L'abeille dans les traditions

 

Avec la culture intensive moderne, avec les manipulations de miel, d'abeilles et de matériel qu'elle demande, les risques de contagion sont infiniment plus grands qu'autrefois.
E. Angelloz-Nicoud

Les maladies des abeilles

L'évolution des maladies

Si au cours des siècles, les maladies ont été épisodiques, il n'en fut pas de même lorsque le mobilisme s'installa avec les méthodes intensives d'exploitation.
Au dire des apiculteurs pratiquant le fixisme, l'ennemi n°1 était la redoutable fausse teigne qui dans les ruches en paille trouvait là un abri favorable à sa prolifération. Ce qui d'ailleurs est aussi valable dans les ruches à cadres mobiles où sont créés des espaces qui leur sont tout à fait favorables.
Contre elles, le piégeage était l'arme la plus utilisée.
A l'invention des cadres, l'apiculture devra faire face à une maladie beaucoup plus dangereuse et destructrice puisque le seul remède était de brûler la ruche entière; puis vinrent les produits chimiques dont l'action resta fort limitée atteignant également la santé des abeilles.

Constatations

Dans les années où s'intensifiaient les méthodes d'apiculture, on remarquait que les abeilles sauvages échappaient aux maladies atteignant les ruchers modernes de l'époque, tout comme aujourd'hui, certaines échappent à la varroase.

Celle d'un apiculteur.

M. Bertault, directeur du laboratoire agricole départemental de La-Roche-sur-Yon, écrit dans l'apiculteur de juin 1922:
Je suis un vieil apiculteur, s'occupant des abeilles depuis plus de 50 ans, mobiliste. Il y a de très nombreuses années où je n'ouvre jamais mes ruches et m'en trouve fort bien, car dans mes débuts où je pratiquais le mobilisme j'avais introduit la loque dans mon rucher. Je n'ai pu la détruire que par le feu.
Aujourd'hui que je suis devenu fixiste avec mes ruches à cadres, je n'ai plus de loque. Je récolte le miel dans des hausses à cadres bâtis bien entendu.
A Chantonnay, une apicultrice de mes amies, habile, qui pratiquait le mobilisme sur un beau rucher de 50 colonies, en bon pays mellifère, a perdu toutes ses colonies par la loque.
Il y a quelques mois, M. Vrignaud, un grand liquoriste de Luçon, est venu me consulter pour la loque qui sévit dans son rucher. Cet apiculteur ouvre ses ruches à tout propos.
A Aubigny,... le curé de la paroisse possédait plusieurs centaines de colonies; il faisait l'élevage des reines sur une grande échelle. Loque partout, tout a disparu.

auquel E. Sevalle, secrétaire général de la Société Centrale d'Apiculture, répondit:
Nous n'aurions rien à ajouter à cet article ci dessus si ce n'est de remercier M. Bertault... de n'avoir pas craint de mettre le doigt sur la plaie du mobilisme et d'avoir mis en garde des apiculteurs contre les visites intempestives et inutiles des ruches à cadres mobiles.
Nous avons toujours lu avec peine les articles ou les ouvrages d'auteurs écrivant que la ruche à cadres est un livre ouvert. En effet, c'est un livre qui peut s'ouvrir, mais comme les mauvais livres, il faut l'ouvrir le moins souvent possible et seulement pour les opérations indispensables.

Remarquons que cette réponse entre en contradictions avec la nécessité même de vérifier la bonne santé des colonies logées dans des ruches cubiques dont les angles non occupés par les abeilles les rendent plus vulnérables aux moisissures, à la fausse-teigne et autres parasites.

Paroles d'apiculteur - Voir également "loque" ci dessous.

Comme J. Hurpin, nous pouvons conclure que les abeilles ont subi des attaques parasitaires de grande envergure et un affaiblissement dès l'intensification de l'apiculture et notamment lorsque du sucre leur fut donné comme unique nourriture durant l'hibernage; il est probable que plus on s'écarte de leurs conditions naturelles de vie, plus elles deviennent vulnérables.

