait le tout.
Ces armes furent reprises par son neveu Napoléon III, durant le second empire.

photoBonaparte qui était passé par Nice, en route vers l'Italie, dont un aigle figurait sur les armes de la ville et qui faisait concurrence à l'aigle impérial, le fit remplacer lorsque la ville fut rattachée à l'Empire par un lion, un soleil, des abeilles, un olivier et un oranger; puis il attribua à Nice, le statut de "bonne ville". Après l'Empire, la ville redevint au comté de Nice et restitué au royaume de Piémont-Sardaigne. La ville récupéra son aigle mais perdit son lion, son olivier, son oranger, son soleil et ses abeilles...

Un "chef de gueules à trois abeilles d'or" sur les armoiries des villes récompensa celles dont le maire avait assisté au couronnement de l'empereur; elles eurent accès au rang de "Duchesses" et considérées comme "bonnes villes"! Ainsi 36 d'entre elles eurent cet honneur, dont 29 en France: Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Bourges, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, La Rochelle, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Montauban, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Orléans, Paris, Reims, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Tours, Troyes et Versailles.
Celles de deuxième classe furent les "Comtesses"; leur maire était nommé par l'empereur et autorisé à placer un "un chef d'azur d'un N et d'une étoile d'or" sur l'armoirie de leur ville. Aucune ne porte d'abeilles.

Lors de son premier exil, comme roi de l'île d'Elbe,photo Napoléon dota son petit territoire d'un drapeau sur lequel figurait trois abeilles. La première Maison qui gouverna l'île était celle des Appiani de Pise dont la bannière était blanche avec des abeilles, car appi, en italien, veut dire abeille. Napoléon choisit alors un pavillon blanc traversé d'une bande rouge parsemée de trois abeilles lui rappelant ainsi que celles-ci étaient figurées sur les armoiries impériales.
Cet exil de Napoléon sera la source d'inspiration du roman d'Albéric Cahuet, "Les Abeilles d'Or- L'île d'Elbe 1815".photo

Napoléon III, en digne successeur de son oncle, orna son pavillon d'un aigle au centre, sur fond bleu, blanc et rouge, orné d'abeilles.
En 1853, Victor Hugo en exil à Jersey adressera à Napoléon III, les vers suivants: lire
Théophile Gautier, qui considèrait Victor Hugo comme son "maître", se montrera heureux de la naissance du prince impérial Louis Napoléon en 1856: lire