Des études menées sur la flore intestinale de l'abeille ont établi qu'elle hébergeait nombre de micro-organismes pathogènes qui cependant, ne pouvaient à eux seuls se développer pour créer une maladie, l'abeille développant une résistance naturelle assure un équilibre biologique entre les différents partenaires.
Au cours de son évolution, entre l'abeille et ces différents agents s'est établie une adaptation, fruit d'un équilibre entre elle et ses conditions d'existence. C'est pour cela que l'on considère que la maladie est une perturbation de l'équilibre biologique de la ruche.
Il suffit que le milieu intestinal change brusquement pour que l'un des agents prolifèrent dangereusement amenant un déséquilibre biologique.
Pour qu'une maladie se déclare, il faut qu'un certain nombre de conditions soient réunies concernant l'hérédité et le milieu vivant. Par exemple, certaines colonies d'abeilles éliminerons les larves malades et surmonteront la maladie alors que d'autres n'auront aucune résistance liée à l'hérédité et serons vaincues par elle.

... leur virulence s'est montrée de plus en plus grande au fur et à mesure que l'homme les a amenées et réunies en groupe autour de sa demeure et qu'il a tendance à les soumettre à des méthodes savantes pour en obtenir un plus grand rendement, mais pas toujours en harmonie avec leur instinct naturel.
Par suite de leur demi-domesticité et de leur ardeur à amasser, les mouches à miel [...] sont susceptibles de se contaminer[...]. Toutes les maladies ayant pour conséquence d'amener la faiblesse de la population, la garde de l'entrée diminue peu à peu et cesse finalement; alors le pillage d'abord latent, se change en invasion brutale et destructrice et les provisions sont emportées, ainsi que les germes infectieux à travers tout le rucher et plus spécialement chez les colonies fortes.
?

Il est certain que la loque se développa aussi à cause des manipulations sur le couvain que le mobilisme permettait. Aussi nombre d'apiculteurs revinrent au fixisme pour le couvain alors qu'il gardait le mobilisme pour la récolte du miel.

Les ouvrages d'apiculture moderne mentionnent les agents responsables des maladies et donnent les moyens chimiques de les éradiquer mais restent muets sur les causes pouvant les entrainer et il n'est pas rare qu'une fois éradiquée, une autre maladie fasse son apparition, symptôme que, comme le disait Claude Bernard, c'est "le terrain qui est tout"

Quelques soient les raisons avancées, il est certain que la loque s'installa avec le mobilisme et l'apiculture intensive, causes d'afflaiblissement des colonies.

Les maladies

La loque

La loque européenne est causée par le Mellissococcus pluton qui attaque principalement les colonies faibles.
"Elle est connue depuis l'Antiquité mais ne se manifesta d'une manière plutôt sporadique jusqu'au milieu du XIXe. Il est incontestable que dès l'avénement du système mobiliste, les foyers loqueux se sont multipliés au point qu'à la fin du siècle passé, cette infection devint le premier sujet de préoccupation de l'apiculteur. De plus, ce n'est pas uniquement des possesseurs d'abeilles négligents qui seront gravement touchés par l'épizootie, mais aussi des praticiens confirmés tels Dzierzon ou Bertrand." ?
De même Berlepsch, inventeur en Allemagne du cadre reconnut que cette invention, par ses manipulations, était la cause de la prolifération de la loque:
"C'est un fait certain que l'invasion de la loque en Allemagne date de la même époque que les ruches à cadres. Avant cette époque on manipulait peu les ruches. La loque était à peine connue tant elle était rare; mais depuis, elle est aussi connue que fréquente."
Il est a noter, qu'en 1880 déjà, un certain Martin Duffau se posait la question suivante: "La terrible maladie de la loque ne serait-elle pas due au refroidissement du couvain, refroidissement provoqué souvent par un déplacement trop fréquent des rayons." ?
Et Georges Memery écrira dans son étude de la loque européenne:
"Il nous faut mentionner les conséquences souvent néfastes de pratiques apicoles intempestives, telles les visites trop fréquentes au printemps, qu'aucune raison apicole ne justifie, et que la température extérieure insuffisante condamne, ou encore les agrandisements trop précoces et en trop grande discordance avec la miellée raisonnablement prévisible. Tout ceci est trop souvent à la base d'un développement rapide de la maladie pour que nous le passions sous silence; en apiculture il faut toujours se souvenir d'un principe, n'ouvrir une ruche que lorsqu'une raison valable et impérieuse nous y oblige." ?
En 1920, Stutevant affirmait que l'influence des conditions extérieures et celles de la nutrition étaient primordiales dans le cas de la loque européenne. ?
Nous retrouvons l'idée de refroidissement du couvain chez tous ces observateurs, cause du déclenchement de la maladie.