Des villes

L'abeille figure dans les blasons de nombreuses villes françaises où elle symbolise généralement le travail lié aux activités du lieu; d'autres fois elles est issue des anciennes seigneureries de la noblesse française ou rappelle son attachement au Premier Empire ou un événement lié à la vie de Napoléon 1er et plus rarement à Napoléon III.
- Aquitaine: Caudrot, Cocumont.
- Auvergne: Madriat dont l'abeille "impériale" perpétue le souvenir de Napoléon III, de passage dans cette ville en 1862, Marcellus, Saint-Genès-Champespe et Saint-Genès-du-Retz.
- Basse-Normandie: Querqueville inspiré de l'ancienne chapelle de Saint-Germain l'Ecossais et dont l'abeille rappelle le passage de Napoléon Ier dans le château local, sur le chemin de Cherbourg.
- Bourgogne: Aigremont dont les abeilles rappellent les valeurs de foi et de travail, Fixin avec trois abeilles, rappel du 1er Empire, Fourchambault, ville industrielle par ses forges du passé, où l'abeille représente le travail, Saint-Vallier
- Bretagne: Penvenan dont les armes sont issues de la famille de Plusquellec, enrichies de trois abeilles: ces dernières auraient été ajoutées à cause d'un jeu de mots bretons, Pen Gwenan et Perwenan; ce type d'armoiries est dite "parlantes".
- Centre: Achères-le-Marché dont les abeilles rappellent le nom originel du lieu, Cormenon, Lamotte-Beuvron, Oucques, Reignac-sur-Indre issu de Louis Barberin de Reignac qui, en 1700, acquit la baronnie du Fau; dix ans plus tard, Louis XIV le nommera marquis et l'autorisera à donner son nom à cette terre; les trois abeilles indiquent son appartenance aux Barberini; Ruan-sur-Egvonne, Salbris dont le centre représente les anciennes armoiries des seigneurs de Thou et de Salbris.
- Champagne-Ardennes: Bar-sur-Aube qui, en partie, reprend les armoiries du comté et dont les abeilles rappellent les abeilles napoléonnienes, Bazancourt dont les trois abeilles rappellent les villes acquises à Napoléon 1er mais aussi les activités industrielles de la ville, Romilly-sur-Seine, Thonnance-lès-Joinville.
- Franche-Comté: Ravilloles dont l'abeille couleur or, symbolise la production de richesse et l'activité industrielle de la ville.
- Haute-Normandie: Daubeuf-près-Vatteville, Doudeville où, pour ces deux villes, l'ensemble des figures évoque les activités agricoles et Barentin où les abeilles pourraient représenter l'activité ouvrière des filatures.
- Ile-de-France: Bagneaux-sur-Loing, Boissy-Saint-Léger, Ennery, D'Huison Longueville dont l'abeille évoque l'apiculture, Levallois-Perret où les abeilles représentent l'activité des industries: la parfumerie pour le brûle-parfum et la mécanique pour la roue d'engrenage, Villecresnes, Villiers-Saint-Frédéric inspiré des armoiries d'anciens seigneurs féodaux, De Menuau, de Rouville, comte de Maurepas et de Villiers-Cul-de-Sacq.
Un cas particulier- les armoiries du VIIe arrondissement de Paris, arrondissement du Palais Bourbon, où figurent des fleurs de lys, symbole de la royauté, ne furent jamais adoptées.
- Languedoc-Roussillon: Laval-Atger où l'abeille peut-être considérée comme bienfaitrice par la bonne exploitation des sources.
- Limousin: Bugeat, La-Roche-L'abeille qui choisit elle-même son blason. Elle est issue de la légende selon laquelle les partisans du duc d'Anjou, catholiques, en conflit avec ceux d'Henri de Navarre, protestants, furent tous mis en déroute par un essaim d'abeilles.
- Lorraine: Bains-les-Bains, Colroy-la-Grande où l'abeille symbolise l'importance de l'apiculture dans cette ville, Heillecourt dont l'abeille rappelle les armes de la famille de Richard Mique qui fut un des deux seigneurs de Heillecourt, Lemud dont les armes sont celles de l'ancienne seigneurerie; le département de la Moselle étant parmi ceux autorisés à commercialiser le "miel de sapin", et avant 1880, Plombières-les-Bains, date à laquelle il fut remplacé par celui de Ferry III, duc de Lorraine.
- Martinique: Le Lamentin dont les abeilles renforcent le mot Labor de la devise.
- Midi-Pyrénées: Mazamet dont les armoiries sont une reprise de celles des seigneurs de Hautpol, seigneurs de Mazamet. Les abeilles font référence aux usines qui ont fait de Mazamet le centre industriel le plus important du Midi au XIXe siècle.
- Nord-Pas-de-Calais: Saint-Etienne-au-Mont dont les abeilles ont été placées par Napoléon Bonaparte lors de sa résidence en ce lieu, durant la campagne de Boulogne en 1805 dans le but d'envahir l'Angleterre, Saint-Léonard où l'abeille sur des rayons pourrait signifier l'activité apicole de la ville, Wimereux.
- Pays de Loire: Les Clouzeaux, La Meilleraye-de-Bretagne car en 1882, l'évêque portait dans ses armes une ruche accompagnée d'abeilles, choisit selon certains, pour l'origine du nom de cette ville qui serait mellarium, pour d'autres, ce type d'armoiries serait de type "parlantes" par rapprochement du mot meille et miel.
Il est à noter que les mots melos et mel auraient la même origine: voir.
Mulsanne dont les abeilles rappellent l’origine supposée du nom de la ville, Saint-André-de-la-Marche où l'abeille placée parmi d'autres symboles relatifs à diverses activités exprime celle de l'apiculture; d'autant plus que celle-ci fut jadis une activité fortement liée à l'agriculture traditionnelle!
- Picardie: Attichy, Coucy-lès-Eppes dont l'abeille rappelle l'ancien nom du fief Apiam, Lappion où l'on peut supposer une armoirie parlante par le rapprochement de Lappa, d'où le nom du village, et de l'apium.
- Provence-Alpes-Côte-d'Azur: Cap d'Ail, dont les trois abeilles rappellent le retour de Napoléon Ier de l'île d'Elbe, Roquebillière ou Roche aux abeilles.
- Rhône-Alpes: Anneyron dont les abeilles associées aux trois tours rappellent aux citoyens et aux travailleurs leur devoir de défense de la cité, Apprieu, Boulieu-les-Annonay, Givors dont les armes ont été créées en 1860: les abeilles représentent l'activité et l'industrie de la ville; à dextre d'azur, un N surmonté d'une étoile rayonnante lui fut ajouté par Napoléon III, la croix de guerre, au lendemain de la seconde guerre mondiale, Lorette, Vocance.

Dans les régions françaises

Seule des régions françaises, la Réunion possèdes des abeilles dans ses armoiries.
C'est à l’occasion de l’exposition coloniale de 1925, organisée à Petite-île, que le gouverneur de l'île, Merwaert créa les armoiries de son île dont les abeilles rappellent que l'île faisait partie du Premier Empire; elles sont restées pour symboliser aujourd'hui le fameux miel vert de la Réunion, issu de l'arbre appelé "tan rouge" à cause de la couleur de son bois.

Quelques familles "abeillées"

Certaines familles avaient une ou plusiers abeilles sur leurs armoireries; certaines ont pour origine la noblesse d'Empire. Pour les autres, il serait intéressant de connaitre la cause de cette présence qui malheureusement ne nous est pas connue; certaines soient parlantes, telles celles des famille Mellis et Mouchard dont le nom fait référence au miel et à l'apiculteur.
Parmi ces familles on peut nommer:
Abeille Jean, Etienne-Charles Abram de Zincourt, Dominique Anthoine, Cazals de Fabel, Desverneys, Ferradou, Fleury, Frère, de Mellis, Mouchard de Chaban, Perret, de Reinach-Cessac, Riston, Salvage de Faverolles.
- La famille Barberini qui avait essaimé dans toute l'Europe et principalement en France où certains de ses membres avaient trouvé refuge pour enrichissement abusif, francisèrent leur nom en Barberin et gardèrent leurs armoiries "d'azur, à trois abeilles d'or".

Chez les ecclésiastiques

Les Barberini

photoIssu de la famille Barberini dont les armoiries s'ornaient de trois abeilles, Urbain VIII les associa à ses armes papales. Ce fut à l'époque, un véritable essaim d'abeilles qui s'abattit sur la ville de Rome; il ne fut dans cette ville, un palais des Barberini, une églisephoto
vitrail de l'église Ste-Marie et plafond de l'église Sts Côme et Damien,
toutes deux à Rome.
ou une fontainephoto
Fontaines du Triton, des Abeilles et Barcaccia, à Rome.
dont un élément d'architecturephoto
abeille sur cloture en bois du palais Barberini à Rome
socle de colonne du baldaquin- basilique St-Pierre de Rome
abeille sculptée sur pierre de l'escalier du palais Barberini à Rome.
, une fresquephoto
détail de la fresque de P. de Cortone
Plafond du palais Barberini à Rome.
, de même que la monnaie qui ne porta l'emblème du pape.
Les Barberini descendaient de François Barberini que certains auteurs nommaient Franscesco Tafani car les trois abeilles que portaient leurs armes, étaient à l'origine, dit-on, trois taons, qui par la suite furent changés en abeilles. ?
Selon la version de G. Ferro, Urbain VIII, originaire de Florence, aurait choisi des abeilles sur son blason pour rendre hommage à Ferdinand de Médicis dont la statue équestre porte sur un coté une reine entourée d'abeilles
symbole du peuple laborieux
autour de la reine qui à
cette époque on nommait roi,
par ignorance et comparaison
à la société féodale.
en cercles concentriques ou pour signaler son égale puissance vis à vis du roi de France, descendant des Médicis.
Plus largement, les trois abeilles du pouvoir spirituel venaient concurrencer les trois fleurs de lys du pouvoir temporel des rois de France.