On a remarquer qu'un apport de pollen frais en grande quantité dans la colonie ou d'un déplacement de la ruche d'une mieillée à une autre peut empêcher l'extension de la maladie.

A titre de prévention, deux principes doivent être appliqués:
• Ne jamais laisser le froid gagner le couvain;
• Ne jamais nourrir avec du miel loqueux ou suspect.
Deux causes peuvent concourir à refroidir les ruches:
• Un affaiblissement de la population par l'essaimage artificiel et les permutations trop multiples;
• Une ruche dont les ouvertures sont trop grandes.

La mesure thérapeutique, tant pour la loque européenne en cas sévère que pour la loque américaine dans tous les cas, sans emploi d'antibiotique, est la destruction de la colonie contaminée et la désinfection à la flamme de la ruche.
Il faut remarquer que si la ruche à cadres mobiles favorise les risques de contamination, elle est davantage adapter aux traitements à appliquer lorsque la loque est à ses débuts, non encore de nature violente.

Aussi ne favorisons pas la loque. Le choix d'une ruche Warré munie d'une fenêtre d'observation permet de vérifier la bonne marche de la ruche sans l'ouvrir et évite ainsi le refroidissement du couvain et les manipulations inutiles.
De même, lors de son agrandissement par le bas, la déperdition calorique est limitée, le corps de ruche étant toujours recouvert de son toit.

Fin du XIXe siècle, un apiculteur de Champagne attribue la loque au tonnerre et à la foudre. De même que les orages et le tonnerre font tourner les œufs, ils tuent les larves dans leurs alvéoles et même les jeunes mouches lorsqu'elles sont près d'éclore; c'est pour éviter que les œufs de poule ne deviennent loqueux par cette cause, et que les jeunes poulets ne soient pas tués dans la coque, que les ménagères mettent des clous et des morceaux de fer dans le nid des couveuses. Le remède pour les abeilles serait aussi de placer du fer dans leur ruche. Mais le tonnerre et les orages ne sont pour rien dans la loque qui se manifeste au sortir de l'hiver et en automne, puisque dans ces saisons les orages sont très rares et la loque fréquente.

L'apiculteur- Octobre 1867

La nosémose

Richard Kostecki constata: Si une abeille a la possibilité de faire sa réserve d'albumine/graisse, elle produit en même temps les anticorps de la nosémose. Ceux-ci forment un genre de grillage dans les cellules de l'intestin moyen qui empêche la prolifération des spores de la maladie. Ces anticorps combattent les parasites. ?

En apiculture écologique et sauvage, cette maladie devrait être absente.

La dégénérescence des abeilles

Dans une remarquable étude, M. Prieur attribue la dégénérescence des abeilles aux causes suivantes:
- le croisement des races qui donnent d'abord d'excellents résultats mais dont les colonies ne maintiennent pas leurs qualités au delà de la première génération et qui, au contraire, amènent ensuite des sujets bien inférieurs à leur origine.
- La consanguinité, bien que discutée;
- Le nourrissement au sucre qui devrait être qu'un pis-aller temporaire mais qui chez les apiculteurs est devenu tout à fait habituel et faisant partie de leurs pratiques apicoles;
- Le défaut de production de la cire. Cette production devrait être assurée par l'abeille d'au moins une valeur d'un cadre sur trois ou quatre, ce qui est indispensable pour que les abeilles puissent utiliser l'exsudation cirière naturelle pour se maintenir en bonne santé et ce qui favoriserait le renouvellement des cires;
- Les intempéries: froid, canicule et surtout humidité.

Le choix d'une race locale, un nourrissement au miel et la production de cire par les abeilles est un gage de bonne santé de la ruche et de réussite.

La varroase

Voir la page "Ennemis des abeilles", le varroa.

Traitements

Dans de nombreuses régions d'Europe, ce parasite est devenu résistant aux varroacides traditionnels- lire.
D'autres formes de lutte peuvent être mise en application:
- par transvasement dans un décontaminateur; ?
- par traitement par Apiguard où à l'aide de thymol.
- par traitement à l'acide formique;
- par isotherapie- Cliquez ici pour télécharger au format PDF "

D'autres produits ont été utilisés dans divers pays dont la fumée de tabac qui a été très efficace contre les varroa; mais mal dosée la nicotine est dangereuse pour les abeilles. Bien sûr, des produits comme le Docofol, le Folbex-VA® ont donné de bons résultats mais sont en dehors de nos pratiques et de notre philosophie.

- par traitement à la propolis;
- en favorisant une température élevée au sein du couvain. En effet, dans ce cas, la reproduction des varroas y est fortement perturbée et j'ai constaté que dans mes ruches dites sauvages, les varroas n'étaient présents que sur le pourtour de la ruche.

L'ascosphaerose

En s'attaquant aux larves et aux nymphes des abeilles, l'ascosphaerose provoque au printemps un affaiblissement de la colonie dont les remèdes sont les anti-fongicides. Les traitements à base d'huiles essentielles de labiées se sont montrées efficaces contre cette affection notamment celles de sarriette et de thym incorporées au sirop de nourissement dans une proportion ne dépassant pas 0,1%.

Les huiles essentielles anti fongicides sont celles contenant du thymol, du carvacrol ou/et du géraniol.

Les colonies d'abeilles ayant des labiées a leur disposition ne devraient pas être sujettes à développer cette maladie du couvain, d'autant plus que le bon état sanitaire de la ruche sera respecté.

Quelques traitements naturels

- par homéopathie Cliquez ici pour télécharger au format PDF "
- par traitements aux huiles essentielles pour une bonne santé générale de la ruchée.

Les médicaments naturels présents dans la ruche

White fit de nombreuses expériences pour tenter de connaitre les espèces pathogènes présentes à l'état endémique dans la ruche. Ses résultats se résumèrent ainsi:
- les cires et le pollen contiennent très peu de bactéries;
- les miels et les larves d'abeilles sont stériles;
- dans la flore externe des abeilles adultes, trois espèces de bactéries sont présentes, mais la plupart du temps, il ne se développe presque aucune bactérie dans le milieu de culture où l'on plonge les insectes.
Par contre, la flore intestinale en contient de nombreuses présentes chez les vertébrés ainsi que des levures et champignons plus fréquents ici que dans les rayons, le pollen et le miel.

Dans les cires

Les cires neuves contienent des agents antibiotiques spécifiques qui agissent sur des bactéries très ciblées et qui pour les uns s'affaiblissent avec leur vieillissement tandis que d'autres au contraire se font plus efficaces contre d'autres bactéries. La question qui se pose: serait-ce dû aux agents antibiotiques de la propolis présents dans les cires anciennes, bien que ceux-ci ne soient pas solubles par les mêmes produits?
Cependant les résultats ne sont ni absolus, ni réguliers pour qu'une conclusion définitive puisse être établie.
Contre quels agents pathogènes de la ruche ces antibiotiques sont-ils efficaces? Notemment ceux qui disparaissent avec le vieillissement des cires?

Dans le miel

Dans les années 1930, Dold découvrira un facteur antibactérien dans le miel, l'inhibine.

Des comparaisons ont été faites pour connaitre l'origine des substances antibiotiques du miel sans qu'une réponse précise ne puisse être apportée.
Il semblerait cependant que ces substances soient le résultat d'une combinaison entre les nectars et des secrétions de l'abeille. En effet du miel provenant de sucre industriel (ne contenant à priori aucun antibiotique) en contient une faible quantité alors qu'un miel provenant de nectars en contient d'autant plus que celui-ci provient de nectars floraux diversifiés.
Si l'on chauffe le miel, ces substances sont partiellement détruites.