Mgr Freppel

photoMgr Freppel, évêque d'Angers, monarchiste et ferme opposant à l'école laïque, gratuite et obligatoire et au divorce, s'opposa de toutes ses forces à Gambetta et à son collègue l'évêque d'Orléans, Mgr Dupanloup. Il fut "parachuté" à Brest pour être élu député et siégea dans les rangs des monarchistes, comme quoi il sut profiter des institutions républicaines pourtant qu'il combattait!
Son emblème episcopale était accompagnée de la devise "Volontiers son miel, à regret son dard."
Il soutiendra la création de l'Institution Saint-Louis de Saumur et viendra presque chaque année remettre les prix; l'abeille de ses armoiries qui tapisseront les murs de l'Université catholique, se retrouvera sur les boutons des uniformes du collège.

Mgr Mélisson

photoArchiprêtre de la cathédrale du Mans puis Evêque de Blois, Mgr Mélissonphoto
Parigné-l'Évêque- 1842- Le Mans 1927
Peint par Jacques Barcat-1877-1955.
avait choisi un blason d'azur à deux abeilles d'or, et d'argent à trois chandeliers de sable. Celles-ci figurent sur le tableau le représentant.
Durant la guerre de 1870, il dirigea une ambulance installée au Grand Séminaire.

On peut penser que son choix pour des abeilles est d'avoir fait le rapprochement de son nom avec Mélissa signifiant abeille et miel en grec.

Curé doyen d'Avesne-sur-Helpe

"D'azur au lion d'argent surmonté de trois mouches à miel d'or en chef", peut-être en souvenir d'une légende locale selon laquelle une apparition de Notre-Dame des mouches aurait eu lieu à l'emplacement du sanctuaire du même nom.

Voir également Symbolisme de la ruche où souvent la ruche est accompagnée d'abeilles et Symbolisme du miel.

 

photo

Dans la société civile

La compagnie d'assurances "l'Abeille" précéda Aviva.

Sources

- André ALCIAT- Les Emblèmes.
- Virginie BAR et Dominique BREME- Dictionnaire iconologiephoto
- Jean-Claude BELFIORE- Croyances et symboles de l'Antiquité-photo
- Jean-Claude BELFIORE- Grand dictionnaire de la mythologie.photo
- Jacobus BOSCHIUS- Symbolographia Sive De Arte Symbolica Sermones Septem
- Rémi CHAUVIN- Traité de biologie de l'abeille-photo Histoire, ethnographie et folklore
- Jean CHEVALIER et Alain GHEERBRANT- Dictionnaire des symbolesphoto
- Collectif- Faire de l'histoirephoto- sous la direction de Jacques Le Goff et de Pierre Nora - Folio histoire
- M. de COURCELLES- Dictionnaire universel de la noblesse de France.
- Daniel de La FEUILLE- Devises et emblèmesphoto
- Guillaume La PERRIERE- Morosophie et Le théâtre des bons engins.
- Lucia IMPELLUSO- La nature et ses symboles.photo
- Philippe MARCHENAY- L'homme, l'abeille et le mielphoto
- Serge MARTIN- L'abeille et la ruche-Symboles et armoiriesphoto
- Pierre Le MOYNE- De l'art des devises.
- Guy de TERVARENT- Attibuts et symboles dans l'art profanephoto
les sites
Archives.org
Armorial de France
Digilander
Gallica/bnf
Lucmedievalgarden
Marikavel
Persée
Rêves
Saumur
• Revue Terrain - Marlène ALBERT-LLORCA- Les servantes du Seigneur.
Tout sur l'héraldique
Wikipédia.
Pied de page
Retour à l'accueil

Ce site est optimisé pour un écran de 1280x768 et répond aux standards édictés par le W3C.
Il est conseillé d'utiliser un navigateur qui répond favorablement à ces standards.
Contact      © Cl. Bralet/la ruche sauvage