Dans la propolis

La propolis possède la même action bactéricide que les extraits des bourgeons avec lesquels elle est fabriquée. La meilleure action bactéricide est obtenue avec la résine provenant de Populus nigra; elle représente la principale source d'approvisionnement en propolis de l'abeille.

Je puis conclure que les substances extraites des bourgeons de peuplier sont certainement présentes à l'état brut ou légèrement modifiées dans la propolis recueillie par les abeilles [...]
[...] En résumé, je puis dire qu'il existe un rapport certain entre les résines des bourgeons d'arbres d'une part et la propolis d'autre part.
?

Pourquoi la propolis possède toujours la même odeur que les bourgeons de peuplier sont seuls à posséder? est la question que se pose P. Lavie, directeur de la station expérimentale d'apiculture de Montfavet.

Dans les pollens

En 1949, Smith, Beck et Anderson découvrent dans le pollen récolté par l'abeille une substance accélératrice de la sporulation chez Bacillus larvæ.

Pollen récolté sur fleur à la main

La quantité et la qualité des pollens régissent en grande partie le développement de la colonie. La qualité est très variable et très inégale selon les pollens récoltés mais dans un mélange de pollens variés récoltés par les abeilles, il est toujours possible d'extraire un antibiotique d'activité à peu près constante.
En comparant l'activité anti-microbienne des différents produits de la ruche, celle du pollen est de loin la plus intéressante sur les nombreuses souches bactériennes sur lesquelles furent faites des expérimentations.

A noter que les pollens de colza, des arbres fruitiers, de trèfle blanc, de lierre et des saules n'ont aucune action bactéricide.
Les pollens du trèfle incarnat, du maïs, du pisselit, du chataignier sont riches en substances antibiotiques tandis que ceux du ciste blanc, de bruyère arborescente en ont en faible quantité.

Pollen en pelotes

[...] l'action du pollen récolté à la main est 5 à 6 fois plus faible que l'action antibiotique du pollen en pelotes. Todd et Bretherick (1942), ont montré également que le pollen des trappes était toujours plus actif biologiquement sur l'abeille que le pollen récolté à la main. Je pense donc que si le pollen recèle des antibiotiques, ceux-ci doivent être complétés par l'action des substances que l'abeille y ajoute et il est possible également qu'ils y soient modifiés ou démasqués. ?photo.

Pollen emmagasiné

Le pollen stocké dans les rayons à l'intérieur de la ruche donne des extraits qui sont toujours plus actifs que le pollen en pelote venant d'être récolté. Cette activité s'accroit avec le temps; ce pollen subit une fermentation lactique et des phénomènes d'hydrolyse. On peut admettre que l'addition de plusieurs substances en quantité variable ou les fermentations renforcent la valeur antibactérienne des pollens. photo.

On peut se rendre compte que l'action des pollens dans la ruche est très importante et est un des facteurs de préservation contre la loque européenne- les agents antibiotiques des pollens sont deux fois moins actifs contre la loque américaine- et les maladies du couvain. Ces agents sont stables et restent actifs durant de très longues périodes.

Chez l'abeille

croquisLa tête de l'abeille est la partie la plus riche en substances antibiotiques et peut-être s'agiraient-ils des secrétions des glandes pharyngiennes. En effet les glandes mandibulaires ne possèdent jamais de facteur antibiotique.

Ecrits d'apiculteurs

Si de nombreuses épidémies ont ravagées les grands ruchers modernes, les apiculteurs utilisant les ruches Warré ne connaissent guère de déconvenues.
Marc Gatineau nous dit: Les maladies sont rares dans notre divisible [...] Pour éviter à vos abeilles de tomber malades, sélectionnez une abeille rustique, résistante, bien adaptée au biotope; utilisez une ruche conforme à la biologie de l'abeille; employez des méthodes non stressantes et laissez du miel comme nourriture d'hiver; n'épuisez pas les colonies par une production ou un élevage intensif. Toutes ces précautions vous préservent grandement des maladies. ?photo.
Cependant il nous invite à connaître les six principales maladies qui peuvent être endémiques et qui puissent affecter une ruche afin de les circonscrire au plus tôt, au cas où celles-ci se seraient déclarées.

Et J. Cl. Guillaume déclare: Les abeilles qui vivent dans des ruches Warré n'en sont pas atteintes. Personnellement j'ai eu quelques problèmes au départ parce que j'ai commencé avec des colonies déjà affaiblies provenant de mes ruches Dadant. Mais mes abeilles ont recouvré ensuite une bonne santé et je n'ai plus jamais eu de déboires. ?photo.

Conclusion

photo

De par la complexité des causes d'une maladie, il est devenu important de ne pas considérer l'abeille comme un être isolé au sein d'une colonie mais de la voir comme partie intégrante d'un vaste ensemble biologique allant bien au delà de l'essaim et englobant la ruche dans laquelle elle vit et tout son environnement. C'est dans ce biotope, chaque élément interférant et agissant sur les autres, que nous devons nous pencher afin de maintenir un équilibre propre à sauvegarder la santé des colonies.
Ce déséquilibre est favorisé par:
- un habitat non conforme et une nourriture aliénée (sucre, pollen issu de fleurs cultivées en monoculture avec apports d'insecticdes et de désherbants), en place et lieu de son alimentation naturelle: miel et pollens, tous issus de différentes variétés de fleurs;
- un apport de produits étrangers, traces d'insecticides ou d'herbicides, médicaments...dans les cires gaufrées;
- des manipulations destabilisatrices, en général pratiquées pour une production intensive.
Lorsque l'on voit combien la biologie de l'abeille est complexe, il est plus sage et prudent, et sûrement plus rationnel de lui fournir tous les éléments conformes à sa vie et à son écologie; c'est le meilleur gage de réussite et de bonne santé que l'on puisse obtenir et lui donner. L'apiculture moderne, par l'exploitation intensive, les échanges non controlés de reines entre pays pour des hybridations en vue d'une récolte toujours plus conséquente, a amené l'abeille à un stade où chaque nouvelle agression devient épidémie, celle-ci étant devenue fragile et inapte a affronter tant de disfonctionnements en une période si courte.

Vouloir faire de l'apiculture intensive sur des territoires où les cultures sont empoisonnées, où la flore mellifère se restreint de plus en plus et est incapable de fournir la quantité de nectar nécessaire à la production de miel qu'une colonie devrait emmagasiner devient un non-sens économique et écologique dont la première victime est l'abeille.

Madame Chantal Jouanno déclarait sur FR5- émission de la santé du 4-12-2009- que la disparition des abeilles était liée au réchauffement climatique...de quoi rassurer tous les agriculteurs pollueurs utilisateurs de Gaucho et autres produits dits "inoffensifs"...

Sources

- E. ANGELLOZ-NICOUD- Les Maladies des Abeilles et la Micrographie Apiairephoto
- H. HAMET- L'apiculteurphoto
- Jean-Marie BARANÇON- Point vétérinaire
- Michel CARDINAUX- Les hommes et l'abeillephoto
- Alain CHARLIER- L'élevage biologique des abeilles.photo
- Rémi CHAUVIN- Traité de biologie de l'abeillephoto
- Marie-Pierre CHAUZAT et Jean-Paul FAUCON- Phytoma-La défense des végétaux
- JM.E. COLIN, J. DUCOS de LAHITTE, E. LARRIBAU- Apidologie
- Bernadette DARCHEN et Samar ALHADDAD- L'année biologique- vol. 36
- C. KLINGER- Recherche- 1970
- Robert LUTZ & L. H- - Comment guérir vitaliser et faire produire votre rucher.photo
- A. PAILLOT-S. KIRKOR-A.M. GRANGER- L'abeille.photo
- Georges PETAVY- STAL- Sci Tech Anim Lab du CNRS.
- Constantin TOUMANOFF- Les maladies des abeillesphoto
Pied de page
Retour à l'accueil

Ce site est optimisé pour un écran de 1280x768 et répond aux standards édictés par le W3C.
Il est conseillé d'utiliser un navigateur qui répond favorablement à ces standards.
Contact      © Cl. Bralet/la ruche sauvage